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Auparavant exploité a priori par un artisan électricien, ce Ford E-Transit acheté aux enchères va être aménagé pour pouvoir voyager et dormir dedans. Avec un modèle L2H2 homologué en 3,5 tonnes, le poids des équipements et matériaux compte tout particulièrement. En plus d’être utilisé pour les loisirs, le véhicule pourrait aussi prendre du service dans la vie professionnelle de notre lecteur, technicien vidéo dans l’événementiel et le spectacle.
Le Ford E-Transit d’Antoine a été mis en circulation fin août 2022, l’année où cet utilitaire a commencé à être livré en France. En configuration L2H2, le fourgon offre un volume de chargement de 9,5 m³ dans une cellule de 3,044 x 1,78 m, avec une hauteur de 1,79 m. Beaucoup peuvent donc tenir debout à l’intérieur. Concernant l’empreinte au sol du véhicule entier, elle s’inscrit dans une forme de 5,53 x 2,06 (sans les rétroviseurs) m, pour 2,54 m de haut.
Avec sa galerie, celui de notre lecteur atteint même les 2,70 m : « C’est un problème pour accéder à certaines stations de recharge où la hauteur est parfois limitée à 2,00 ou 2,50 mètres. C’est le cas chez Ionity à l’aire de Longvilliers sur l’autoroute A10. J’ai un autre exemple sur un parking d’hypermarché Leclerc, où il y a également une barre de hauteur qui m’empêcherait d’y accéder. Ça, malheureusement, je ne peux pas le savoir à l’avance ; ABRP ne l’indique pas, il faudrait que je regarde sur Street View au préalable ».
Au lancement, la version 3,5 tonnes était présentée avec un poids à vide de 2 482 kg, dépendant de la finition et de l’équipement embarqué. Pour un même couple de 430 Nm sur les roues arrière et une vitesse de pointe identique de 130 km/h, deux puissances de moteur ont été proposées en 2022 : 135 (184 ch) ou 198 kW (269 ch). Fabriqué en Turquie, le Ford E-Transit de notre lecteur embarque une batterie d’une capacité énergétique de 75 kWh pour 68 exploitables.
Résidant à Paris, Antoine a un goût prononcé pour l’aventure. En 2020, il a participé au Sun Trip, cette course où les aventuriers parcourent de longues distances avec des vélos solaires : « Je suis davantage attiré par la dimension rando, la compétition ne m’intéresse pas. En 2020, l’événement qui devait permettre d’aller en Chine jusqu’à Shanghai à partir de Lyon a été chamboulé par la Covid-19. Finalement, le tracé est resté en France. J’ai rallié dans les temps les étapes de Blois et de Saint-Malo, c’est tout ce qui m’importait ».
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Vous utilisez un fourgon électrique au quotidien ? Racontez-nous votre réalité de terrain !Les projets vélo et van se croisent : « L’idée du fourgon aménagé vient de plus loin, mais a été ravivée par ma participation au Sun Trip. Depuis des années, je fais du vélo, un temps en exploitant des Vélib électriques. Ces modèles n’étant pas fiables, j’ai fini par me prendre un kit pour transformer en VAE un vélo musculaire. J’ai fait ce choix car les contrôleurs des vélos électriques des fabricants empêchent d’injecter dans la batterie l’énergie que l’on peut produire avec des panneaux solaires ».
Notre lecteur a voulu tester un périple en van électrique : «En 2024, j’ai loué un Citroën ë-Jumpy aménagé chez The Family Van. Depuis Dax où ils sont installés, j’ai voulu aller jusqu’en Espagne. J’en suis cependant vite revenu car c’était compliqué pour la recharge. N’ayant pas pris de badge, je comptais surtout payer par carte bancaire en exploitant le câble Type 2. De retour en France, j’ai pu me brancher dans un camping ».
Cette première expérience de la vanlife en véhicule électrique aménagé a permis à Antoine d’affiner un peu plus son projet : « J’avais déjà en tête ma transformation, et mon coup d’essai m’a montré que je ne pourrais pas me contenter de locations comme celle-là pour ce que je veux vivre. L’espace intérieur est trop petit, on ne peut tenir debout et il n’y a pas de douche. Surtout, il n’y a pas l’isolation thermique nécessaire pour partir hors saison comme je compte le faire ».
