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Passé d’une Smart diesel à une électrique en 2014, Jean-Louis a tellement été satisfait de cette voiture que sa femme et ses trois enfants ont fini par en adopter une. Une histoire qui montre toute la popularité d’un modèle arrêté trop tôt… et peut-être réhabilité dès cette année 2026.
Pour beaucoup d’amateurs utilisateurs du modèle, la Smart ForTwo est bien plus qu’une voiture. C’est d’abord un concept, mais aussi une histoire. Rappelez-vous du témoignage de Steven publié à Noël 2025. La biplace aurait dû être électrique bien plus tôt dans nos rues. Avec une histoire que l’on peut faire remonter à 1981, elle est née d’un croisement de deux idées.
C’est cette année-là que Daimler a présenté son concept Nafa. À la fin de la même décennie, Nicolas G. Hayek a cherché à reproduire avec une petite voiture sa recette à succès pour la montre Swatch dont il est l’auteur. Ces deux projets ont fusionné en 1992 avec la création de Micro Compact Car AG qui a rapidement présenté son premier prototype de voiture électrique pour deux. Mais, six ans plus tard, la Smart City-Coupé est sortie avec un moteur 3 cylindres à essence.
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Témoignage : « pourquoi suis-je privé de l’appli smartphone pour ma Smart ForTwo EQ ? »En 2006, elle a été à nouveau imaginée électrique, cette fois-ci avec une batterie Zebra sodium-chlorure de nickel, avec une petite production en série dès 2009 : « j’avais eu connaissance de ce modèle et d’une série de 200 réalisée pour rouler à Londres ». Cette série de Smart ForTwo électriques avait effectivement été annoncée à l’été 2006. Il était question d’une autonomie urbaine de 115 km, d’un couple maximal de 120 Nm (contre 80 ou 95 pour les modèles essence), et d’une puissance de 30 kW (37 ou 45 kW pour les thermiques).
En 2012, la Smart ForTwo électrique est revenue en une nouvelle génération ED adoptant la chimie lithium. Avec respectivement 478 et 509 exemplaires neufs immatriculés, la puce s’est accrochée en 2013 et 2014 à la quatrième place derrière les Renault Zoé, Nissan Leaf et Bolloré Bluecar. Dans ces chiffres, il y a celle de Jean-Louis, notre lecteur de 65 ans qui vit dans les Yvelines : « Par écologie, ça faisait un moment que je m’intéressais au VE, attendant que le marché soit mûr. J’ai acheté ma ForTwo en 2014 ».
Le gérant de société en connaît un rayon sur les électriques : « Tous les ans, je vais au salon Rétromobile, et je n’ai certainement pas loupé celui qui a mis en scène toute une rétrospective de l’automobile électrique. Plusieurs années auparavant, j’avais pu discuter avec le responsable du parc de la ville de Versailles. Il y avait là une dizaine de Peugeot 106 et Citroën Saxo électriques qu’ils ont fait durer longtemps. Ces modèles n’étaient pas vraiment tentants ».
La ForTwo n’a pas été le seul VE envisagé : « En 2013, je roulais en Smart diesel, c’était déjà un modèle très économique à l’usage. J’avais essayé la Peugeot iOn. Mais c’était en hiver, et l’autonomie n’était vraiment pas terrible. Avec ses 2,75 m, pour une stricte deux places, la Smart ForTwo présente pour moi une taille parfaite. C’est ma voiture du quotidien : je m’en sers pour mes trajets domicile/travail, soit une cinquantaine de kilomètres par jour. Aussi pour d’autres déplacements en région parisienne et à Paris ».
Aujourd’hui, le compteur de la Smart électrique de Jean-Louis affiche 214 000 km, pour presque 12 ans de service : « Quand je l’emmène à la révision, les gars sont épatés. La batterie commence à fatiguer, avec un SoH entre 75 et 80 % que je n’ai hélas jamais pu avoir par écrit. Par rapport à quand elle était neuve, j’ai perdu environ 15 km d’autonomie. Réellement, ça doit être davantage, mais avec le temps je me suis mis à conduire de plus en plus cool avec ma ForTwo ».
Et concrètement : « En été, je peux compter sur 100-110 km, mais seulement 70 en hiver. Pas par -10° C bien sûr, sinon ce serait encore moins. Cette petite autonomie est pour moi le gros point noir de cette voiture. À 90 % du temps, je suis seul dedans. À une époque, j’emmenais avec elle un de mes fils tous les jours à l’école. Il m’arrive encore d’aller à Paris avec mon épouse en utilisant ma Smart ».
À l’atelier, les mécanos n’ont pas eu souvent à intervenir : « Les plaquettes à l’avant et garnitures des tambours à l’arrière ont été remplacés une fois, à 200 000 km. En revanche, j’emmène ma ForTwo tous les ans à la révision, comme c’est préconisé. Mais c’est devenu cher, dans les 500 euros désormais, contre 200 à 300 au début. C’est Mercedes ! Comme panne, je n’ai eu qu’un commodo sur lequel j’avais peut-être trop forcé, et un condensateur de clim qui a lâché et a été remplacé contre une facture d’environ 1 000 euros ».
Équipée d’une batterie de 17,6 kWh de capacité énergétique, la Smart ForTwo de notre lecteur est principalement rechargée chez lui : « J’ai la chance d’habiter dans une maison, et de pouvoir brancher ma voiture électrique sur une prise classique. Pas besoin de borne de recharge pour un courant à environ 2 kW. Tous les matins avant de partir, la batterie est rechargée à 100 %. Alors que pour mon iPhone j’arrête à 80 % ».
