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Témoignage : Matthieu est passé à la Renault Megane hybride rechargeable par accident

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La Renault Laguna accidentée de Matthieu
La Renault Laguna accidentée de Matthieu

Passionné d’automobiles, d’anciennes et de youngtimers, Matthieu a adopté l’hybride rechargeable peu après avoir subi un impressionnant accident de la route. La prise de conscience qui a suivi a rejoint une volonté de moins rouler en thermique, pour des raisons écologiques. S’il ne s’oppose pas à l’électrique, l’usage qu’il fait de sa voiture a rendu évidente pour lui l’adoption du break Renault Megane IV PHEV.

L’esprit automobile

A 43 ans, Matthieu est technicien en électronique pour les secteurs du médical, de l’automobile et de l’aéronautique. Il a aussi derrière lui quinze ans d’ingénieur du son pour accompagner le week-end un groupe musical dans ses concerts. La voiture n’est pas seulement pour lui un objet pour aller d’un point A à un point B : « Ma passion pour l’automobile me vient déjà de mon grand-père qui était un mordu de Peugeot. J’étais souvent avec lui quand il briquait sa voiture ».

Entre les deux hommes, le père de notre lecteur n’était pas non plus indifférent à cet univers : « Il était dans la débrouille mécanique bien faite. Je me souviens encore quand il réparait lui-même la Renault 5 de Maman. Ainsi, par exemple, pour remplacer les plaquettes des freins. Moi j’aimais bien laver les voitures qui passaient chez mes parents ».

Il est lui-même devenu conducteur avec de premiers modèles pas banals : « J’ai commencé avec une Renault Super 5 de la série ‘Coup de Cœur’ équipée d’un toit ouvrant. Mais celle sur laquelle je lorgnais, c’était la R25 GTX Phase 1 à moteur 2,2 l et injection électronique qu’avait mon oncle à l’époque. Sa puissance de 126 chevaux et ses 11 cv fiscaux faisaient un peu peur à ma mère. Mais mon père a décidé de me faire confiance. Mes parents roulaient aussi en R25, une GTS ».

L’accident qui a fait réfléchir

Pour le Ligérien qui vit à proximité de Nantes, l’histoire avec les Renault 25 a duré un bon moment : « J’avais eu cette GTX à 166 000 km, et l’ai revendue en parfait état à 366 000 km à un collectionneur. J’ai même eu droit à un petit article dans la revue Youngtimers. C’était ma voiture du quotidien. Pour les loisirs et les week-ends, j’avais trouvé une R25 V6 Turbo Phase 2 Baccara. Elle a aussi été reprise par le même passionné vendéen ».

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C’est à la suite d’un accident que Matthieu a revendu ses deux R 25 : « Nous étions en promenade vers La Rochelle ma compagne et moi, quand nous avons été violemment percutés par l’arrière, projetant notre Renault Laguna contre un arbre. Malgré l’encastrement, la cellule du véhicule nous a protégés, la déformation s’étant arrêtée à nos genoux. Nous en sommes ressortis avec juste quelques fractures et contusions. Normalement nous devions prendre une R25 ».

La Renault 25 V6 Baccara de Matthieu
La Renault 25 V6 Baccara de Matthieu
La Renault 25 V6 Baccara de Matthieu
La Renault 25 GTX de Matthieu
La Renault 25 GTX de Matthieu

Dans l’ambulance qui emmenait notre lecteur à l’hôpital, le pompier était aussi un passionné de voitures : « Il m’a appris qu’il roulait en Peugeot 205 GTI. Puis il m’a dit : ‘Votre Laguna vous a sauvé la vie. Je ne vous aurais pas sortie de la R25 dans le même état’. A partir de là, il y a eu une grosse prise de conscience chez nous. C’était mon premier accident. Ma compagne ne voulait plus monter dans une ancienne, elle avait peur. Et moi je n’arrivais pas à retrouver la sérénité au volant de mes R25, je n’en profitais plus comme avant ».

Une Zoé remplacée par une hybride rechargeable

La réflexion a fini par aller plus loin : « Entre les entretiens à réaliser, la difficulté à trouver des pièces, l’après accident, j’avais envie de passer à autre chose. Je suis entré dans une démarche pour sortir du 100 % thermique. On a essayé une Renault Zoé. Ma compagne en a eu une, en version 52 kWh. Mais elle est passée ensuite à une Megane hybride rechargeable berline ».

L’électrique a été abandonnée pour deux raisons : « Il y a quatre ans, les infrastructures de recharge n’étaient pas autant développées qu’aujourd’hui. Sur l’autoroute, ça allait, mais pas sur le réseau secondaire où les prix, très différents d’une région à une autre, pouvaient vraiment être prohibitifs. Pas question non plus pour moi de prendre une électrique. Pour les besoins des spectacles, je peux avoir à me déplacer relativement loin ».

