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Témoignage : avec sa Hyundai Ioniq 6, Damien voyage aussi vite qu'avec une voiture thermique

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La Hyundai Ioniq 6 de Damien
La Hyundai Ioniq 6 de Damien

Si la Hyundai Ioniq 6 n’a pas rencontré le succès en France sur le marché des voitures électriques, les utilisateurs qui lui sont fidèles sont en général très satisfaits de sa rapidité de recharge. Il faut cependant parfois forcer un peu les choses, comme nous l’a expliqué Damien au cours d’un très sympathique entretien.

D’abord un Hyundai Kona

Habitant dans les environs de Saumur (49), Damien n’est pas arrivé à l’électrique avec sa Hyundai Ioniq 6 : « Auparavant, nous avons eu un Hyundai Kona Electric que nous avons utilisé pendant trois ans. Le hasard a un peu précipité les choses, nous avions dans notre entourage quelques électromobilistes, l’un d’eux nous a prêté son Kona pendant une semaine. Au retour de son déplacement, on ne voulait plus le lui rendre tellement nous étions conquis. C’était début 2020, un vieux diesel nous permettait de décrocher la prime à la conversion de 6 000 euros ».

Ce qui a séduit notre lecteur lors de cet essai dans son quotidien tient en quelques mots : « Silencieuse malgré les bruits d’air, confortable, coupleuse. C’était un tout. Nous avions alors essayé une Tesla Model 3. Tout était très bien avec cette voiture, et nous avions bien apprécié tout l’écosystème de la marque qui va jusqu’aux stations de recharge : un vrai plus ! Mais, à l’époque, nous n’avions pas de centre Tesla à proximité, et passer par un humain nous aurait rassurés pour un achat de voiture. En outre, l’essai avec le vendeur ne s’était pas super bien passé ».

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Retour à la case Kona : « Au moment de signer pour en acheter un, nous ne nous étions même pas posé la question de comment le recharger. Longtemps nous avons branché notre voiture électrique sur une simple prise domestique avant de faire installer une borne 3,7 kW. On ne voyait pas l’intérêt d’en mettre une plus puissante, puisque qu’une recharge de nuit permettait de récupérer davantage d’énergie que celle consommée sur les 200 km que nous pouvions parcourir au maximum dans une journée ».

Très avantageux économiquement

En seulement trois ans, le compteur du Hyundai Kona en finition Executive de Damien s’est incrémenté de près de 100 « À l’époque je devais parcourir environ 150 km par jour pour mon travail. À l’année, mes déplacements professionnels représentaient 20 000 à 22 000 km. En ajoutant les trajets personnels, j’étais donc à plus de 30 000 km par an. C’est un peu moins aujourd’hui, même si je suis encore dans les 25 000 km ».

Avec de tels kilométrages, l’électrique devient souvent très avantageux financièrement quand on peut recharger chez soi : « Nous avons rapidement remarqué l’intérêt économique de rouler électrique, en y gagnant sur le carburant. Pour les impôts, plutôt que de rester avec la déduction forfaitaire de 10 %, nous sommes alors passés aux frais réels. Avec un VE, ils sont à calculer selon le barème kilométrique en bénéficiant d’une majoration de 20 %. On est largement gagnants ».

Le gazole était alors plus cher qu’aujourd’hui : « Pour parcourir 100 km avec le Kona, ça nous coûtait 2,50 euros d’électricité. Dans notre secteur, le litre de gazole approchait les 2 euros. Quelle voiture thermique pouvait nous permettre d’effectuer 100 km avec à peine plus d’un litre de carburant ? Le temps que nous avons eu cette voiture, nous avons connu par 3 ou 4 fois des problèmes d’approvisionnement d’essence et de gazole dans notre secteur. Quand d’autres ne pouvaient plus rouler, nous continuions de notre côté à nous déplacer sans problème ».

Envie d’une recharge très rapide

Avec l’évolution des technologies, le Hyundai Kona a pris un gros coup de vieux : « Sur les bornes très rapides, la puissance de recharge est limitée à 77 kW, avec plutôt un plateau moyen de 60-65 kW. Quand notre fille était petite, la changer et lui donner son biberon rendaient assez transparent le temps de charge. Mais, plus elle grandissait, et plus les 45 minutes de branchement à la borne se faisaient sentir et nous commencions à attendre la voiture ».