Pour notre lecteur, l’électrique s’imposait : « Je ne me voyais pas mener ce projet sans que mon véhicule le soit, pour une question environnementale. Mais à y bien réfléchir, je ne suis pas sûr que le bilan carbone soit si bon que ça. Déjà, concernant les vélos du Sun Trip, si les panneaux solaires ne sont utilisés que quelques heures par jour le temps de l’événement pour être ensuite oubliés pendant deux ans jusqu’à la prochaine édition, autant utiliser un scooter à essence qui ne rendra pas le voyage plus carboné au final ».
Il se pose désormais la même question pour son fourgon aménagé : « Si je ne réalise pas beaucoup de kilomètres à l’année, comme je le pensais au départ, le bilan carbone ne sera pas davantage meilleur qu’avec un modèle thermique. Toutefois, le périple que j’ai réalisé en 2025 avec mon Ford E-Transit m’a montré que les kilomètres peuvent vite s’enchaîner. J’ai ainsi parcouru plus de 7 000 km l’été dernier. Je pense donc maintenant que le kilométrage annuel pourrait être d’environ 10 000 km ».
Antoine a acheté son fourgon fin mai 2025 : « Le E-Transit avait 30 658 km au compteur, et je l’ai eu pour 16 224 euros aux enchères à Cavaillon ». Neuf, la grille tarifaire en 2022 démarrait à 57 655 euros pour un modèle en L2H2 de PTAC 3,5 tonnes : « D’après les éléments que j’ai trouvés dedans, il aurait servi pendant deux ans à une entreprise d’électricité de la région de Nice. Un temps, j’avais pensé à un Nissan e-NV200 et même un Renault Kangoo, des modèles très présents sur le marché de l’occasion ».


Mais de toute façon trop petits et éloignés des besoins : « L’été dernier, après l’avoir nettoyé à l’intérieur, j’ai tenté un aménagement assez sommaire dans mon E-Transit en conservant une partie des étagères déjà présentes, et en utilisant des palettes pour me faire un lit, ainsi qu’un morceau de bois pour plan de travail. À la pesée, j’étais à 3,160 tonnes. Depuis la Loire-Atlantique, je suis allé dans les Cévennes, puis suis passé chez un ami avant de rejoindre le festival international du théâtre de rue à Aurillac ».
De cette nouvelle expérience, il en ressort encore du positif permettant de mieux visualiser un aménagement intérieur idéal : « Réaliser cet équipement que j’ai depuis démonté et détruit m’a permis de me faire la main, d’évaluer le temps que ça prend de transformer quelque chose, et de me poser quelques questions. Par exemple, est-ce que c’est la bonne idée de placer le lit de façon transversale ? ».
Un plan du futur aménagement a été précisément imaginé : « J’ai pour cela utilisé Sketchup. Avec un tableur, j’ai aussi référencé tout le matériel à mettre dans le E-Transit, me permettant de me faire une idée du budget à consacrer. Ce serait dans les 14 000 euros, mais je crains que les actuels événements à l’international fassent augmenter les chiffres. Plus question d’utiliser des palettes, c’est trop lourd. Le poids, dans un projet comme celui-là, c’est vraiment le nerf de la guerre ».

Choisir une version à 3,9 tonnes de PTAC n’aurait pas été une bonne idée : « J’aurais pu le conduire avec mon permis B grâce à la dérogation concernant le poids des batteries. Mais sa vitesse de pointe aurait été bridée à 90 km/h. Je sais que la plupart du temps je vais rouler sur le réseau secondaire à 70 km/h, mais je suis content d’avoir un fourgon qui peut aller à 130 au besoin. Avec un 3,9 tonnes, j’aurais été privé d’accès aux zones interdites aux poids lourds, et j’aurais consommé davantage ».
Des ouvertures vont être percées sur la carrosserie : « Il y aura des vitres de type camping-car sur quelques faces. Je suis en train de décider de leur taille et où les placer. En ayant choisi le fourgon avant d’avoir pensé à tout, je vais devoir adapter mon projet au modèle et à ses contraintes. Je ne sais pas quand les travaux seront terminés. Ca prendra le temps qu’il faudra, mais j’aimerais quand même que tout soit prêt pour l’été 2017 : je ne vais pas attendre dix ans et une baisse de l’état de santé de la batterie ».
