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Témoignage : chez Elsass Clim, on est satisfait du Volkswagen ID. Buzz à part l'autonomie

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Le Volkswagen ID. Buzz d'Elsass Clim
Le Volkswagen ID. Buzz d'Elsass Clim

Plus que les automobilistes, les entrepreneurs qui passent à l’électrique peuvent vite être très déçus de constater à l’usage une autonomie bien loin de celle annoncée par les constructeurs. Pour Frédéric Zock, fondateur gérant d’Elsass Clim, c’est une raison qui pourrait l’amener à opter pour un fourgon électrique d’une autre marque… et pas forcément européenne.

Un utilitaire à faire se retourner les passants

Doit-on forcément voir dans les lignes du Volkswagen ID. Buzz le fameux Combi VW à succès né au début des années 1950 ? Que la réponse soit oui ou non, ce que l’on peut dire, c’est qu’il en jette sur le marché des utilitaires branchés. Au point qu’il devient très nettement et naturellement un support publicitaire ambulant pour les entreprises qui l’adoptent, puisque l’engin fait se retourner sur lui les passants. Et ce n’est certainement pas parce qu’il serait bruyant.

Révélé au monde entier de façon digitale le 9 mars 2022, c’est-à-dire il y a très exactement quatre ans ce jour où nous rédigeons le présent témoignage, il a été possible de le précommander en France dès le 23 mai suivant pour de premières livraisons en novembre. Avant la fin de cette année-là, en versions monospace ou utilitaire, 26 600 Volkswagen ID. Buzz avaient déjà été commandés, 10 800 produits et 6 000 livrés aux clients.

Si celui d’Elsass Clim n’en fait pas partie, il a toutefois été mis en circulation dans le semestre suivant, plus précisément au début de juin 2023 : « C’est un des premiers livrés dans le secteur de Strasbourg ». Maxime Fontanier venait tout juste de l’essayer.

Un premier électrique pour cette entreprise

L’entreprise Elsass Clim a été créée cinq ans plus tôt, en 2018 : « Tout en ayant l’amour de mon métier, je m’ennuyais dans la société où j’exerçais auparavant. C’est pourquoi j’ai créé la mienne qui a très vite évolué. Elle est spécialisée dans l’installation et l’entretien de systèmes de climatisation. Nous accompagnons nos clients du début jusqu’à la fin, en commençant par délivrer sur place nos devis tout en indiquant comment les travaux vont se dérouler ».

Pour Frédéric Zock et sa société Elsass Clim, le Volkswagen ID. Buzz Cargo est le premier véhicule électrique : « Il remplace un utilitaire diesel qui nous coûtait 150 euros par semaine en gazole. Ce sont les dépenses en carburant qui m’ont motivé à passer à l’électrique. J’ai fait le choix de l’ID. Buzz sans en essayer d’autres car c’était le seul à annoncer une autonomie de plus de 400 km ».

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Construit sur la plateforme modulaire MEB XL dédiée aux VE, il présente une empreinte au sol de 4,71 x 1,98 m. Pour comparaison, c’est à un centimètre près la longueur d’une Tesla Model 3. Contrairement au concept à motricité intégrale duquel il est issu, l’exemplaire exploité par l’entreprise alsacienne est animé par les roues arrière grâce à un moteur développant une puissance de 150 kW (204 ch) pour un couple de 310 Nm.

Pas plus de 230 km après une recharge de 80 %…

Sur cet ID. Buzz, l’énergie est fournie au moteur électrique par une batterie d’une capacité énergétique brute de 82 kWh, dont 77 exploitables. Elle peut être rechargée via le connecteur CCS avec une courbe capable de flirter avec les 170 kW, permettant ainsi de passer en une trentaine de minutes d’un niveau de 5 à 80 % dans le pack lithium-ion NMC (nickel manganèse cobalt). Cet utilitaire embarque un chargeur 11 kW AC en triphasé. C’est par son intermédiaire que l’engin est rechargé tous les soirs chez Elsass Clim.

Le véhicule n’est cependant pas branché sur une borne : « J’ai fait une formation d’installateur IRVE en pensant m’y mettre l’hiver pour combler un creux d’activité. Finalement, nous n’avons plus de temps pour cela. Mais j’en ai retiré qu’une borne ne me servirait à rien. Pour 250 euros de matériel, je me suis fait un câble avec un petit boîtier pour recharger à partir d’une prise industrielle en triphasé ».

