Pollution sonore : les voitures électriques rendent-elles vraiment nos villes moins bruyantes ?

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Débarrassées du grondement d’un moteur thermique, les voitures électriques promettent des villes plus silencieuses. Mais entre le bruit des pneus, leur poids élevé et l’avertisseur sonore obligatoire à basse vitesse, leur avantage acoustique est plus limité qu’il n’y paraît… On fait le point.

En France, le « coût social » du bruit est estimé à 147,1 milliards d’euros par an, selon une étude publiée en 2021 par l’Ademe et le Conseil national du bruit. Le secteur des transports en représente 66,5 %, soit près de 98 milliards d’euros. À lui seul, le trafic routier concentre 54,8 % du coût total, loin devant le ferroviaire et l’aérien.

Et le bruit des transports n’est pas seulement une gêne du quotidien. Comme le rappelle Bon Pote, une exposition prolongée perturbe le sommeil, favorise le stress et augmente le risque de maladies cardiovasculaires. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, plus de 110 millions d’Européens sont exposés à des niveaux nocifs liés aux transports. Alors, le passage à l’électrique peut-il changer la donne dans les villes ?

Un véritable bénéfice à faible vitesse

À faible allure, pas de doute : la voiture électrique est nettement plus discrète qu’un modèle thermique. Elle ne produit ni bruit de combustion ni vibrations liées au fonctionnement d’un moteur à essence ou diesel. Des mesures présentées dans le cadre des travaux de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe font apparaître un écart de 3 à 10 dB aux vitesses urbaines, selon les conditions. C’est beaucoup !

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Les études montrent que le gain est particulièrement perceptible lors des démarrages et des accélérations. L’électrification des voitures, des bus, des utilitaires de livraison ou des bennes à ordures pourrait donc améliorer l’environnement sonore, notamment tôt le matin et durant la nuit. Le bénéfice serait en revanche moins spectaculaire dans une rue déjà très fréquentée, où les bruits de dizaines de véhicules se cumulent.

Mais les pneus posent problème…

En revanche, les avantages du moteur électrique diminuent à mesure que la vitesse augmente. Au-delà de 30 km/h, le contact entre les pneus et la chaussée devient la principale source de bruit. Sur une voie rapide, une électrique et une thermique peuvent ainsi produire des niveaux sonores assez proches. Précisons que le poids supérieur de nombreux VE ne les rend pas automatiquement plus bruyants.

En revanche, les pneus larges ou renforcés, ceux généralement installés sur les véhicules lourds et puissants, peuvent accentuer la pollution sonore. Finalement, le choix des pneumatiques, et surtout la vitesse, ont davantage d’influence que la motorisation.

Des VE trop silencieux ?

Pour les voitures électriques, cette discrétion à basse vitesse présente un revers : elles sont plus difficiles à détecter par les piétons, particulièrement par les personnes malvoyantes. Les modèles électriques et hybrides doivent donc émettre un avertissement sonore, appelé AVAS, jusqu’à environ 20 km/h ainsi qu’en marche arrière.

Mais certains constructeurs vont plus loin en diffusant à l’extérieur de faux bruits de moteur, sans aucune fonction de sécurité. Hyundai propose par exemple un univers sonore inspiré d’une sportive thermique sur sa Ioniq 5 N. On observe la même chose aux États-Unis avec la Dodge Charger Daytona qui cherche à reproduire le caractère d’un V8. Ces systèmes d’amélioration du son extérieur font l’objet de discussions à la CEE-ONU. La France, les Pays-Bas et la Suisse défendent une limitation des sons non nécessaires, alors que l’Allemagne, le Japon et l’industrie automobile réclament davantage de liberté.

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Autoriser les électriques à imiter volontairement les thermiques reviendrait pourtant à réduire l’un de leurs bénéfices les plus perceptibles en ville.

L’électrification ne réglera pas tout

Les voitures électriques peuvent donc rendre les centres-villes plus calmes, surtout lorsque la circulation est lente. Mais il faut être honnête, elles ne suffiront pas à faire disparaître la pollution sonore. Car dans une ville déjà saturée de sons, la disparition du bruit du moteur ne garantit pas une transformation si spectaculaire que cela de l’environnement sonore.

Klaxons, sirènes, chantiers, scooters, livraisons… Autant d’éléments qui continuent d’alimenter le paysage sonore urbain, quelle que soit la motorisation des voitures. Bref, pour rendre réellement les villes moins bruyantes, changer de moteur ne suffira pas : il faudra aussi ralentir la circulation, réduire le trafic et agir sur les pneus. La voiture électrique représente un levier supplémentaire, mais pas une solution miracle.

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GreenDriveil y a 26 minutes

La réponse est oui, allez vous balader dans Madrid 360 et vous verrez que c’est oui.

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