Deux défauts pointés : « En plus de son coffre relativement peu spacieux, cette faible puissance de recharge DC est vraiment le point noir du Kona. Sur certains trajets, nous avions pris l’habitude sur l’autoroute de ne pas dépasser les 110-115 km/h afin d’avoir un arrêt en moins pour la recharge. Au final, ça nous faisait gagner du temps en procédant ainsi. Nous avons tout de même voulu passer à une voiture électrique efficiente et très bien dotée en puissance aux bornes en courant continu ».

Le coffre de la Hyundai Ioniq 6 de Damien
Le coffre de la Hyundai Ioniq 6 de Damien

L’invitation d’une concession a précipité la prise de décision : « On réfléchissait de nouveau à la Tesla Model 3, et la Kia EV6 nous plaisait pas mal. Hyundai nous a invités à une journée portes ouvertes. Contrairement à Madame, je n’étais pas emballé par les lignes de la Hyundai Ioniq 6. Sur place, elle était bien mieux. Pour l’arrière, j’y vois une ancienne Saab, d’autres une Porsche 911. Par rapport au Kona, j’ai trouvé davantage d’espace à l’intérieur, et la malle à petite ouverture à la place d’un hayon ne m’a pas trop perturbé ».

Astuce : ne pas laisser le planificateur tout décider

C’est également en finition haut de gamme Executive que Damien a choisi sa Hyundai Ioniq 6 : « Au catalogue, elle était affichée à 65 000 euros. Grâce à une bonne reprise à 30 000 euros du Kona et à une remise, on nous a proposé la Ioniq 6 que nous voulions contre environ 30 000 euros à ajouter. Je pense que nous serions encore aujourd’hui avec notre ancienne voiture électrique sans cette offre que nous avons acceptée en septembre 2023 ». C’était peu avant que La Chaîne EV fasse avec ce modèle son European Electric Cannonball entre le cap Saint-Vincent au Portugal et le cap Nord en Norvège.

L’architecture du nouveau modèle change complètement la donne : « La Hyundai Ioniq 6 est bâtie sur la plateforme modulaire e-GMP, avec une batterie sous 800 V. Ce qui permet d’obtenir des puissances de recharge très élevées… à condition de bien maîtriser le planificateur qui peut se montrer un peu capricieux. Ça lui arrive de programmer une recharge trop tôt ou sur une aire d’autoroute qui n’est accessible que dans l’autre sens. Dans ce cas, on va devoir recharger plus loin ».

Ce qui signifie potentiellement perdre le bénéfice du pré-conditionnement de la batterie : « La recharge peut démarrer à 50-60 kW puis se stabiliser un peu plus tard à 110-120. Alors qu’avec le pré-conditionnement, avec – 5° C dehors, on peut atteindre les 200 kW. L’astuce est de programmer à l’avance le planificateur un peu à l’ancienne. Non pas en rentrant la destination finale, mais en donnant des étapes où recharger. Ce serait plus simple s’il y avait un déclenchement manuel possible, mais cette fonctionnalité n’est apparue qu’à partir de la version 2025 ».

Voyager loin aussi vite qu’avec une thermique

Grâce aux recharges ultrarapides, les temps de trajet diminuent : « On branche, à peine le temps d’aller aux toilettes et on peut repartir. Maintenant, c’est la voiture qui doit nous attendre. Dans une station de recharge, c’est nous les derniers arrivés et les premiers repartis : 10 minutes suffisent. Pour un trajet que nous faisons régulièrement entre les environs de Bordeaux et chez nous près de Saumur, nous ne mettons plus que 4 h 30, aussi rapidement qu’avec une thermique ».

La Hyundai Ioniq 6 de notre lecteur attire l’attention : « Il y a 3-4 ans, les bornes de recharge étaient encore des lieux où l’on discutait. C’est beaucoup moins le cas depuis que la voiture électrique se démocratise. Mais ceux qui viennent encore vers nous regardent avec de grands yeux la haute puissance de recharge qui dure un bon moment. Même des conducteurs de thermiques se montrent parfois bienveillants. Ceux bornés sur le sujet répandent de fausses informations sur la durée de vie des VE, leur recyclage, que les électromobilistes seraient esclaves de leurs voitures, etc. Alors que ce n’est pas le cas ».

En ayant gagné de l’aisance pour effectuer de grands déplacements, Damien répond désormais différemment quand on lui demande des conseils pour passer à l’électrique : « Il y a 6 ans, je disais : ‘Si tu as peur pour la recharge et l’autonomie, pars sur une Tesla !’ Maintenant que les écosystèmes ont bien évolué, à part les citadines, c’est avec la plupart des voitures électriques que l’on peut faire de longues distances sereinement. Concernant l’autonomie, je leur demande leurs besoins au quotidien et leur dis : ‘Avec une voiture comme ça, ça te fait tant de jours sans avoir à recharger ».