D’où plusieurs contraintes : « Comme je bricole beaucoup, j’avais besoin d’un break, pouvant aussi tracter une remorque contenant le matériel du groupe. En rentrant après un spectacle, j’éprouve un besoin de sérénité, et franchement pas envie de devoir m’arrêter à 3 h 00 du matin pour recharger après avoir dû dételer. Selon les besoins de mobilité, ce n’est pas toujours simple de passer à l’électrique. Aujourd’hui, ce qui me convient très bien, c’est l’hybride rechargeable ».

On reste chez Renault

D’ailleurs, même avec l’hybride rechargeable aujourd’hui, Matthieu a rencontré encore dernièrement des difficultés à se recharger : « Nous sommes allés, ma nouvelle compagne et moi, dans le centre de la France découvrir un peu la Creuse, l’Allier et la Haute-Vienne. Le propriétaire de notre location n’a pas voulu que je branche ma Megane Estate hybride rechargeable. Il y voyait un risque d’incendie et que ça coûte cher. Lors de notre périple, nous n’avons pu nous brancher qu’à une seule borne, les autres étant soit en panne soit bloquées par des thermiques ».

S’il aime bien la marque Renault, notre lecteur ne s’est pas arrêté à celle-ci lors de ses essais d’hybrides rechargeables : « J’entends régulièrement de mauvaises critiques concernant Renault, mais c’est une marque qui produit de très bonnes voitures, et fiables. J’avais essayé une Toyota Corolla break hybride, mais je n’ai franchement pas aimé la conduite ni le fonctionnement de la boîte qui n’était pas agréable. J’ai aussi été déçu par les consos. Quant au Volvo V60 que j’ai bien aimé, il coûtait trop cher ».

En raison de la fermeté de leurs suspensions, les modèles allemands ont été d’office éliminés : « J’aime bien le confort des Renault. J’avais vu que le constructeur devait sortir des hybrides rechargeables équipées de la boîte à crabots issue de la compétition. Quitte à réaliser ma transition pour une mobilité durable, autant mettre le budget pour avoir un de ces modèles. Je me suis donc rendu à la concession de Rezé où j’ai reçu un excellent accueil de la part du commercial ».

Achetée sur catalogue

Pas de Megane hybride rechargeable lors du passage en concession : « Il y avait cependant un Renault Captur avec la même architecture composée d’un bloc atmosphérique 1,6 l 91 ch d’origine Nissan et d’un moteur électrique 66 ch alimenté par une batterie 10 kWh. Je ne voulais ni SUV ni 4×4, mais j’ai pu disposer du Captur pendant toute une journée. J’ai alors constaté son efficience, me disant qu’elle serait meilleure encore sur la Megane. Alors j’ai fait ce que je n’avais jamais fait jusque-là : commander une voiture sur catalogue, sans l’avoir vue ».

Matthieu a choisi son exemplaire dans la finition haut de gamme RS Line : « Elle est bleu Iron et est équipée d’un toit ouvrant, de l’attelage amovible, du régulateur de vitesse adaptatif et d’une sono Bose. Sachant que je la conserverai longtemps, je me suis fait plaisir. Au catalogue, elle était affichée à 43 000 euros. En bénéficiant de la prime à la conversion et d’une remise commerciale, je l’ai eue à 36 000 euros environ. Reçue en mars 2021, elle a 166 000 km au 11 janvier 2026 ».

La Renault Megane PHEV Estate de Matthieu
La Renault Megane PHEV Estate de Matthieu
La Renault Megane PHEV Estate de Matthieu

Pas de problème particulier à signaler : « J’ai juste eu au tout début un voyant d’airbag qui s’allumait. Le remplacement sous garantie d’un faisceau de portière a éliminé l’anomalie. A 150 000 km, il a été constaté une usure des plaquettes et disques des freins de seulement 20 %. C’est parce que je roule beaucoup en mode B ou Brake. Je trouve que la Megane est super confortable à conduire ainsi ».

Le planificateur embarqué pour consommer moins

Notre lecteur a fait le choix d’une plus grande fréquence dans l’entretien : « C’est normalement tous les 30 000 km, mais je préfère rapprocher les révisions tous les 20 000, ce qui fait une fois par an. En comprenant, entre autres, la vidange du moteur thermique, du liquide de refroidissement et le contrôle de la batterie de traction, ça me coûte entre 350 et 450 euros. Sur ce bloc, c’est une chaîne et non une courroie pour la distribution. Pour 80 euros, j’ai même fait faire un remplacement imprévu de l’huile dans la boîte à crabots ».

Cette Megane hybride rechargeable est branchée tous les jours : « Ce qui me permet de faire à l’électrique mes trajets quotidiens de 50 km aller-retour pour me rendre au bureau. Dans le week-end, pour les concerts, je peux parcourir facilement 300 km. Au maximum, je consomme 5 litres d’essence. Et c’est seulement quand je n’ai pas pu recharger à 100 % la batterie et que je tracte la remorque pour notre groupe. Comparativement, une Laguna 2 Phase 2 2 l dCi de 150 ch, c’est 6,5 à 7 litres de gazole aux 100 km ».

