Il fait chaud, très chaud ces derniers jours sur une majorité de l’hexagone. Alors que le thermomètre dépasse déjà les 40 degrés et qu’une vigilance rouge canicule a été activée pour la première fois de l’histoire du pays dans quatre départements du sud, quelles sont les conséquences sur l’utilisation d’une voiture électrique ?

En voiture, les fortes chaleurs sont particulièrement inconfortables. La température peut facilement dépasser les 50 degrés dans l’habitacle et même atteindre les 100 degrés sur certaines surfaces exposées. Une fournaise dans laquelle il faut parfois cuire pendant quelques minutes, le temps que la climatisation fasse effet. Les voitures électriques offrent un premier avantage dans ces conditions, et pas des moindres : la plupart peuvent être climatisés à distance. Via l’écran de bord ou une application smartphone, l’utilisateur peut choisir la température de l’habitacle en avance, en été comme en hiver. Outre le gain en confort, ce système permet d’éviter de grignoter l’énergie contenue dans la batterie et donc l’autonomie lorsque le véhicule est branché sur une borne de recharge.

Climatisation et autonomie

En circulation, la climatisation des voitures électriques consomme évidemment l’électricité de la batterie. Un grand nombre de modèles est équipé d’un système de pompe à chaleur réversible particulièrement économe. Nul besoin de « laisser tourner le moteur » et consommer une quantité importante d’énergie pour générer de l’air froid, contrairement aux véhicules essence et diesel. Si l’efficacité et la précision de la climatisation diffère selon le modèle, de nombreux utilisateurs déclarent ne pas noter de perte d’autonomie significative lors de leur utilisation.

En choisissant d’orienter les aérateurs uniquement vers le ou les personnes présentes à bord et en activant le recyclage de l’air intérieur, inutile de laisser le système activé à son maximum. Ainsi, une climatisation fonctionnant à une puissance de 2 kW provoque une perte d’autonomie de 25 à 30 km sur un trajet de 200 km réalisé en 2h30 avec une voiture électrique compacte. Coincée dans un embouteillage, une Renault Zoé 41 kWh avec la moitié de sa batterie peut en théorie tenir ses occupants au frais pendant une dizaine d’heures. Suffisant pour attendre l’arrivée des secours ou la fin du bouchon dans de bonnes conditions.

Surchauffe des batteries

Les très fortes chaleurs peuvent toutefois causer quelques désagréments techniques sur certaines voitures électriques. La batterie doit en effet rester dans une fourchette de température propre à chaque modèle pour garantir un bon fonctionnement et leur durabilité. Elles chauffent rapidement lorsqu’elles sont chargées à forte puissance et qu’un trajet à vitesse élevée est effectué. Si le système de refroidissement est performant comme celui des Tesla, Hyundai, Kia, Audi et Jaguar qui exploite un circuit liquide, il n’y a à-priori pas de problème. Mais certains véhicules comme la Renault Zoé et la Nissan Leaf régulent la température de leur batterie au moyen d’une ventilation forcée. Moins coûteux qu’un refroidissement liquide, ce système à l’inconvénient d’être peu efficace dans une situation d’utilisation intensive.

En plein hiver norvégien, le youtubeur Bjorn Nyland a ainsi constaté une perte de puissance et de vitesse de charge au volant d’une Nissan Leaf 40 kWh. La batterie, éprouvée par les charges rapides répétées et l’itinéraire particulièrement long, a dépassé les 45 degrés. Une température que certaines localités du sud-est de la France atteindront aujourd’hui, le 28 juin, au plus fort de l’épisode caniculaire. Il y fera donc aussi chaud qu’au cœur d’une batterie de voiture électrique ! Cette chaleur, ajoutée aux échauffements provoqués par le fonctionnement du véhicule, bridera t-elle significativement les performances des voitures électriques non-refroidies par un circuit liquide ? La dernière canicule historique remontant à 2003, une époque où le véhicule zéro émission n’était qu’une vision d’artiste, il faut donc attendre les témoignages d’utilisateurs.

Coup de chaud sur les bornes de recharge ?

La recharge sur bornes publiques est aussi susceptible d’être affectée par les fortes chaleurs. Exposée aux rayons directs du soleil, la surface des bornes de recharge peut atteindre des températures extrêmement élevées. Mais qu’en est-il des composants électroniques, en principe bien isolés de l’extérieur ? Sur un document de présentation, le fabricant français de borne de recharge Cahors indique une température de fonctionnement de -25 à +45 degrés pour son modèle le plus puissant : la Fasteo AC/DC capable de délivrer jusqu’à 150 kW. Un seuil maximal qui, une nouvelle fois, sera atteint aujourd’hui à l’ombre dans certaines villes.

Les bornes de recharge étant rarement conçues pour fonctionner à une température supérieure à 50 degrés, comment réagiront-elles ? Il est probable que la puissance de charge délivrée soit temporairement réduite, le temps de retrouver un air plus frais. Selon Izivia, qui gère le réseau de recharge rapide autoroutier Corri-Door, « aucune anomalie n’a été remontée » le 27 juin concernant les fortes chaleurs. Sollicité, Cahors doit nous répondre prochainement sur le fonctionnement de son matériel dans ces conditions extrêmes.

Grand soleil et électricité gratuite

S’ils sont inconfortables et fatigants, les épisodes caniculaires ont le mérite de rappeler la puissance et l’abondance de l’énergie fournie par le soleil. Pour certains, les conditions anticycloniques qui les accompagnent sont une aubaine. Un grand ciel bleu qui porte la production d’électricité photovoltaïque au maximum. « Mes panneaux solaires rechargent tous les jours ma Zoé sans qu’elle soit connectée au réseau EDF » assure un utilisateur lyonnais sur la page Facebook « Voiture électrique ». Pour lui, la perte d’autonomie causée par la climatisation n’est pas vraiment un souci : « je ne me prends pas la tête si ma clim me fait perdre 2 km d’autonomie dans la journée, elle tourne à 100% sur mon surplus de production solaire par temps ensoleillé. Aujourd’hui à Lyon 39°C à l’ombre et je met 26°C dans ma Zoé bien que la puissance de la clim serait même capable de me congeler » explique t-il.

En attendant, pour se rafraîchir un peu lors des épisodes de fortes chaleurs qui, avec la hausse globale des températures, risquent de survenir de plus en plus fréquemment, Nissan nous dévoile un camion à glace électrique. Baptisé «Nice Cream », le véhicule est basé sur le fourgon E-NV200. En plus de sa batterie de 40 kWh, il embarque une batterie reconditionnée de 1,4 kWh destinée à alimenter les appareils commerciaux. Elle peut être rechargée sur une prise domestique en 2h ou via les panneaux solaires en toiture en 2 à 4 heures selon le constructeur.

Vous utilisez une voiture électrique dans une région frappée par la canicule ? Dites-nous en commentaire si ses performances et sa recharge sont affectés.