Les planètes s'alignent pour la voiture électrique en 2024

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Voiture électrique planètes alignées
Voiture électrique planètes alignées

Les signaux positifs continuent à s’accumuler en faveur de la voiture électrique en ce début d’année.

Vous nous connaissez, notre vision optimiste de l’avenir de la voiture électrique n’a d’égale que notre passion pour le sujet, le tout assaisonné d’une pincée de mauvaise foi quand c’est nécessaire (mais c’est si rare, n’est-ce pas ?). Or en ce début d’année, nul besoin de tous ces ingrédients pour s’enthousiasmer. Nous avions déjà déblayé le terrain des prédictions pas plus tard que la semaine dernière dans notre édito précédent, donc nous n’y reviendrons pas. En tout cas pas avant le bilan que nous en ferons dans les derniers jours de 2024.

Non, ce qui nous anime aujourd’hui, c’est cette volée de bonnes nouvelles qui tombent depuis quelques jours et qui nous font dire que 2024 pourrait être une année charnière dans le secteur de la voiture électrique. La preuve par cinq, suivez le guide.

Les prix en baisse

Le premier facteur favorable est la baisse des prix des voitures électriques. Si les tarifs se sont maintenus coûte que coûte en 2023, on sent que la pression du marché incite les constructeurs, notamment européens, à lâcher du lest sur leurs prix. Il y a d’abord la crainte – justifiée ou non – de la fameuse invasion chinoise annoncée, qui crée forcément une tension à la baisse, mais aussi la concurrence entre les constructeurs qui – tels les coureurs cyclistes sur piste – s’observent fébrilement en attendant de voir qui va lancer le sprint pour lui emboîter la roue.  On a vu que Renault et Volkswagen, notamment sous la pression de Tesla et MG, commencent pratiquer des baisses significatives de prix sur leurs gammes, et que MG et Dacia, premières victimes collatérales de la nouvelle formule du bonus écologique, adaptent également leurs tarifs pour compenser.

Le million, le million !

Même si dans l’absolu cela n’a pas toujours beaucoup de sens, il est toujours intéressant de noter certains étapes symboliques qui marquent l’évolution d’un marché. Le cap du million de voitures électriques immatriculées en France fin 2023 en est certainement une. Preuve de l’explosion des ventes, le total a doublé en deux ans, puisqu’on était à 470.000 fin 2021. Et en 2017, on était à un peu moins de 100.000. Mais c’est surtout la progression observée sur cette dernière année qui est spectaculaire puisque 328.512 voitures particulières et utilitaires électriques ont été immatriculés en France, ce qui représente une hausse de 45 % par rapport à 2022. Au passage, un autre record a été battu, celui de la part des immatriculations de voiture électriques, qui a atteint 20% en novembre et décembre 2023, même si celles-ci ont probablement été boostées un peu artificiellement par l’imminence du changement de calcul du bonus écologique. Ce qui ne va pas nous empêcher d’ouvrir les paris sur le franchissement du cap des 2 millions. Allez je me mouille : fin 2025. Et 5 millions fin 2030. Faites des captures d’écrans et sonnez-moi en temps voulu si je me suis planté.

La Hollande, l’autre pays de l’électrique

Après la Norvège et la Suède, les Pays-Bas sont l’autre très bon élève de l’électrification automobile en cours. La preuve, pour la première fois, les immatriculations de voitures 100% électriques sont passées devant celles des voitures à essence. En 2023, les véhicules 100 % électriques ont représenté 30,8 % des ventes totales, soit une augmentation de 7,5 points par rapport à 2022. Les voitures à essence chutent à 30,4 % de parts de marché. Si l’on ajoute à cela le fait que le réseau de bornes de recharge aux Pays-Bas est le plus développé d’Europe (devant la France et l’Allemagne), on se dit qu’il fait bon vivre électrique au pays des moulins à vent. D’ailleurs, celles et ceux qui connaissent les petites rues bordant les canaux d’Amsterdam auront certainement déjà remarqué le nombre impressionnant de bornes et prises de recharge déjà disponibles depuis de nombreuses années en regard des étroites places de stationnement.

