L’eau, le vent, le soleil, la chaleur du sol : pour produire de l’électricité propre, l’humanité exploite ces éléments depuis des décennies. Mais qui pensait qu’un jour, elle parviendrait à maîtriser l’énergie de la foudre ? Une start-up vénézuélienne a réalisé la prouesse. Elle a dévoilé un prototype de superchargeur stockant les courants célestes pour recharger les voitures électriques.

POISSON D’AVRIL 2020
Cet article est notre traditionnel poisson d’avril.
Bonne lecture ;)

Il y a peu, la foudre ne rimait qu’avec désastre pour Carmen Pescado. Cette ingénieure au sein d’une société vénézuélienne de matériel électrique avait pour difficile mission de la protéger des assauts du ciel. Installation de paratonnerres, pose d’une cage de Faraday : rien ne fonctionne. L’entreprise déplore la perte de centaines d’équipements coûteux à chaque orage violent. En 2019, près de 150 batteries et 300 transformateurs partent en fumée après qu’un éclair ait touché un de ses entrepôts. Face à cet échec, Carmen Pescado décide de changer de stratégie.



L’ingénieure propose à son employeur d’étudier un système de stockage du courant issu de la foudre. L’endroit est idéal : la société est basée sur les rives du lac Maracaibo, la zone la plus touchée sur terre avec 297 jours d’orage par an. Craignant la faillite, le directeur accepte et investit ce qu’il reste de trésorerie dans le projet. En seulement six mois d’études et d’expérimentations, Carmen Pescado parvient à créer un premier prototype aux caractéristiques ahurissantes.

100 millions de volts

Le système est composé d’un paratonnerre de 100 m de haut relié à plusieurs supercondensateurs capables d’absorber jusqu’à 100.000 kilovolts (kV) et 80 kiloampères (kA) au total. Le courant est ensuite transformé et stocké dans des batteries lithium-ion conventionnelles avant d’être distribué aux bornes de recharge. Ainsi, en quelques millisecondes, un éclair délivre assez d’énergie pour recharger à haute puissance et simultanément jusqu’à 2000 voitures électriques, selon l’ingénieure. Lors d’un orage très virulent, l’excédent est directement injecté dans le réseau public d’électricité.

« Quand on fait face à un élément incontrôlable d’une telle puissance, il faut transformer sa force à notre avantage comme dans les arts martiaux » explique Carmen Pescado. De phénomène catastrophique, la foudre est devenue l’unique espoir de la société. Rebaptisée ThunderEV, elle a décidé d’abandonner ses activités historiques pour se consacrer pleinement au développement du prototype dont un premier schéma est présenté ci-dessous. Le système pourra à terme être installé dans des zones reculées où la recharge des voitures électriques est compliquée. Facilement transportable, la station est composée de containers abritant les équipements, de bornes de recharge haute puissance et d’un mât-paratonnerre autoportant. La commercialisation est prévue pour 2023.