Antoine a été confronté à plusieurs limites ou difficultés concernant la transformation ou l’usage de son Ford E-Transit : « Nous avons déjà parlé de sa hauteur élevée, à associer avec son seuil haut de chargement. En raison de la batterie, il n’y a pas vraiment de place exploitable sous le châssis pour mon aménagement. En raison du PTAC de 3,5 tonnes, il ne me serait pas possible d’installer des panneaux solaires déployables sur le toit pour alimenter en partie le moteur électrique. Le système pèserait trop lourd ».
Une des mauvaises surprises est venue du V2L : « Je tenais à cette fonctionnalité, mais je suis déçu car elle est très typée pour les artisans. Ce n’est pas la puissance d’un peu plus de 2 kW qui me pose problème, mais le fait de devoir mettre le véhicule à l’état Ready pour que ça marche. Les feux diurnes sont donc allumés. Ce qui fait que des personnes sont déjà venues me voir en me disant que je risquais de décharger la batterie 12 V. Ils n’avaient d’ailleurs pas identifié que mon fourgon est un modèle électrique ».
Ce fonctionnement est d’ailleurs consommateur d’énergie : « Trop pour seulement recharger par exemple mon ordinateur portable. Je vais devoir prendre une batterie pour cela, avec un convertisseur. Il y a aussi la question du chauffage à régler, avec une conso que j’estime jusqu’à 10 kWh à la journée par temps froid. En stationnaire sur plusieurs jours, ça peut vite chiffrer en payant le kilowattheure par exemple 50 centimes via branchement en Type 2 sur une borne la nuit. Mais il est vrai qu’avec un camping-car diesel, le budget serait similaire ».
Autre désagrément : « Il y a eu la mauvaise surprise des 15 chevaux fiscaux avec des taxes coûteuses depuis début 2025 pour faire établir le nouveau certificat d’immatriculation. Il me semble que ce problème pourrait être résolu par Ford ». En mai de l’année dernière, un de nos lecteurs avait témoigné d’une somme de plus de 650 euros à verser pour un Ford E-Transit Custom neuf.
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Témoignage : cet électricien a choisi le Volkswagen ID.Buzz comme utilitaire électrique pour le pro et le persoSi l’on veut disposer du planificateur avec le système d’infodivertissement, il faut payer un abonnement mensuel de 5 euros : « Même avec cela, il n’est pas à jour, avec des bugs au niveau du calcul de l’autonomie. On pourrait aussi avoir le Wi-Fi 4G, mais l’abonnement est pour moi, particulier, dissuasif. Pour un artisan, c’est peut-être plus intéressant en fonction de ses besoins ».
Un point pose question aussi à Antoine : « Il y a un grand nombre de rappels pour le E-Transit. Comme pour les diesel, certains concernent la batterie 12 V. Sur le Web, je me suis inscrit à un forum américain d’utilisateurs de Ford Transit électriques ».
Mi-2022, Ford annonçait pour son Ford E-Transit L2H2 3,5 tonnes une autonomie en cycle mixte WLTP jusqu’à 260 km environ : « J’estime pouvoir compter sur 200 km réels environ. Bien sûr, pas en roulant sur l’autoroute à 130. Ça ne sert à rien de filer à une telle vitesse avec ce véhicule, le temps gagné serait plus que perdu en recharge. Le Transit électrique est un modèle qui se comporte bien sur la route, très agréable à conduire. Je n’ai pas eu de problème à circuler avec lui dans les reliefs des Cévennes ».
Antoine a déjà imaginé quelques destinations quand son véhicule aura été bien aménagé : « En France et hors saison, j’ai envie d’aller avec lui dans le Massif central et les Pyrénées. Ensuite, ça serait dans les pays du Nord, ou dans l’Est, par exemple en Roumanie ».
Une autre exploitation est aussi envisagée pour ce Ford Transit électrique : « Il pourrait très bien me servir aussi comme outil de travail quand je me rends sur les festivals pour mon métier »
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Antoine pour son très bon accueil et le temps pris à nous livrer son témoignage que nous avons sollicité.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
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Philippe SCHWOERER
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