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La technologie chinoise s’impose sur la scène internationale. Mais question design, c’est plutôt la lassitude qui s’installe à force de découvrir sans cesse les mêmes voitures. C’est le grand retour en force du syndrome de la copie chinoise.
Conduite autonome, charge ultra-rapide, multiplication des écrans, sièges grand confort aux multiples réglages et fonctions, suspensions actives, commandes vocales avancées… Les nouveautés dévoilées au salon de Pékin forcent le respect. A minima d’un strict point de vue de la technologie et de la réalisation.
D’autant que dans un contexte de concurrence exacerbée, chaque constructeur essaye d’apporter un petit truc en plus. Ce qui donne naissance à des fonctions parfois farfelues. Citons les propulseurs de jetski du SUV Jetour capable de traverser une rivière. D’autres sont plutôt bien vues comme les vitres latérales électrochromatiques du Xpeng GX ou l’ouverture par commande vocale du hayon, toujours sur le GX.
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Xpeng lance une copie du Range RoverMais une fois passé l’effet waouh de ces différentes fonctions, le constat est plutôt celui d’une certaine lassitude. Toutes ces autos se ressemblent terriblement. Au détour d’un stand, on découvre un énième Range Rover, Rolls-Royce Cullinan, LI Auto L8 ou une des multiples Porsche Taycan ou Panamera. La couleur diffère, ainsi que le logo.
Après quelques années d’efforts, le réflexe de la copie semble à nouveau frapper les constructeurs chinois. Naguère, ils copiaient les modèles européens de référence. Mais la référence originale parait à présent presque effacée sur un marché désormais dominé par les constructeurs nationaux. Les constructeurs chinois copient d’autres constructeurs chinois. C’est bien simple, dès qu’un modèle connaît le succès, il est immédiatement copié par ses concurrents, dont la réactivité n’est plus à prouver. Parfois même sans aucune logique de gamme ou de marque.
Quand SAIC lance une copie de Porsche Taycan avec sa Z7, il ne vise pas la référence allemande, mais bien la Xiaomi SU7. Quand Exeed imite le Rolls-Royce Cullinan, il n’a pas le prestigieux SUV britannique en tête, mais le Zeekr 9X. D’ailleurs son modèle se nomme X9… Et que dire de tous ces franchisseurs. Pour nous autres européens, on y voit un savant mélange de Bronco, Defender, Land Cruiser ou Wrangler (avec une nette préférence pour les deux premiers). Pour le client chinois, ils évoquent en réalité la BJ212 (Jeep chinoise) ou les Tank de GWM.
Ci-dessous, quelques photos montrant une série de grands SUV familiaux, tous inspirés par LI Auto… Ils partagent jusqu’à leur offre de peinture bicolore ou leur nom qui comporte systématiquement le chiffre 9.
Et ce n’est pas en regardant dans le détail que l’on fera la différence : même disposition des écrans, même ergonomie sur ces derniers, commandes autour du volant ou boutons d’ouverture de vitres ou de portes, espace réfrigéré dans l’accoudoir, tablettes au dos des sièges, sièges… Tout semble être standardisé, jusqu’aux matériaux et aux coloris. Et ce n’est pas l’identité de marque quasi inexistante qui permettra de différencier les modèles.
Dans ce contexte, les stratégies des constructeurs non-chinois divergent. Sur le salon, quasiment tous tentent de tirer parti de leur histoire en exposant des véhicules de collection. Néanmoins, certains ont fait le pari de l’intégration complète dans ce maelström en déclinant à leur tour le portrait-robot du véhicule chinois. C’est le cas de Nissan, Buick, JLR avec Freelander, Toyota, Volkswagen, Audi, Mazda.
D’autres ont choisi de défendre leur identité. C’est en particulier le cas de BMW, Mercedes ou Hyundai. Des technologies chinoises certes, mais un style qui reste distinctif. Car hors de Chine, cette identité, ces racines et cette proximité avec le client seront sans doute des facteurs décisifs dans la lutte contre ces multiples marques qui conçoivent des autos comme on conçoit un frigo…
On ne comprend guère comment le client chinois s’y retrouve dans cette masse et comment il fait son choix. Mais en Europe, il est certain que le lien émotionnel et affectif reste présent. Même la fameuse Madame Michu peut choisir sa voiture sur un simple coup de cœur.
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