Le présent article fait suite à celui intitulé « CMJ Solutions espère réparer la batterie de votre voiture électrique »  mis en ligne sur le présent blog le 15 septembre dernier. Nous donnons en prolongement la parole à Frédéric Keller dont la Citroën C-Zero venait de recevoir une nouvelle cellule en remplacement de celle qui avait été diagnostiquée HS.

La voiture de Mme Keller

Retraité, Frédéric Keller est un passionné de motos anciennes. Installé en Alsace, dans le Haut-Rhin, il est aussi soucieux de l’environnement, n’ayant pas hésité à faire isoler de l’extérieur son immeuble, à installer des panneaux photovoltaïques (9 kW/crête) et à pratiquer le tri sélectif.

En 2012, madame Keller circulait avec une Fiat Punto de 1996, à raison de 3.000 à 5.000 kilomètres par an. L’état de cette voiture nécessitait son remplacement. A l’époque, le couple imaginait acquérir une occasion thermique dans un budget de 5.000 euros. « C’est à ce moment-là qu’au journal télévisé de 13 heures, sur TF1, Jean-Pierre Pernaut a annoncé que Peugeot et Citroën soldaient des citadines électriques car ils en avaient trop en stock », commente notre interlocuteur.

Blanche ou grise ?

« Ma femme m’a dit qu’une Peugeot iOn ou Citroën C-Zero pourrait nous servir à tous les 2, m’évitant de prendre ma voiture diesel pour les petits déplacements. Peugeot n’en avait cependant plus de disponible. Quand j’ai appelé chez Citroën, il n’en restait plus qu’une vingtaine pour toute la France. Je souhaitais qu’elle ne soit pas blanche, mais plutôt grise. Ca semblait possible, puis plus. On m’a annoncé une blanche, et le hasard a fait que nous avons reçu une C-Zero grise », détaille Frédéric Keller. Et pour le prix ? « Environ 13.000 euros, – contre 29.000 euros normalement -, qui tiennent compte d’une aide de 5.000 euros accordée par la région Alsace », répond-il. Dans un document qu’il a écrit pour diffusion à la presse, il résume comment il perçoit cette voiture électrique : « Quel plaisir de la conduire ! Elle est silencieuse, nous ne polluons plus ; bien qu’ayant une autonomie limitée, elle convient parfaitement à nos besoins ».

Pas de problème jusqu’à 43.650 km

« Tant que ça roulait, je ne me suis pas plus intéressé que ça au fonctionnement de la C-Zero. Je l’amenais chez Citroën à chacune des révisions programmées par le constructeur. Mais on voyait bien que le personnel n’y connaissait rien dans cette voiture, et s’en fichait. Déjà au moment de l’achat la commerciale voulait nous diriger vers un modèle thermique », déplore Frédéric Keller. « En mars 2018, vers 43.650 kilomètres, une recharge s’est arrêtée à une barrette au-dessus de la moitié, puis c’est tombé à moins de la moitié, et, finalement, il n’était plus possible de recharger la voiture. Le voyant orange de problème batterie s’est allumé, et j’ai contacté le concessionnaire », poursuit-il.

Vague diagnostic

Les Keller ont vécu un véritable parcours du combattant. Jugez plutôt !

  • Fin mars 2018 : Prise de contact avec la concession Citroën qui indique ne pas pouvoir s’occuper de suite de la voiture.
  • 10/04/2018 : Dépôt, en vue de la réparer, de la C-Zero à la concession, plus tôt que prévu car Frédéric Keller craint de ne plus pouvoir l’emmener par la route à terme du fait des problèmes de recharge.
  • 28/04/2018 : Appel du chef d’atelier local à Paris pour une assistance au diagnostic ; process de 3 jours effectué ; attente d’une réponse de la maison mère.
  • 29/05/2018 : Mise à disposition d’une voiture de courtoisie pendant 2 mois.
  • 01/06/2018 : Le diagnostic officiel tombe : il faut remplacer la batterie de traction ; prise en charge partielle par Citroën, mais 12.892,88 euros resteraient à la charge des Keller.
  • 05/06/2018 : Réception du devis officiel.

Documents et garantie

Dans son document à la presse, Frédéric Keller a indiqué : « En 2012, lors de l’achat du véhicule, le chef des ventes de la concession nous a donné un document stipulant que la durée de vie de la batterie est égale à la durée de vie de la voiture. Pour assurer la durée de vie, des calculateurs surveillent en permanence la température et la tension de chaque cellule, ce qui assure une durée de vie égale à au moins 10 ans, sans perte notable de performance. Malheureusement, ils nous ont fait signer un certificat de garantie de 5 ans ou 50.000 km ». Les 50.000 km, la C-Zero des Keller ne les a pas encore. Les 5 ans, en revanche, sont dépassés, mais d’à peine 5 mois. D’où des démarches engagées par notre interlocuteur pour bénéficier d’une meilleure proposition.

  • 06/06/2018 : Envoi d’un courrier en recommandé avec accusé de réception au service des relations clientèles de Citroën, à Paris, (copie adressée à la concession et à la direction du groupe auquel est affiliée cette dernière).
  • 25/07/2018 : Jusqu’à cette date, pas de réponse du service parisien en dépit de nombreuses relances téléphoniques.
  • 26/07/2018 : Le service des relations clientèles de Citroën appelle enfin, mais pour confirmer la proposition initiale, rien de plus.

