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A la Vacherie de Rivet, c’est Hélène qui utilise pour ses livraisons de fromages bio ce Nissan Townstar électrique. Après 15 mois d’exploitation et bientôt 30 000 km, la fourgonnette se révèle plus adaptée que l’ancien Renault Kangoo diesel qu’elle remplace.
Bâti sur la plateforme CMF-B et commercialisé en France dès 2022, le Nissan Townstar EV est comme un clone du Renault Kangoo branché. Ils sortent d’ailleurs de la même usine française de Maubeuge. Animée par un moteur d’une puissance de 90 kW (122 ch) pouvant développer un couple maximal de 245 Nm, cette fourgonnette embarque une batterie NMC (nickel manganèse cobalt) d’une capacité énergétique brute de 48 kWh, dont 45 exploitables.
Selon les années et versions, l’autonomie WLTP en cycle mixte s’est étalée d’un peu moins de 275 km jusqu’à franchir le seuil des 300. Du côté de la recharge, c’était 11 ou 22 kW AC, et 75-80 kW en courant continu via connecteur Combo CCS. TTC en finition d’entrée de gamme Acenta et chargeur 11 kW AC, la grille tarifaire démarrait dans les 38 000 €.
Prévenu par son frère, Hélène a cependant pu profiter d’un bien meilleur tarif : « En octobre 2024 quand j’ai pris livraison du mien, Nissan devait certainement chercher à écouler des stocks. En comptant le bonus, la prime à la conversion pour notre vieux Kangoo diesel hors d’usage au nom de mon mari, et une remise, nous n’avons eu qu’à sortir 15 000 euros ».
Dans l’exploitation, c’est Hélène qui tenait tout particulièrement à passer à l’électrique depuis quelques années : « C’est plus propre pour l’environnement, et livrer nos fromages bio à Toulouse avec un diesel qui pue, ça me dérangeait personnellement. Mais, pour une entreprise comme la nôtre, ça n’était possible que si c’était viable économiquement. Nous ne l’aurions pas fait autrement. En rechargeant quasiment toujours chez nous, le Townstar nous permet de réaliser de sérieuses économies sur le carburant ».
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Vous utilisez un fourgon électrique au quotidien ? Racontez-nous votre réalité de terrain !Sur Internet, on peut lire concernant la Vacherie de Rivet qu’il s’agit d’une « fromagerie fermière » doublée d’une « ferme authentique biologique ». De formation, Hélène est ingénieure agronome : « En France comme à l’étranger, j’ai participé à des projets de développement en lien avec l’agriculture paysanne et biologique ».
C’est en 2011 qu’elle rejoint son mari, permettant la création de la fromagerie l’année suivante : « Nous sommes labellisés bio depuis une dizaine d’années ». Ce qui n’a pas été du tout une rupture dans la vie de l’entreprise : « Dans l’esprit d’une agriculture paysanne, nous n’avions déjà jamais trop poussé nos vaches ni nos terres. Quand on veut faire du fromage au lait cru, on est déjà proche du bio ».
Toute reconversion professionnelle est un pari : « À l’époque, la petite ferme se trouvait en difficulté, avec une mise aux normes à faire pour les bâtiments. Les livraisons de fromages étaient alors effectuées avec notre Ford Fusion personnelle. La fromagerie fonctionnant de mieux en mieux, nous avons pu acheter il y a cinq ou six ans un Renault Kangoo diesel qui a été affecté à la ferme. Pour la fromagerie, je pensais déjà à un véhicule électrique ».
C’était toutefois un peu tôt : « Sensibilisé aux VE par son travail, mon frère estimait que l’autonomie n’était alors pas suffisante. Mais quand notre Kangoo diesel a rendu l’âme, nous l’avons conservé avec l’idée qu’il pourrait nous servir à obtenir une prime à la conversion pour un futur utilitaire électrique ».
Ce qui a été le cas trois ou quatre ans plus tard : « Nous étions à l’automne 2024. Mon frère nous a parlé d’une offre exceptionnelle sur le Townstar électrique. Sans son aide, je ne sais pas si je serais allée jusqu’au bout du projet. C’est lui qui a appelé les concessions Nissan. Grâce à cette opération commerciale, elles écoulaient leurs stocks. Celle de Limoges a été la plus réactive. Mon frère s’est assuré que le modèle que j’allais prendre serait correctement équipé pour la recharge ».
Uniquement avec les conseils de son frère, lecteur d’Automobile Propre, Hélène est allée chercher elle-même son utilitaire branché : « Pour me rendre à Limoges, j’ai pris le train. Quelqu’un de la concession est venu me chercher à la gare. J’ai reçu un très bon accueil du personnel, mais j’ai tout de même été très surprise de ne pas recevoir de sa part des conseils pour mon retour dans le Tarn, même pas sur quel bouton appuyer pour ouvrir la trappe de recharge ».
Notre interlocutrice a son explication : « La concession a dû estimer, qu’avec mon frère qui avait traité l’affaire, je serais bien briefé. Il m’a fourni une assistance par téléphone, m’expliquant comment utiliser le planificateur ABRP et les badges de recharge à privilégier. Sur l’autoroute, je n’ai pas dépassé le 110 km/h. Pour faire durer la batterie, il m’a conseillé de ne pas la laisser déchargée ni dépasser 80% si on ne doit pas repartir de suite, et de temps en temps faire une charge très ample, par exemple de 5 à 100 % ».
