Voici la première hybride de l’histoire de Jaguar. Comme le veut la tendance, il s’agit d’un SUV, le F-Pace qui rivalise avec les Volvo XC60 et BMW X3. Ce n’est certes pas le plus sobre du marché, mais il permet de profiter de ce modèle à l’élégance discrète avec une fiscalité raisonnable.

Lancée en 2016, la Jaguar F-Pace a bien traversé les années. Du moins, esthétiquement. Parce que commercialement, cet élégant SUV britannique marque le pas face à ses rivaux allemands. La faute en revient à une image de marque peut-être trop exclusive et, surtout, une fiscalité pénalisante.



À sa sortie, le F-Pace disposait des moteurs dernier cri de la famille Ingenium, développée en interne après des années de gouvernance Ford. Mais ceux-ci ne pouvaient pas grand-chose face à la masse élevée de l’engin, malgré l’usage intensif d’aluminium dans la fabrication. Il était temps que l’hybride rechargeable rejoigne la gamme : proposée à l’occasion de ce restylage, cette nouvelle variante permet enfin de se passer de malus, ce qui est la principale motivation d’achat pour ce genre de modèles !

Ce qui change

Les lignes du Jaguar F-Pace ont bien vieilli, donc. Aussi le constructeur de Coventry a-t-il pu se contenter de modifications mineures à l’occasion de ce restylage. Les nouveautés se concentrent sur les optiques, avant et arrière à la signature lumineuse revisitée, ainsi que les boucliers.

La calandre a également été redessinée. L’ensemble est un peu plus lisse, plus moderne. Surtout, le nuancier limité au lancement a gagné le renfort d’une palette de couleurs impressionnante. Question élégance, le F-Pace se distingue assez nettement dans la catégorie donc.

Un intérieur tout neuf

À sa sortie, d’aucuns avaient critiqué le F-Pace pour sa planche de bord reprise de la berline XE, dont le charme n’était pas en lien avec la tradition Jaguar. Si le restylage n’est pas flagrant à l’extérieur, à l’intérieur, tout change ! Le mobilier de bord a été entièrement revisité et la finition fait un bond en avant. Certes, les lignes sont assez classiques et ne font pas la part belle aux inserts en bois comme on pourrait l’imaginer d’une Jaguar. Le fauve de Coventry a préféré la modernité, avec un écran bombé chipé au cousin Range Rover Velar. Les matériaux sont de toute beauté et les assemblages plutôt soignés. En bref, le SUV britannique n’a désormais plus rien à envier aux rivaux suédois et allemands, et y ajoute même une pointe de charme. Le nouveau système d’infodivertissement Pivi Pro se révèle plutôt convaincant, sans toutefois atteindre l’excellence (en particulier au niveau de la commande vocale) de BMW, référence en ce qui concerne les technologies embarquées.

Avec une longueur de 4,74 m, soit une des plus généreuses de la catégorie, le Jaguar F-Pace offre logiquement un espace à bord confortable. Les passagers arrière ont de quoi étendre leurs jambes. Reste que le dessin des sièges et de la banquette, un peu trop creusé au milieu du dos, ne conviendra pas à toutes les morphologies.

L’implantation de la batterie, sous le plancher du coffre, empiète également sur son volume. Jaguar ne communique que la valeur jusqu’au plafond, et non sous tablette, ce qui est un peu trompeur : 619 litres sont annoncés contre 793 litres sur les versions thermiques. Une différence non négligeable.

La technique

Il n’y a guère de surprise à attendre à ce niveau ! Il existait déjà des hybrides rechargeables au sein du groupe Jaguar-Land Rover (sous la marque Land Rover, donc) et ce F-Pace reprend donc une solution existante. La plateforme étant prévue pour une implantation mécanique longitudinale, c’est l’ensemble connu sur les Range Rover et Range Rover Sport qui a été repris, avec de menues modifications.

Ce système électrifié, associé au quatre cylindres essence de 2,0 litres et 300 ch, a été conçu par l’équipementier ZF et apparaît similaire à celui utilisé par BMW sur ses X3 et X5, entre autres. C’est-à-dire que le moteur électrique est inclus dans la boîte de vitesses automatique à huit rapports, où il remplace le convertisseur de couple.



Au total, l’ensemble développe 404 ch (le moteur électrique de 143 ch n’atteint pas son pic de puissance au même régime que le moteur essence).

La batterie est un peu plus importante que sur le Range Rover, avec ici une capacité de 17,1 kWh. Celle-ci peut être chargée en courant alternatif, avec une puissance maximale de 7 kW, ou bien, ce qui est nettement plus rare sur une hybride rechargeable, avec un port CCS Combo en courant continu, jusqu’à une puissance de 32 kW. En réalité, nous avons mesuré un maximum de 29 kW, et nous avons atteint le seuil de 90 % en 30 minutes, un peu mieux que ce que le constructeur revendique (80 % en 30 minutes).

Au volant du Jaguar F-Pace P400e

Pas de miracle au volant. Avec une masse élevée (2 189 kg), le F-Pace ne peut se targuer de faibles consommations. En mode électrique, nous avons pu parcourir 38 km, dans la moyenne de la catégorie.

Batterie vide, par contre, le quatre cylindres Ingenium est tout aussi glouton ici que dans les autres modèles de la marque : nous avons relevé une moyenne de 11,7 l/100 km sur autoroute et 9,6 l/100 km sur route. La plupart des concurrents font un peu mieux, mais la différence n’est pas extraordinaire.

Côté performances, le F-Pace est un peu pénalisé par sa masse, mais parvient à conserver le boost électrique présent, même après plusieurs kilomètres en conduite rapide. Certes, celui-ci s’amenuise (seul Mercedes-Benz parvient à conserver des performances constantes, quelle que soit la situation), mais il a le mérite d’être toujours là, ce qui est loin d’être une généralité. Ce dynamisme se traduit également dans l’équilibre du châssis et la stabilité à haute vitesse. Étonnamment agile dans les virages, ce Jaguar F-Pace hybride fait honneur à la réputation sportive de la marque !

Mais qui ira vraiment bousculer ce véhicule dans ses derniers retranchements ? Et c’est là que le bât blesse : au quotidien, ce SUV souffre d’une direction pesante et trop démultipliée, alors que le confort pâtit d’un amortissement mal calibré, qui freine mal les mouvements de caisse, tout en remontant trop les irrégularités de la chaussée. Heureusement, le calibrage de la transmission s’avère idéal en mode Eco (un peu trop agressif en ville dans les autres configurations).

Pour conclure

Assurément, ce F-Pace est un véhicule flatteur et plaisant. Mais sa mise au point perfectible en conduite coulée peut le rendre lassant au quotidien.

Tomber sous son charme impose un portefeuille bien garni, avec un tarif d’accès de 72 290 €. Et à ce prix, impossible de passer à côté du catalogue des options, tant le constructeur peut être mesquin, à par exemple facturer les sièges chauffants ou les manettes de rabattage de la banquette arrière… Il n’est pas parfait, mais quelle allure !

On a aimé
  • Présentation soignée
  • Fiscalité intéressante
  • Performances honnêtes


On a moins aimé
  • Amortissement perfectible
  • Consommation en mode hybride
  • Direction lourde en ville