Plus de 3 mois pour un diagnostic précis

Frédéric Keller ne s’arrête pas là. Il tient à obtenir un diagnostic précis. Celui-ci lui est enfin communiqué le 26 juillet par la concession : « Le module B de la batterie de traction 12 est en défaut ». Rappelons-nous ce que nous assurait à ce sujet Jérôme Chevalier de CMJ Solutions : « Nous savons faire un diagnostic sur une batterie PSA en 20 minutes pour une panne franche : on branche, on lit, et on sait tout de suite ce qu’il y a ».

Notre interlocuteur récupère sa voiture avec l’aide d’un dépanneur dont il devra régler la prestation. Nous sommes alors le 7 août 2018. Le concessionnaire a reconnu ses « lacunes sur les voitures électriques étant donné leur faible diffusion » et son incapacité à « remplacer une des 88 cellules de la batterie de traction ». Le retraité alsacien s’étranglerait presque de la situation, signalant que « cette pièce vaut 200 euros ».

Bonne pour la casse

Chez Citroën, la proposition évolue sous la forme d’une remise exceptionnelle à valoir sur l’achat d’une voiture neuve, – électrique (achat d’une C-Zero neuve à 8.800 euros, aide gouvernementale déduite) ou pas (remise de 7.000 euros) -, ou d’occasion (remise de 2.500 euros), à la concession qu’il fréquente.

Il y a cependant une condition : restituer la voiture en panne. Pourquoi ? Pour la recycler, puisque Citroën ne sait pas la réparer pour une facture acceptable. « Vraiment pas écologique ! », a écrit Frédéric Keller dans un moment de colère. « Qu’elle parte à la casse : c’était exclus, impossible, impensable ! J’ai toujours pensé qu’elle était réparable ! », soutient notre interlocuteur. « J’ai dit à Citroën : ‘Puisqu’elle ne vaut plus rien, ma voiture, comme vous me le dites, alors laissez-la moi !’. Ce qui a été finalement accepté ».

La force d’Internet

Notre interlocuteur va prendre du temps à rechercher sur Internet une personne ou une entreprise capable de dépanner sa voiture. Il interroge Accus Service à Pessac (33), puis la société Emil Frey en Suisse (Le Lignon). A ces 2 adresses on lui assure que ce serait possible, mais dans l’attente de disposer de cellules de remplacement. Puis il tombe sur le site Web de CMJ Solutions, en Bretagne, où il reçoit d’emblée un excellent accueil.

« J’ai senti de suite que ça se passerait bien avec Sabine Prévost que j’ai d’abord eu au téléphone, puis avec Jérôme Chevalier qu’elle m’a ensuite passé », témoigne Frédéric Keller. « Jérôme m’a rassuré : ‘Je suis sûr de pouvoir réparer votre voiture, pas obligatoirement tout de suite, car il y a différents types de cellules’. Et finalement il m’a très vite demandé de lui amener la C-Zero », rapporte-t-il.

300 + 588 euros

« Nous avons loué une remorque sur LeBonCoin pour 300 euros la semaine, réservé un B&B pour dormir près de Lamballe sur une même période. Il a fait beau, nous sommes allés à la mer et avons fait du tourisme le temps que Jérôme intervienne sur notre voiture. Il nous a même prêté une nouvelle Nissan Leaf puis un e-NV200 pour nous promener. Le samedi, la C-Zero était à nouveau sur le plateau, pour 13 heures de route jusqu’en Alsace. La réparation a coûté 588 euros », résume Frédéric Keller. Notre interlocuteur a désormais investi dans un système OBD avec application CaniOn. « Avec ça, j’ai toutes les infos que je veux : consommation instantanée, régime moteur, mais aussi la puissance électrique de chacune des 88 cellules. On voit tout de suite que c’est la 86 qui pose problème », souligne-t-il.

Et maintenant ?

« Pour l’instant je n’ai roulé que 300 kilomètres depuis le changement de cellule. La voiture chargeait à 75% tout de suite après l’intervention, – avec 2 barrettes en moins sur le cadran au tableau de bord -, puis à 80%, et à 85% la dernière fois avec plus qu’une barrette en moins. On espère que la greffe va prendre, mais la cellule de remplacement est une bleue, alors que sur ma voiture ce sont des cellules jaunes. Ce serait bien d’en avoir des neuves, mais il n’y a pas de marque dessus. La référence laisse supposer que c’est du Sanyo, mais Sanyo ne les reconnaît pas. Jérôme suit à distance l’évolution. Je sais qu’il ne me laissera pas tomber. Il doit rentrer dans quelques jours une C-Zero accidentée. Il va ouvrir la batterie pour connaître le type des cellules. Je suis vraiment super content de sa prestation », conclut Frédéric Keller.

Automobile Propre et moi même remercions beaucoup Frédéric Keller pour sa disponibilité et sa volonté de communiquer sur sa mésaventure.

Citroën C-Zero : de la panne batterie à la greffe de cellule
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