Pour consommer moins avec sa Megane, Matthieu exploite au mieux les possibilités de son véhicule : « Il m’arrive couramment d’être à seulement 1,5 l sur des trajets longs ou moyens. Je roule pour cela au régulateur adaptatif, toujours à la limitation de vitesse, et, surtout, j’utilise le planificateur embarqué. C’est lui qui va décider sur la longueur du trajet où rouler en mode EV et où être en thermique. C’est plus efficace que de vider la batterie les 50-60 premiers kilomètres et de passer à l’essence ensuite ».

Le bon usage du PHEV est là

Le réservoir d’essence est relativement petit sur cette voiture : « Il ne fait que 39 litres en comprenant la réserve. Un plein me coûte environ 53 euros aujourd’hui. En utilisant bien cette voiture, il m’arrive régulièrement de dépasser les 2 000 km entre deux passages à la pompe. J’applique toujours le conseil du commercial Renault avec lequel j’ai sympathisé : ‘Dès que tu peux, tu branches’ ».

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Le bon usage de l’hybride rechargeable est dans toutes les astuces qu’exploitent notre lecteur : « Les sièges chauffants, et le préconditionnement de la température dans l’habitacle avant de partir quand la voiture est branchée, aident aussi à moins consommer. Comme pour un VE, j’utilise pour cela l’application My Renault. Mon père qui est à la retraite consomme encore moins que moi avec son Captur PHEV ».

Matthieu adore rouler en mode EV : « C’est un véritable confort sur les longues portions, je trouve ça extra. Je suis convaincu que les voitures électriques apportent une solution globale plus efficace énergétiquement et permettent de moins émettre de CO₂ et de polluants. Mais ce n’est pas encore pour tout le monde ».

Locobox

Après presque cinq ans d’utilisation, notre lecteur reste enthousiaste au sujet de sa Renault Megane Estate hybride rechargeable : « Je compte bien l’emmener jusqu’au bout. Je n’ai vraiment pas envie de m’en séparer, et ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Avec pas plus de 1,6 tonne et ses 160 ch combinés, ce break PHEV est d’une polyvalence incroyable. La souplesse de conduite est là, le confort de la suspension aussi. J’apprécie beaucoup également le maintien de la sellerie englobante, avec soutien des lombaires ».

Il puis il y a la boîte à crabots : « Au début, ça m’a fait un peu peur. Il a fallu du temps à Renault pour pouvoir implanter dans une voiture commercialisée une boîte inspirée de la fameuse locobox issue de la compétition. Sur une Formule 1, elle prenait beaucoup de place mais ça allait. Pour les automobilistes, les éléments ont dû être miniaturisés. Je ne sens pas du tout les vitesses passer avec ce système qui débarrasse la conduite de l’embrayage ».

Il arrive toutefois que le système se montre un peu moins agréable : « C’est par exemple quand il reste moins de 30 % d’énergie dans la batterie et qu’on est dans une côte. On peut parfois avoir l’impression d’être en surrégime au niveau du moteur thermique pour aller chercher le rapport supérieur. Ca ne dure que 5 ou 6 secondes, et ça ne m’arrive pas très souvent ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Matthieu pour son accueil très sympathique et son témoignage que nous avons sollicité à la suite d’un commentaire très intéressant déposé à la fin d’un article.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Les raisons de préférer une hybride rechargeable sont multiples. Ici, c'est en particulier dû à l'usage. Par exemple une remorque à tracter en rentrant dans la nuit, ce qui ne facilite pas le passage par les bornes. Il y a aussi le problème du maillage sur le réseau secondaire qui s'est heureusement amélioré globalement depuis 2021, et la tarification parfois abusive, surtout quand elle mêle une facturation au temps et au kilowattheure. Comme nous pouvons le remarquer une nouvelle fois avec Matthieu, les utilisateurs des voitures hybrides rechargeables n'ont en général rien contre l'électrique. Ils apprécient d'ailleurs souvent de rouler en mode EV. Sans les contraintes fortes qui ont freiné leur passage au VE, ils l'auraient pour la plupart adopté. Qu'un grave accident de la route débouche sur une réflexion en faveur d'une mobilité plus vertueuses pour l'environnement n'est pas banal. Par curiosité, j'ai recherché sur Internet les cas de chocs violents en Renault 25. La cellule de cette voiture était déjà relativement bien protégée contre les impacts frontaux. Avec parfois des blessés légers alors que l'avant était disloqué, mais aussi des occupants qui n'en sont pas ressortis vivants dans d'autres situations. Il y a toujours cette part de loterie qui fait la différence. Ce témoignage montre à nouveau combien les profils d'automobilistes sont divers, avec des parcours très différents pour progresser vers une moindre émission de CO2 et de polluants.

Philippe SCHWOERER

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