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Le 12 septembre 2025, la présidente de la Commission européenne a rencontré les principaux acteurs de l’industrie automobile du Vieux continent. Une rencontre au cours de laquelle Ursula von der Leyen a confirmé la position de l’Europe au sujet de la fin du thermique en 2035. Du moins pour l’instant.
Le rendez-vous de Bruxelles, organisé dans le cadre du « dialogue stratégique » sur l’avenir de l’automobile, avait valeur de test politique pour les autorités européennes. En ne remettant pas en cause la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, Ursula von der Leyen a envoyé un message clair au monde entier : malgré les pressions de l’industrie, l’Europe ne compte pas pour l’instant infléchir son calendrier climatique.
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Fin du thermique en 2035 : un objectif pas réaliste selon le patron de StellantisLes constructeurs européens étaient pourtant venus avec des demandes précises. Face à la morosité du marché, à une demande sur l’électrique plus faible que prévu et à la montée en puissance des marques chinoises, ils espéraient obtenir un assouplissement. Mais la Commission est restée ferme. « Quoi qu’il arrive, l’avenir est électrique ». Cette phrase, entendue dans les couloirs du sommet, résume bien la position de Bruxelles.
Heureusement, certains dirigeants du secteur partagent encore cette conviction. Le patron d’Audi a notamment rappelé que, pour réduire les émissions de CO₂ à court terme, « aucune technologie n’est aujourd’hui plus crédible que la voiture électrique ». Michiel Langezaal, à la tête du réseau de bornes Fastned, estime que l’industrie doit changer de culture et affronter la transition comme une opportunité plutôt qu’une contrainte.
Rappelons tout de même que le défi reste immense. La part de marché des voitures électriques avoisine actuellement les 15 % en Europe. Un chiffre en progression mais encore insuffisant pour basculer vers une adoption massive. Sigrid de Vries, directrice générale de l’ACEA, le lobby automobile européen, milite pour un assouplissement des règles. Elle réclame un « soutien plus cohérent des gouvernements ».
L’Association des constructeurs automobiles européens estime qu’il est « urgent de prendre des mesures concrètes pour adapter le cadre politique en matière de CO2 pour les voitures et les utilitaires à la réalité ». M. Källenius, président de l’ACEA et patron de Mercedes, se dit optimiste « quant à l’élargissement de l’éventail des solutions possibles » et « convaincu que le travail des prochains mois portera ses fruits ».
Premier geste de la Commission européenne : la révision du calendrier des normes CO2 initialement prévu pour 2026. La clause de revoyure sera étudiée plus vite que prévu. Si l’objectif de 2035 n’est pour le moment pas remis en cause, on comprend qu’une certaine souplesse pourrait, à terme, être accordée aux constructeurs. L’Europe va aussi accroître son soutien à la filière des batteries.
L’ACEA a donc salué un « dialogue constructif » avec Bruxelles. Une nouvelle réunion a d’ores et déjà été programmée en décembre 2025.
En toile de fond, l’enjeu est hautement stratégique. Le secteur automobile représente environ 7 % du PIB de l’Union et plus de 13 millions d’emplois. Il est donc bel et bien question de la souveraineté industrielle européenne. Alors que la Chine fait tout pour aider ses constructeurs dans cette course à l’électrique, l’Europe doit trouver le moyen de rester compétitive tout en respectant ses ambitions climatiques.
Si Bruxelles maintient la ligne du « tout-électrique », c’est aussi pour des raisons politiques. Reculer sur 2035 fragiliserait la crédibilité des objectifs de neutralité carbone annoncés pour 2050. Mais les mois à venir seront décisifs. La réussite de la transition électrique ne se jouera pas seulement dans les discours, mais aussi dans la capacité de l’Europe à donner les moyens à l’industrie d’opérer ce changement et à convaincre ses citoyens.
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Xpeng fondé en 2016 et parmi les meilleurs VE actuels. Ils l'ont fait en 10 ans. Il reste 10 ans avant 2035, alors avec de la bonne volonté c'est plus que possible de se passer des véhicules thermiques.
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Je vais abonder dans le sens des précédents commentaires. Ce qu’il faut avant toute autre mesure ce sont des bornes lentes fiables, faciles d’usage, dans toutes les rues de toutes les villes, à des tarifs bas et clairement affichés… on peut même imaginer des bornes vraiment pas chères qui ne chargeront qu’en heures bas carbone (elles sont nombreuses)… et pourquoi pas, soyons fous, qu’elles soient toutes bidirectionnelles.
Quand je vois qu’à l’heure où j’écris ces lignes, le prix spot de l’électricité est négatif… je me dis qu’il y a grand besoin
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Quand les chinois ont vu qu'ils ne rattraperaient pas leur retard sur les motorisations thermiques, ils se sont lancé sur l'électrique et en quelques années seulement ils sont quasiment devenus les meilleurs.
Qu'on ne vienne pas nous dire que des constructeurs occidentaux centenaires qui se gargarisent d'un savoir-faire unique, d'une expérience incroyable, qui nous vendent à longueur d'année par la publicité leur formidable technologie, seraient incapables de réussir à tenir les objectifs de 2035.
Ce n'est que de l'enfumage !
Ils sont aussi bons que les asiatiques et d'ailleurs ce sont eux qui ont formé, qui ont apporté leur technologie aux asiatiques en délocalisant leurs productions là-bas.
Ils ne veulent tout simplement pas se conformer aux objectifs car il y a encore bien trop à gagner en vendant des usines à gaz thermiques.
Il faut que l'UE tienne bon !
Il en va de l'avenir de notre planète mais il en va également de l'avenir de notre industrie automobile qui se fera dévorer si elle accuse trop de retard.
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