Attention à l’ICCU

Bien que son témoignage soit convaincant, l’électromobiliste de 36 ans voit autour de lui des personnes prendre plutôt un autre chemin : « Concernant l’électrique, dans mon entourage j’ai plutôt des gens qui se montrent frileux ou qui n’ont pas besoin de changer de véhicule actuellement. Quelques-uns ont préféré adopter une hybride rechargeable en première étape, appréciant beaucoup de rouler en mode EV ».

Au jour du recueil du témoignage de Damien, le compteur de sa Hyundai Ioniq 6 totalisait environ 53 000. Ce qui lui donne déjà un beau recul pour apprécier sa voiture électrique. La conseillerait-il à d’autres électromobilistes ? « Oui, mais à condition de bien vérifier que toutes les mises à jour ont bien été faites, notamment pour l’ICCU [NDLR : C’est l’unité de contrôle de la recharge]. C’est la grande maladie de cette plateforme. Si le module ICCU a été remplacé, fonce ! J’ai eu cette panne lorsque ma Ioniq 6 avait 18 mois et environ 30 000 km ».

C’est arrivé brutalement : « Aucun signe avant-coureur. J’emmenais ma fille un matin quand j’ai eu le message ‘Vérifier le système électrique’ et les voyants rouges se sont allumés, et la voiture a fini par se mettre en mode tortue. Il a fallu trois mois pour que la concession reçoive la pièce en raison d’un incendie dans une usine en Corée. Une fois là, ça a été vite, juste une demi-journée d’immobilisation. Comme le problème est arrivé dans les deux ans après l’achat de la voiture, l’intervention a été prise en charge par l’assistance Hyundai ».

Une concession à féliciter

Après l’épisode du changement d’ICCU, Damien a davantage encore apprécié de pouvoir rouler avec : « En voiture de courtoisie, on nous avait prêté un modèle thermique. On a bien ressenti le coût du carburant ainsi que le manque de puissance et de couple. En revanche, au niveau humain, la concession Hyundai de Saumur, du groupe Océane, a été très bien, très pro. C’est pour cela que je ne leur tiens pas rigueur de ce problème ».

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Un tel accueil a eu une influence sur notre lecteur : « Avec un concessionnaire moins proche de ses clients, nous n’aurions peut-être pas conservé notre Ioniq 6. Je sais qu’ils ne sont pas tous aussi agréables que le nôtre. Aujourd’hui je ne pense pas changer notre berline électrique, c’est une très bonne voiture. Attention tout de même si vous devez transporter de grands ados : même si l’espace à bord est très bon, la descente de toit façon coupé fait que les personnes de plus de 1,80 m auront peut-être la tête qui touche le plafond. À essayer au préalable ».

À voir aussi la compatibilité des besoins avec un coffre de type malle : « On ne peut pas mettre grand-chose dedans. Si l’on veut emporter par exemple un meuble, il faut bien réfléchir auparavant si c’est possible ou pas ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Damien pour son excellent accueil et son témoignage que nous avons sollicité.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Du témoignage de Damien, je retiens en particulier cette image : "Dans une station de recharge, c’est nous les derniers arrivés et les premiers repartis". C'est ce que j'avais effectivement constaté cet été lors de ma présence à une station Ionity d'aire de services sur autoroute. Pas de Hyundai Ioniq 6, mais des Ioniq 5 et des Kia EV6, également sous 800 V, qui ne restaient qu'une dizaine de minutes quand d'autres voitures étaient branchées parfois plus d'une demi-heure aux bornes. C'était vraiment impressionnant. Avec de tels modèles, les longs trajets peuvent être réalisés en pas (beaucoup) plus de temps qu'avec un véhicule thermique, ou avec une différence peu importante. Ce qui dépendra toujours des besoins naturels et de sécurité pour faire quelques pauses. Pour les personnes intéressées par ces modèles de véhicules électriques, ne pas négliger le problème d'ICCU. Des lecteurs en parlent sur le forum d'Automobile Propre, et j'ai glissé un lien dans l'article vers une discussion dédiée. D'ailleurs, ça devrait être un réflexe systématique avant d'acheter une voiture de s'intéresser aux retours de ceux qui utilisent déjà le modèle. Et ce n'est pas spécifique aux électriques.

Philippe SCHWOERER

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