Le succès inattendu du leasing social

Certains en doutaient, et pourtant le dispositif semble démarrer sur les chapeaux de roues (de 18 pouces, pour l’efficience). Le leasing social, qui permet de louer une voiture électrique à 100 euros par mois, est également un facteur favorable au développement de la voiture électrique, et même s’il faut rester prudent face à l’effet de nouveauté et de curiosité, il parait pour le moment assez bien engagé. Depuis l’ouverture du site dédié à ce dispositif, il y a eu plus d’un million de connexions et 80 000 demandes de dossiers, preuve que la demande des particuliers serait bien là, ainsi que leur intérêt pour l’électromobilité. Preuve aussi qu’il y a bien en enjeu de prix, et que c’est peut-être le principal critère de choix à ce jour pour passer à l’électrique ?

L’Italie et le Brésil envoient les watts

La voiture électrique n’est pas juste un truc pour Européens et Américains du nord fortunés ou Chinois subventionnés. D’autres pays cherchent à s’y mettre sérieusement et à développer leur marché local. C’est le cas du Brésil et de l’Italie, mais d’autres suivront à n’en pas douter. Côté transalpin, l’Italie envisage d’investir 930 millions d’euros dans un programme pour renouveler son parc automobile. Le pays veut aider les ménages modestes à passer à l’électrique. Georgia Meloni promet un bonus de 13 750 euros pour les personnes dont le revenu annuel est inférieur à 30 000 euros. Au Brésil, le gouvernement tente de faire redémarrer son industrie automobile et mise pour cela sur l’électrique. Le président Lula da Silva cherche à restructurer le marché autour de l’électrique avec des aides gouvernementales et des crédits d’impôts pour les constructeurs.

Autant de nouvelles qui devraient mettre de bonne humeur tous les électromobilistes, mais aussi les autres, qui profiteront des effets positifs de cette accélération du secteur, avec notamment des villes moins polluées et moins bruyantes. Certes la route est encore longue, mais le simple fait de savoir que ces informations plutôt positives viennent contrarier les arguties des adeptes du VE-bashing est une petite satisfaction en soi. Non ?

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Jean-Charles Pikettyil y a 2 ans

Si l’on applique chaque année l’augmentation minimale des immatriculations observée ces dernières années (27 %) , ce qui serait pessimiste alors que la dernière augmentation était de 45 %, alors on obtiendrait un parc (VE + VUL) de 1,834 millions fin 2025 et 7 millions fin 2030.


Ainsi, si l’on atteint 2 millions fin 2025, alors on peut espérer dépasser les 7 millions fin 2030.


Ensuite, fin 2030, si l’on a atteint 7 millions en 20 ans, il ne restera alors que 20 ans jusqu’en 2050 pour avoir les 38 millions manquants pour atteindre 100 % de véhicules électriques, ce qui est l’objectif climatique impératif.

Il faut se remettre en question et changer de braquet, la transformation des constructeurs français devrait dès maintenant s’engager très fermement pour créer le « VE pour tous et pour tous les usages ».

Jean-Charles Pikettyil y a 2 ans

OK, l’article ne parle que des immatriculations sans jamais citer le mot « PARC » ; donc maintenant je comprends mieux, dans la phrase « le total a doublé en deux ans, puisqu’on était à 470.000 fin 2021 » , ce total représente le total du PARC électrique (VP + VUL) en circulation fin 2021 qui est égal sur le site du gouvernement à 403.426 (VP) + 59.115 (VUL) = 462.541. Une petite différence donc, mais c’est cohérent.

rapatoulil y a 2 ans

Les propriétaires de VE rechargent la nuit aux heures creuses quand le parc de centrales fonctionne au ralenti.
En 2035, seul une minorité du parc automobile aura été électrifié. Il y aura encore une grosse majorité de véhicules thermiques sur les routes en 2035.
Panneaux solaires, centrales nucléaires, et évolution des usages; plus de transport pédestre et vélo, et moins de voiture.

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