Essai – Smart #1 : l’anti-Renault Megane de chez Mercedes


Essai SMART #1 : la baby Mercedes mieux que la Mégane électrique ?

Conçue en partenariat avec le constructeur chinois Geely, la Smart #1 menace sérieusement la Renault Megane 100% électrique grâce à son équipement high-tech et ses performances supérieures.

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Reposant sur une plateforme SEA du constructeur chinois Geely, la Smart#1 a été réalisée en étroite collaboration avec Mercedes qui s’est chargé de son design intérieur et extérieur. 

Sa plateforme, partagée également avec Volvo (sur la future petite XC) et Lotus, peut recevoir un ou deux moteurs synchrones à aimant permanents (propulsion ou 4X4) associés un pack de batterie type Lithium Manganèse Cobalt (NMC) d’une capacité de 66 kWh brut soit 62 kWh net. Plus longue que la Renault Megane électrique (4,27 contre 4,21 m) mais aussi plus large (1,82 m contre 1,78 m) et plus haute (1,64 m contre 1,50 m), la Smart #1 se rapproche davantage d’un petit SUV avec une garde au sol surélevée (18,2 contre 15,4 cm). 

Une Crocs de course

Si le style rondouillard de la carrosserie, très original, peut prêter à débats, la qualité de fabrication est à la hauteur des standards germaniques avec des assemblages de panneaux de carrosserie rigoureux et des joints épais. Le son de la fermeture des portes sans encadrement inspire confiance également. À bord, le mobilier est, lui aussi, très soigné avec un pavillon moussé, une planche de bord moussée à cœur ou encore un repose genoux le long de la console centrale. La position de conduite est impeccable, l’ambiance à bord très lumineuse et l’éclairage à LED (à couleurs interchangeables) dès plus chaleureux.

La caverne d’Ali baba

La version Premium essayée ici incarne le milieu de gamme, mais délivre tout même une puissance conséquente de 272 ch pour 343 Nm de couple. Cette Smart se montre aussi très généreuse en équipements puisqu’elle intègre de série une sellerie en cuir à réglages électrique, un toit vitrée panoramique, des phares à Led Matrix adaptatifs, un hayon électrique, des jantes de 19 pouces, un affichage tête haute, une chaine Hi-Fi de qualité (Beat Audio à 13 HP) ainsi que toutes les aides à la conduite actives. Nous avons été particulièrement séduits par l’ensemble multimédia composé d’un grand écran tactile de 12,8 pouces avec des graphismes soignés et une bonne réactivité. On trouve même un jeu vidéo de course de voiture en 3D, certes un peu moins évolué que celui d’une Tesla (qui exploite un processeur AMD Ryzen alors que la Smart reçoit un Qualcomm Snapdragon SA8155P) mais largement mieux que le pauvre Tetris proposé dans une Mercedes EQS. Notre version d’essai de présérie n’intégrait pas Apple Car Play, mais cela sera corrigé sur les modèles qui arriveront en Europe à l’été 2023.  Des améliorations seront aussi apportées aux aides à la conduite, notamment l’alerte de vigilance du conducteur trop intrusif, pour mieux répondre aux exigences des conducteurs du vieux continent. 

Habitable et modulable 

Exemplaire en matière d’équipements, la Smart#1 s’illustre tout autant par sa modularité grâce à une banquette coulissante sur 13 cm qui se rabat en deux parties et permet de former un plancher parfaitement plat. La présence d’un hayon électrique et d’une trappe à ski en série est aussi à souligner. De quoi compenser en partie le modeste volume de coffre qui se contente de 313 litres en configuration de base, 411 litres avec les sièges avancés et 986 litres dossiers repliés. S’ajoute un double-fond assez spacieux et surtout un petit rangement de 15 litres sous le capot avant bien pratique pour loger un câble de recharge sans avoir à soulever les bagages. À l’arrière, le confort est de bon aloi avec un espace aux jambes généreux et des rangements nombreux. La largeur aux coudes généreuse et l’absence de tunnel central autorise le transport de trois passagers, mais le dossier central intégrant l’accoudoir manque de moelleux. 

Régénération douce, pédale dure

Grâce à son système de démarrage main libre, la Smart #1 ne nécessite qu’une simple pression sur le commodo de droite pour démarrer en marche avant ou arrière. Si la largeur conséquente du véhicule peut s’avérer gênante dans les petites ruelles, le diamètre de braquage reste correct (11 m contre 11,2 m pour une Megane) et l’excellente visibilité se double de nombreuses caméras proposant une vue à 360° sur l’écran tactile. L’aide au parking automatique figure lui aussi dans la dotation de série. Doté de trois modes de conduite (Eco, Normal, Sport) la Smart #1 comprends deux niveaux de freinage régénératif ainsi qu’un mode e-pédale allant jusqu’à l’arrêt complet du véhicule. Une certaine latence se fait toutefois ressentir au lever de pied et le ralentissement reste assez doux pour ne pas dire faible comparé aux autres véhicules électriques. La différence entre les modes est d’ailleurs peu perceptible. Cela étant, la pédale de frein dont l’amplificateur est géré électroniquement (système iBooster Bosch) se montre très agréable à doser et masque bien la transition entre le frein moteur et la mise sous pression hydraulique des plaquettes. La direction un poil lourde en manœuvre fait preuve de consistance et propose un bon ressenti sur route sinueuse ou voie rapide. 