Si elle pouvait parler, la citadine électrique de Jean-Louis évoquerait ses recharges sur le réseau Autolib : « Il m’est arrivé de m’y brancher avec le connecteur Type 3 quand j’allais à Paris. Là, la recharge se faisait à la puissance maximum du chargeur embarqué, soit 3,7 kW. Je retrouvais là environ 20 % d’énergie en une heure, contre seulement 10 % à la maison. Sur Autolib, on pouvait même réserver la borne à l’avance ».
À la fin de ce service, pas mal de bornes ont continué à être actives avec Belib : « J’avais un abonnement et branchais ma voiture environ deux fois par mois. À 90 %, mes recharges à l’extérieur ont bien fonctionné. En plus du côté écologique, avoir une voiture électrique m’a permis de profiter du stationnement gratuit. Au début, il fallait demander à la ville de Paris une carte valable trois ans. Maintenant la plaque d’immatriculation suffit ».
Jean-Louis se souvient bien de ses débuts avec sa Smart ForTwo ED : « En 2014, on était un peu des précurseurs de l’électrique. Entre nous, quand on se croisait dans la rue, on avait l’habitude de se saluer. En revanche, je n’ai jamais eu de remarque particulière de la part des personnes que je prenais en covoiturage. Ma voiture n’a pas de bruiteur pour les piétons, mais je n’ai jamais renversé personne. À Paris, il faut tout de même être très vigilant, avec des piétons qui marchent casque sur les oreilles ».
Notre lecteur est fidèle à ses modèles de voitures : « Pour les grands déplacements, je roule en Lexus RX 400h. J’ai revendu il y a un mois à 340 000 km celui que j’avais depuis vingt ans. Rien à signaler du côté de la batterie. J’ai racheté le même d’occasion avec seulement 60 000 km au compteur. J’avais essayé une Tesla, et loué une fois ou deux une Peugeot e-2008. Mais ça m’avait gavé, la recharge sur les longues distances ».
Quelle suite donner à la Smart ForTwo de 214 000 km ? « Ce qui pourrait être un gros problème, c’est si la batterie venait à lâcher. Quand j’ai posé la question à Revolte, ils ne savaient pas faire, et Smart me facturerait 12 000 euros le remplacement. Dans des pays de l’Est, certains ont pu changer les éléments de cette batterie, mais je ne me vois pas l’amener si loin. En cas de problème avec le pack, je pense qu’il vaudra mieux que je trouve une ForTwo plus fraîche. Mais en attendant, j’ai intérêt à utiliser la mienne jusqu’au bout ».
Notre lecteur a tellement exprimé sa satisfaction à utiliser sa Smart ForTwo que maintenant il y en a quatre dans la famille, sans compter les deux qui ont déjà été revendues : « J’aime beaucoup ma Smart électrique, et ça se sait. À un moment, on a pu se moquer de moi, mais avec le prix des carburants aujourd’hui… En 2023, ma femme en a acheté une en occasion. Son modèle mis en circulation en Allemagne en 2017 affichait 12 000 km lorsqu’elle l’a reçu. Maintenant elle en a 35 000 ».
Sur la photo en tête de l’article, on ne voit pas celle de Madame : « La mienne, c’est la blanche et verte que l’on voit au premier plan. Devant, en blanc et gris, c’était celle de mon fils Charles. Après avoir parcouru 80 000 km à son volant, il l’a revendue à 125 000 km. Lui aussi a eu un problème de clim, c’était le compresseur. Comme le devis était de 3 000 euros, il n’a jamais fait remplacer cet élément. Il a maintenant un modèle 2020 de dernière génération ».
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Smart #2 : la mise au point de la nouvelle Fortwo avanceLe nouvel exemplaire de Charles est donc une Smart ForTwo EQ, et plus une ED commercialisée de 2012 à 2018. Un peu plus devant sur la photo, une autre ForTwo également blanche et grise : « C’était celle de ma fille. Elle ne l’a pas conservée longtemps en raison d’un problème ‘d’huile de boîte de vitesses’, comme cela m’a été rapporté. La noire tout devant, c’est celle de mon autre fils Ivanhoé. Il l’a eue pour ses 18 ans, et il en a maintenant 23. Sa Smart a parcouru pendant ce temps environ 50 000 km, le compteur affiche 99 000 km ».
Mais au fait, quand Jean-Louis a acheté sa ForTwo en 2014, les batteries n’étaient-elles pas en location ? « Si, et ça coûtait 65 euros par mois. Il avait été question qu’on en devienne propriétaire au bout de dix ans. D’autres utilisateurs ont également été concernés. On se demandait si ce serait bien le cas. Effectivement, au bout de dix ans, les prélèvements ont cessé. Ce qui fait que, maintenant, la batterie qui est bien celle d’origine n’est plus garantie ».
Produite à l’usine de Hambach en Moselle, la dernière Smart ForTwo EQ est tombée des chaînes fin mars 2024. Un an plus tard, Dirk Adelmann, le patron de Smart en Europe, a promis le retour de cette voiture au catalogue de la marque. Prenant la dénomination de #2, elle devrait être révélée au monde à la fin de la présente année 2026 : « Je ne loupe aucune des informations concernant la sortie de cette future nouvelle ForTwo ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Jean-Louis pour son très bon accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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