pollution-air-paris

Les deux femmes habitaient à proximité du périphérique parisien. Souffrant d'asthme et de bronchite chronique, elles réclament 160.000 euros d'indemnisation à l’État pour « carence fautive ». Une première en France.

Elles ont vécu un calvaire pendant une vingtaine d’années dans leur appartement de Saint-Ouen, entre le boulevard périphérique et deux avenues passantes. Bronchites à répétition pour cette mère de 40 ans. Asthme, rhinopharyngites et bronchiolites dès la naissance pour sa fille, aujourd’hui âgée de 17 ans. Depuis leur déménagement à Orléans sur recommandation d’un pneumologue, leur état de santé s’est nettement amélioré. Mais pour faire réparer leur préjudice, les deux femmes poursuivent aujourd’hui l’État pour « carence fautive » et réclament 160.000 euros d’indemnisation. L’audience s’est tenue mardi 28 mai au tribunal de Montreuil, qui rendra son jugement dans une quinzaine de jours.

C’est la première fois que l’État est attaqué pour ses manquements sur la qualité de l’air. La France est régulièrement sermonnée par la Commission européenne pour dépasser les normes sur les particules fines PM10 et le dioxyde d’azote. En défense, le ministère de la transition écologique explique que « l’État a pris toutes les mesures nécessaires, dans la limite des responsabilités qui lui incombent en la matière, pour ramener les concentrations de polluants en deçà des valeurs limites ». Fait surprenant, il accuse les victimes en considérant que « la requérante n’a pas pris toute diligence pour éviter son préjudice et a laissé son état s’aggraver, sachant que le choix d’habiter la région parisienne lui est exclusivement imputable, faisant en conséquence preuve d’une imprudence caractérisée. »

Hasard du calendrier, le même jour, la Mission d’information et d’évaluation sur le périphérique parisien a remis son rapport à la maire de la capitale Anne Hidalgo. Il préconise notamment de réduire la vitesse à 50 km/h sur cet axe et de réserver une voie aux véhicules électriques, hybrides, en covoiturage et aux transports en commun à l’horizon 2020/2030.

Publicité


Publicité