Discrète, mais un peu enrobée 

Outre ses commandes précises, la Smart #1 se distingue par son excellente insonorisation. Malgré les grandes roues de 19 pouces (235/45 R19), les bruits de roulement restent bien contenus et les sifflements aérodynamiques ne se font entendre qu’à partir de 140 km/h. 

Le confort de suspensions se montre aussi très correct même s’il mériterait d’être davantage peaufiné. La filtration des chocs s’avère en effet plutôt ferme alors que le maintien de caisse manque de retenu. Dès que rythme s’accélère, la voiture prend du roulis et le train arrière devient très joueur à la remise des watts. L’antidérapage ESP (qui ne se déconnecte que partiellement) intervient vite et bien, mais le manque de retenue du châssis et le poids conséquent de 1800 kg (soit 164 kg de plus qu’une Megane EV60 220 ch) ne sont pas des plus favorables pour le dynamisme. La Smart#1 est donc plus à l’aise que la Mégane EV60 (6,7 s contre 7,4 s sur le 0-100 km/h) en sortie de péage et sur « autobahn » (180 km/h de vitesse maxi contre 160 km/h) mais apparaît moins à l’aise sur une départementale sinueuse. En matière de sécurité passive, la Smart #1 n’a en revanche rien à envier à sa rivale puisqu’elle se classe parmi les meilleurs élèves aux crash test EuroNCap avec un score de 5 étoiles. 

Un peu gourmande, mais rapide en charge

Qui dit poids et hauteur conséquente dit aussi consommation élevée. Selon les normes WLTP, la Smart #1 est en mesure de parcourir 440 km en cycle mixte. Au départ de notre essai, l’ordinateur de bord indiquait 434 km batterie pleine. Après un parcours en Île-de-France de 160 km par 6° avec un conducteur de 73 kg, nous avons enregistré une moyenne de 18,6 kWh/100 km et la batterie indiquait 47% pour 206 km restant soit un rayon d’action de 366 km. Nous avons rarement dépassé les 110 km/h et nous avons roulé essentiellement sur voie rapide avec le pied léger sauf lors d’une très courte portion de départementale sinueuse à rythme rapide. Sur un autre parcours de 50 km à rythme plus doux en mode Eco, nous avons enregistré 17,5 kWh/100 km. Des valeurs un peu plus élevées que celles d’une Renault Megane EV60 (voir notre Super Test) mais raisonnables au regard des performances. 

Côté recharge, la Smart #1 s’en sort très bien grâce à un chargeur embarqué de 22 kW en courant alternatif (AC) qui autorise un plein de 10 à 80% en 3 h. Sur une borne rapide en courant continue (DC), il faut compter 30 min grâce à une vitesse de charge maxi de 150 kW. Nous avons pu constater durant notre essai que notre Smart chargeait un peu plus vite qu’une Megane située à côté de nous sur la même borne. 

Un tarif bien taillé. 

Accessible à partir de 39 990 €, la Smart#1 de base se positionne 2000 € moins chère qu’une Renault Megane EV 60 Super Charge tout en proposant un bien meilleur niveau d’équipements (clef main libre, chargeur à induction, toit panoramique, jantes de 19 pouces, hayon électrique, caméra 360, toutes les aides à la conduite…). La version Premium, essayée ici, ajoute le cuir, la pompe à chaleur, le cuir, l’affichage tête haute, le chargeur 22 kW, le parking automatique ou encore le système Audio Beat. Elle vient dès lors concurrencer la Megane EV60 Iconic Optimum Charge facturée 48 500 €. Un tarif supérieur à celui de la Smart #1 en version haut de gamme Brabus (47 790 €) qui offre 428 ch et quatre roues motrices pour abattre le 0-100 km/h en 3,9 s. Autant dire que cette Smart figure comme le modèle le plus compétitif du segment des compactes électriques. Seule la MG4 propose un meilleur rapport prix/équipement parmi les compactes, mais avec un niveau de puissance, une autonomie et une finition moins léchée. Notons que cette Smart #1 s’accompagne d’une garantie de 3 ans (8 ans pour la batterie). Souhaitons juste que ses tarifs affûtés ne subiront pas une forte inflation d’ici à la commercialisation au printemps 2023. 

À lire aussi Essai vidéo – Quelle est la vraie autonomie d’une Renault Mégane électrique ?

En savoir plus sur le véhicule Smart #1


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