En cours de route, une recharge intermédiaire a été nécessaire : « J’ai vécu ce trajet de 258 km avec un peu de stress tout en découvrant que la conduite de ce véhicule était très agréable. En passant par l’opérateur Electra, j’ai rechargé une demi-heure sur une borne rapide à l’aire de Jardin des Causses du Lot. Je n’étais pas encore sûre de la fiabilité de l’autonomie restante indiquée au tableau de bord. Maintenant je sais que cette donnée est extrêmement précise pour mon usage ».
Le kilométrage réalisé depuis octobre 2024 montre que le Nissan Townstar a déjà pas mal roulé : « Le compteur approche les 30 000 km. La première révision est fixée à 40 000 km ou deux ans. Je n’ai jamais eu de problème avec cet utilitaire. Deux fois par mois, j’ai une grosse tournée de livraison qui va jusqu’à Toulouse, ce qui représente 230 km aller-retour. Il m’arrive assez souvent d’effectuer une recharge rapide à Gaillac. Les autres trajets habituels ne dépassent pas les 70-80 km ».
Et la consommation ? « En hiver comme actuellement, elle est comprise entre 18 et 19 kWh/100 km ; l’été c’est plutôt 15. Par son silence et sa tenue de route, j’ai tout de suite trouvé le Townstar agréable à conduire. La régénération y apporte de la souplesse. Et quelle satisfaction de penser que l’on recharge en conduisant ! La cloison que je n’avais pas dans le Kangoo diesel filtre assez bien les bruits à l’arrière ».
Pour l’instant, Hélène ne trouve à sa fourgonnette électrique qu’un seul défaut : « Est-ce parce qu’il est plus lourd que notre ancien utilitaire, je trouve que le Townstar électrique use pas mal ses pneus. J’ai déjà dû en changer un train, un peu précipitamment du fait d’une crevaison. Mais, à l’usage, cet utilitaire électrique est beaucoup moins cher au niveau de l’énergie et de l’entretien ».
En raison de la puissance de l’abonnement électrique à 18 kW pour le site, la recharge nécessite de s’adapter : « Du fait des trois puissants chauffe-eau de l’exploitation qui sont actifs à ce moment-là, nous ne pouvons pas utiliser aux heures creuses la borne de recharge Tesla 11 kW que mon frère a fait installer chez nous pour brancher sa voiture électrique. Il y a aussi la chambre froide et le tank à lait à servir en priorité. On branche donc plutôt le Townstar sur une prise domestique 16 A. Peut-être qu’on augmentera par le suite la puissance de l’abonnement ».
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Témoignage : cet électricien a choisi le Volkswagen ID.Buzz comme utilitaire électrique pour le pro et le persoLa Vacherie de Rivet propose aussi du camping à la ferme : « Cette activité existe depuis 1991, principalement l’été. Nous avons pour cela une aire naturelle sur deux hectares avec deux blocs sanitaires prévus pour dix emplacements. Toutefois, comme c’est dans un grand champ, nous limitons volontairement à six ou sept pour qu’ils puissent tous bien profiter de l’ombre des arbres centenaires ».
Le Wall Connector Tesla a déjà été repéré par quelques campeurs : « Quelqu’un a déjà rechargé sur le site, et d’autres, remarquant cette borne, nous ont demandé s’ils pourraient y brancher leur véhicule électrique. Nous avons quelques habitués qui viennent de pas très loin mais qui n’avaient jamais osé le faire avec leur VE jusque-là. Ce sera certainement pour leurs prochains séjours ».
L’utilitaire électrique d’Hélène reste discret : « Son arrivée n’a pas eu d’autres effets parmi mes clients qu’un regard vers le véhicule avec un rapide commentaire, sans plus. J’ai communiqué des informations auprès d’autres paysans bien installés, mais aucun n’a franchi le pas pour le moment. Quant aux jeunes qui font de la vente directe, ils n’ont pas beaucoup de moyens. Parmi eux, un maraîcher m’a tout de même dit : ‘J’aurais tellement aimé faire comme toi !’ ».
Si l’idée de passer à l’électrique dans l’entreprise vient d’Hélène, son mari est désormais également prêt à le faire : « J’étais un peu seule au début, mais aujourd’hui pour remplacer la Peugeot 308 diesel acquise en occasion récente il y a six ans, il pense à un VE. Il a eu un véritable coup de cœur pour la Renault 5 E-Tech, mais c’est une citadine qui ne nous correspondrait pas ».
D’où la recherche du bon modèle : « Il nous faudrait une familiale qui nous permettrait de voyager avec nos filles jeunes adultes et d’aller à Paris assez régulièrement. Mon mari a commencé à en discuter avec mon frère, mais, même s’il nous a conseillé d’en prendre une, ce ne sera pas une Tesla. Ces voitures sont hyper-connectées, et maintenant il y a en plus la personnalité du dirigeant qui nous dérange ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Hélène pour son excellent accueil et le temps pris à nous livrer son témoignage. Un grand merci également à son frère qui l’a incitée à jouer le jeu après avoir lu notre appel à retours d’expérience sur les utilitaires.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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