Frédéric tient à préserver la bonne santé de sa batterie : « La recharge est programmée pour s’arrêter à 80 %. Ainsi, l’autonomie réelle de mon ID. Buzz est de 230 km l’été. D’ailleurs l’estimation au tableau de bord est là de 233 km. L’hiver, ça descend parfois pas mal en dessous des 200 km. On est très loin des plus de 430 km promis lors de son achat. À tel point que j’ai demandé par deux fois à Volkswagen de vérifier l’état de santé de la batterie. On m’a répondu qu’elle est bonne ».

…Insuffisant pour les grosses journées

Pour son modèle, les valeurs WLTP en cycle mixte après une recharge complète sont de 414 km l’été et 303 l’hiver. En appliquant la règle de trois, on obtient respectivement, pour une charge à 80 %, 331 et 242 km. Ce qui est effectivement pas mal éloigné de l’autonomie constatée à l’usage par le chef d’entreprise : « Dans une grosse journée, mon utilitaire peut parcourir plus de 250 km ».

Dans le détail : « Je tourne dans un rayon d’environ 30 km autour de l’entreprise, mais avec pas mal de petits déplacements pour aller dans la journée chez des clients et fournisseurs, rentrer déjeuner le midi, et me rendre en soirée chez un prospect pour établir un devis. Ce qui m’impose alors d’effectuer une recharge intermédiaire, et c’est dans ces cas sur une borne rapide où je reste juste ce qu’il faut, en général quinze à vingt minutes, pas plus ».

Les tarifs élevés aux chargeurs à haute puissance le dissuadent de rester plus longtemps. À l’usage, il a constaté qu’il ne pouvait pas se brancher partout : « Du temps du fourgon diesel, j’avais pris une carte Total. Avec l’arrivée de l’ID. Buzz, j’ai pris celle du même opérateur qui permet aussi d’accéder aux bornes de recharge. Mais le badge ne me permet pas d’accéder à toutes, et je n’ai pas envie de prendre plusieurs abonnements. Ce fonctionnement est de nature à générer un peu de stress quand j’arrive dans le rouge ».

Carte de visite de l’entreprise

La combinaison de couleurs blanc candy pour le haut et bleu moyen sous le vitrage sied parfaitement au Volkswagen ID. Buzz qui arbore le logo d’Elsass Clim : « Ainsi, avec ce bleu flashy, mon utilitaire fait partie de ma carte de visite professionnelle. Cette présentation tape-à-l’œil contribue à faire ma publicité et impressionne parfois mes clients. Certains n’hésitent pas à me dire qu’ils le trouvent beau et peuvent me poser des questions sur le modèle, principalement concernant l’autonomie ».

La réponse que Frédéric leur donne est souvent la même : « Il est super agréable à conduire, mais, pour moi, l’autonomie est un peu juste ». Est-ce que l’utilitaire branché véhicule un certain message d’éco-responsabilité auprès de la clientèle ? « Pas particulièrement. Ce que veulent les clients, c’est une bonne installation et pas chère. Le reste, ils s’en fichent plutôt ».

Le Volkswagen ID. Buzz d'Elsass Clim
Le Volkswagen ID. Buzz d'Elsass Clim

Pour répondre aux besoins de l’entreprise, l’intérieur du fourgon a été aménagé : « Il y a des petites étagères en bois avec des caisses en plastique pour recevoir les outils. Ça m’aurait arrangé qu’il soit un peu plus long, mais en 2023 il n’y avait que cette version ». Depuis, une déclinaison s’étirant sur 4,96 m a été ajoutée au catalogue, équipée d’une batterie de 91 kWh dont 86 utiles, pour une autonomie WLTP de 469 km. Avec cette nouvelle offre, la puissance du moteur est passée à 210 kW (286 ch), avec un couple maximal de 560 Nm.

Appréciation après 80 000 km

Frédéric se souvient avoir payé son Volkswagen ID. Buzz environ 60 000 euros TTC, avec quelques options : « Comme je dois régulièrement tracter une remorque chargée jusqu’à 500 kg de matériel dedans, j’ai pris l’attache rétractable. Par rapport à la version de base, mon exemplaire est équipé d’un hayon à l’arrière et d’une double porte latérale. J’avais également retenu un pack apportant des capacités supérieures d’assistance à la conduite, dont l’évitement des obstacles. Son compteur affiche déjà plus de 80 000 km en même pas trois ans de service ».

