La version 4 portes de la Citroën C4 se décline aussi en version 100 % électrique, mais conserve une capacité de batterie limitée et des prétentions tarifaires trop élevées.

Grande C4 ou mini C5.

Dans sa nouvelle version X, la Citroën C4 se transforme en berline 4 portes allongée de 24 cm pour passer de 4,36 à 4,60 m. La garde au sol à 15,6 cm reste identique à celle de la compacte tout comme l’empattement de 2,67 cm.  La longueur supplémentaire a donc été gagnée exclusivement au niveau du porte-à-faux arrière et seule la partie située derrière les portes arrière a été redessinée avec une descente de toit plus prononcée et des feux effilés comme sur la grande C5 qui lui confèrent une ligne de grand coupé plus dynamique que celle de la version compacte. Disponible en version thermique avec un bloc essence (100 ou 130 ch) un diesel (130 ch), cette berline familiale se décline aussi en version 100% électrique ë-C4X avec un moteur synchrone de 136 ch et 260 Nm associé à une batterie au lithium-ion (type Nickel Manganèse Cobalt) de 50 kWh de capacité brute soit 46 kWh de capacité utile. 

Du coffre, mais pas de hayon. 

Cette évolution esthétique plutôt réussie s’accompagne d’un grand volume de coffre de 510 litres (soit 130 litres de plus que la compacte) avec un double-fond pour loger ses câbles de recharge à la place de la roue de secours. La malle se montre très large pour faciliter le chargement d’objets en travers (comme une poussette ou un sac de golf) mais reste toujours moins pratique qu’un hayon pour loger de gros objets cubiques. La banquette peut se rabattre en deux parties et intègre une trappe à ski, mais le plancher fixe ne permet pas de former une surface plane. L’ouverture manuelle de la malle manque de praticité et le bruit émis à la fermeture n’est pas très qualitatif. Un système électrique serait le bienvenu.  

On regrettera aussi l’absence d’essuie-glace arrière. 

Bonne banquette

À l’arrière, l’habitabilité est similaire à celui de la compacte avec un espace aux jambes suffisant pour des adultes de taille moyenne et une bonne largeur aux coudes. La présence d’un tunnel de servitude au centre du plancher limite cependant l’exploitation de la place du milieu. Le toit incliné ne réduit pas la garde au toit par rapport à la version compacte. Elle demeure néanmoins trop limitée pour les gabarits de plus de 1,80 m. La banquette moelleuse, à l’assise assez haute et aux dossiers bien inclinés, assure tout de même un excellent confort aux passagers.  

« Advanced » Inconfort

Aux places avant, la sellerie en simili cuir chauffante avec fonction massage et réglages électriques réclame un surplus de 1000 € (sur Shine, 600 € sur Shine Pack) mais conserve un réglage manuel de la longueur d’assise. Le siège passager est quant à lui privé de réglages électriques. Mesquin ! Bien que baptisés pompeusement Advanced Comfort, ces sièges basiques nous ont franchement déçus par leur manque de maintien latéral et de soutien lombaire. 

Ambiance plaisante, finition légère

La planche de bord, haute et massive, se pare de divers matériaux parfois légèrement rembourrés. La finition générale reste assez sommaire avec un ciel de pavillon très fin et des joints de portes maigrichons. En revanche, les rangements se font nombreux et le passager profite d’une profonde boîte à gants, d’un tiroir et même d’un support pour tablette numérique. 

Multimédia et ergonomie à la page

Faute de bénéficier de la référence Google Automotive, la Citroën ë-C4 X reçoit la dernière évolution du système multimédia maison. Si l’écran est assez petit, sa réactivité ne porte pas à critique et il est possible de paramétrer divers raccourcis pour optimiser l’ergonomie. Les réglages de climatisation via des molettes sont toujours bienvenus pour éviter de trifouiller l’écran en roulant. Nous avons également apprécié le système de navigation 3D qui présente des graphismes honorables et indique les radars fixes. Il est en outre possible d’utiliser Apple Car Play ou Android auto sans fil grâce à des connexions Bluetooth et Wifi efficaces. Le chargeur à induction tombe sous la main et fonctionne bien, mais majore l’ardoise de 150 €. 

Moelleuse mais sonore 

Au volant, la Citroën ë-C4X fait preuve d’une grande douceur grâce à sa direction légère et ses suspensions souples qui gomment bien les défauts de la chaussée. La garde au sol relativement haute de 15,6 cm permet d’affronter sereinement trottoirs et dos d’ânes. Le moteur synchrone de 136 ch se fait oublier et ne vous colle pas vraiment au siège même en enfonçant le champignon en mode Sport (0-100 km/h en 10 s). Cela étant, les performances suffisent pour évoluer sans risque sous la surveillance des caméras (vitesse de pointe 150 km/h) et les reprises s’avèrent assez vives pour dépasser tranquillement les camions. Stable et assez mordante au freinage, la Citroën ë-C4X procure un grand sentiment de sécurité faute de faire preuve d’une grande agilité. Dans les virages serrés, le train avant paresseux s’ajoute à des mouvements de caisse prononcés. Un sentiment accentué par le manque total de maintien des sièges. Nous n’avons pas non plus été subjugués par l’insonorisation. Les bruits de roulement et de suspensions nous sont apparus très présents tout comme les sifflements aérodynamiques à partir de 110 km/h. 

Sobriété sans endurance. 

Sur un parcours de 143 km autour de Madrid (lieu de fabrication de la voiture) mêlant ville, route et autoroute (120 km/h maxi en Espagne), nous avons enregistré 17,5 kWh/100 km de consommation moyenne, ce qui est très honorable. Il faut dire que cette berline électrique n’est pas trop lourde (1 584 kg) et bénéficie des dernières évolutions apportées par le constructeur sur la gestion des batteries et du moteur électrique. Sur autoroute, il faut plutôt tabler sur 21,5 voire 22 kWh/100 km à 130 km/h ce qui impose des arrêts tous les 200 km sur long trajet. La capacité limitée de la batterie apparaît mieux adaptée à une utilisation urbaine où il sera possible d’atteindre 280 km de rayon d’action. Pour la recharge en courant alternatif (bornes de villes et domestiques) la Citroën ë-C4X intègre un chargeur embarqué de 7,4 kW, mais il est possible de grimper à 11 kW moyennant 400 €. Sur des chargeurs rapides en courant continu, la puissance maxi peut atteindre 100 kW, ce qui autorise une charge à 80% en 30 min. 

Un tarif « Advanced» 

Le tarif de la Citroën ë-C4X démarre à 41 900 € en entrée de gamme Feel (sans régulateur actif) pour atteindre 45 400 € en finition haut de gamme Shine Pack comme celle que nous avons essayée. En ajoutant le toit ouvrant à 900 €, les sièges semi-électrique à 600 € et le chargeur à induction à 150 €, l’ardoise atteint 47 050 € soit le prix d’une Renault Mégane EV60. Reste qu’une compacte 5 portes MG4 Standard parfaitement équipée avec une batterie de 51 kWh s’affiche à partir 29 990 € (hors bonus de 5 000 €) tandis que le Tesla Model Y réclame 49 990 €, mais en offrant beaucoup plus de place, un équipement plus moderne et 100 km d’autonomie supplémentaire.

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