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La nouvelle stratégie de Renault fixe des objectifs ambitieux : les nouveautés seront désormais développées en deux ans seulement, et leurs coûts de production doivent baisser de 20 % ! Voici comment la marque compte y arriver.
Les vieux constructeurs européens sont clairement secoués par l’arrivée des jeunes constructeurs chinois. Pour résister, les premiers doivent changer, et vite, en s’inspirant des seconds. Quand on se souvient des voitures chinoises qui tenaient presque de la contrefaçon de nos autos, c’est un sacré retournement de situation en quelques années seulement.
Ce changement de rapport de force s’explique par le passage à la voiture électrique. La Chine a vite misé dessus et en a profité pour révolutionner son industrie automobile et lui faire prendre une sacrée avance, que ce soit sur le plan technologique ou des méthodes de production.
Elle fait donc clairement figure de référence et les marques européennes ne cachent plus la nécessité de s’en inspirer. Dans la présentation du nouveau plan stratégique « FutuREady », le groupe Renault écrit noir sur blanc dans un communiqué qu’il a « pour ambition de rivaliser avec les constructeurs automobiles chinois en termes d’innovation, de coûts et de vitesse ».
Il ajoute : « Cela implique un développement produit plus rapide, sur un cycle de deux ans. Tous les nouveaux projets du groupe sont désormais développés avec cet objectif. » De plus, Renault vise « une réduction des coûts de production de 20 % » et une baisse des coûts variables par véhicule d’environ 400 euros par an en moyenne.
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Luca de Meo a donc lancé le projet « Leap 100 », pour 100 semaines, soit même pas deux ans. Un délai devenu une norme en Chine, ce qui permet d’être plus réactif aux tendances du marché. Renault veut ainsi mieux suivre les attentes des clients mais aussi être plus en phase avec les ruptures technologiques. Auprès de nos confrères de Numerama, l’ingénieur en chef a ainsi reconnu l’erreur de conception de la Mégane électrique, proposée avec des batteries NMC, un choix fait quatre ans avant le lancement. Entre temps était arrivé le LFP.
Le premier véhicule conçu en mode « Leap 100 » est la nouvelle Twingo électrique. Et le pari a été tenu… grâce à la Chine. Renault a en effet externalisé une partie du développement de sa citadine dans un studio à Shanghai, pour apprendre des méthodes de rapidité chinoise.
La Twingo a servi d’apprentissage, maintenant le but est d’appliquer les bonnes pratiques en Europe. François Provost a ainsi tenu à rassurer ses ingénieurs du Technocentre, dont certains s’étaient offusqués de la conception en partie chinoise de la Twingo : les nouvelles Renault pour l’Europe seront imaginées en France avec des fournisseurs européens.
Pour faire plus vite, il faut faire plus simple. Le nombre de pièces composants les voitures a été réduits avec les derniers modèles, et cela va se poursuivre, l’objectif étant une baisse de 30 %. Et Renault compte sur ses fournisseurs pour trouver des solutions déjà prêtes plutôt que de lancer la conception d’une nouvelle pièce. Pour cela, le constructeur mise sur une évolution de sa relation avec eux, avec un esprit partenarial : « Ils seront associés en amont dans les projets afin de favoriser innovation, vitesse de développement et réduction des coûts. »
L’idée est aussi de partager les éléments entre les véhicules. La Twingo reprend ainsi la plateforme de la R5. D’ailleurs, la marque a un peu triché avec la suite du programme. Ses prochains véhicules électriques du segment C sont prévus pour 2028, soit dans deux ans. Mais la conception de leur plateforme était déjà évoquée fin 2023. C’est clairement l’élément le plus long à concevoir. Une fois la base prête, elle est adaptée rapidement à différents projets, imaginés ainsi en deux ans.
Pour faire plus vite, la marque s’appuie aussi sur la conception numérique et l’IA. Chaque projet s’accompagne d’un jumeau numérique du véhicule qui permet de faire des tests virtuels.
Les recettes pour faire plus vite doivent donc dans le même temps permettre de faire moins cher, avec donc cet objectif de réduire les coûts de production de 20 %. Ce qui ne touche pas uniquement le contenu du véhicule en lui-même. Renault va en effet travailler sur l’efficacité de ses usines (- 25 % de consommation énergétique) avec notamment l’appui de 350 robots humanoïdes de nouvelle génération pour les tâches pénibles ou à moindre valeur ajoutée. Les coûts logistiques doivent aussi baisser de 30 %. On note en revanche que le « gigacasting » popularisé par Tesla n’est pas encore retenu par Renault (de grands éléments de la structure sont faits d’un bloc).
Côté coûts, un autre élément important touche à l’électrification. Là, Renault se fait aussi ambitieux car il veut baisser de 40 % le coût des véhicules électriques (attention, pas le prix de vente). Le travail porte d’abord sur la batterie, avec une architecture « cell-to-body », qui demande 20 % de pièces en moins, et un accent mis sur les chimies plus abordables, à commencer par le LFP.
Faire vite et moins cher, c’est bien, mais faut-il s’inquiéter pour la qualité ? On peut se le permettre quand on voit les constructeurs chinois qui n’hésitent pas à envoyer sur les routes des modèles mal terminés, qu’ils peaufinent ensuite lors des premiers mois de commercialisation grâce aux mises à jour à distance. Renault va d’ailleurs miser sur le SDV, le véhicule définit par logiciel, qui permettra cela !
En matière de qualité, la marque explique : « avec 100 % des étapes clés de fabrication supervisées par IA – soit plus de 1 000 points de contrôle – une traçabilité sans faille, une réactivité fortement accrue face aux alertes remontées par le réseau commercial et une capacité quasi-généralisée de mise à jour à distance de ses véhicules, Renault Group se donne une nouvelle fois les moyens de réduire de moitié les incidents dès la première année d’utilisation et de diviser par trois les réclamations clients sur cinq ans ».
On se dit quand même que lorsque la marque va introduire la future génération de ses modèles électriques sur la nouvelle plateforme RGEV Medium 2.0, qui promet plein de bouleversements, comme l’architecture 800V, les premiers clients vont essuyer quelques plâtres.
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