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Depuis le départ, son fourgon présente un petit problème : « Parfois, quand je veux remonter les vitres, après avoir bien commencé à se refermer, elles se mettent à redescendre. Je pense que ça doit être un problème lié au système anti-pincement. Peut-être qu’en roulant, c’est la pression de l’air qui provoque ce comportement. Chez Volkswagen, ils n’ont jamais pu me régler ce problème ».

Autre point noir : « L’usure des pneus est rapide. Ils ne tiennent pas 20 000 km. Comme l’ID. Buzz est en propulsion, ce sont ceux à l’arrière qui seraient à remplacer le plus vite, mais à chaque fois on me dit qu’il faut que je change les quatre. J’imagine que cette usure précoce est due au couple et au poids que le véhicule peut atteindre. Un jour, j’ai constaté, sur la balance, qu’avec tout le matériel que j’avais à l’intérieur, on était à trois tonnes ».

Le prochain sera à nouveau électrique

Du positif, Frédéric en a à dire aussi sur son Volkswagen ID. Buzz : « C’est un véhicule qui devient très lourd quand je tracte avec plein de matériel ou de ferraille, mais son moteur de 204 chevaux lui apporte ce qu’il faut de puissance. Sa conduite est vraiment agréable. Et plus de bruit de moteur ».

Le contexte actuel rend cet utilitaire branché encore plus désirable : « Plus besoin d’aller faire le plein en station-service. Avec le prix du gazole actuellement, l’électrique est vraiment un atout qui interpelle mes confrères ».

Aujourd’hui, le chef d’entreprise n’a pas prévu de remplacer prochainement son fourgon : « Après lui, je continuerai avec un autre électrique. J’aime beaucoup le design de l’ID. Buzz, mais pour une meilleure autonomie, je pourrais aller voir ce que proposent les autres constructeurs, y compris les Chinois ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Frédéric Zock pour sa réactivité, son excellent accueil, et le temps pris à nous livrer son témoignage que nous avons sollicité. Merci aussi à Régis de nous avoir mis sur la piste de ce sympathique professionnel alsacien.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

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Avis de l'auteur

Répondant à des scénarios très précis, les valeurs du cycle WLTP permettent d'effectuer des comparaisons d'autonomie. C'est leur principale utilité. Elles ne peuvent correspondre à tous les cas d'usage. Si elles semblent trop optimistes, de nombreux électromobilistes parviennent pourtant à les dépasser au quotidien. Souvent c'est en appliquant plus ou moins l'éco-conduite et/ou en utilisant certaines fonctionnalités des véhicules (vrai mode roues libres, palettes de régénération derrière le volant, One-Pedal, etc.). Des modèles de VE s'y prêtent plus que d'autres. Toutefois la grande majorité des utilisateurs de voitures électriques se plaignent plutôt d'autonomies nettement en retrait par rapport aux informations communiquées par les constructeurs. Et c'est là que les concessionnaires et conseilleurs commerciaux doivent clairement expliquer à leurs clients le rôle de la norme WLTP et prévenir que, selon la conduite et les conditions d'utilisation, les observations seront différentes sur le terrain. Et je dis bien "doivent", car c'est bien d'un devoir qu'il s'agit. D'ailleurs ce n'est pas une seule valeur qui devrait être transmise, mais au moins 6 : usage mixte, autoroute et ville, pour l'été et l'hiver. Ce qui est déjà dommageable pour un automobiliste particulier l'est souvent bien plus encore pour un professionnel dont les utilitaires doivent répondre à des cahiers des charges en lien direct avec l'activité de leur entreprise. Il n'est pas normal de laisser croire à un artisan qu'il pourra profiter de 400 km d'autonomie, si, en réel, il pourra à peine en faire 300. Quoi qu'il en soit, il faudrait toujours pouvoir essayer pendant plusieurs jours un VE dans son propre quotidien pour évaluer s'il répond vraiment aux besoins, quitte à s'adapter un minimum. De nombreux concessionnaires le permettent, il suffit souvent de le demander en présentant quelques arguments sincères et convaincants.

Philippe SCHWOERER

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