L'Europe met (enfin) les moyens pour soutenir la production de batteries

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C’est fait ! La Commission européenne vient officiellement de lancer le dispositif « Battery Booster ». Avec une enveloppe de 1,5 milliard d’euros, ce programme doit permettre de soutenir la production de cellules de batterie en Europe. Comment ? En accordant des prêts sans intérêt aux entreprises du secteur.

Une enveloppe de 1,5 milliard d’euros

La filière européenne des batteries fait face à des défis immenses. Savoir produire des cellules en Europe ne suffit pas… Encore faut-il parvenir à faire tourner les usines à pleine capacité sans épuiser la trésorerie. C’est précisément cette montée en cadence que la Commission européenne cherche à soutenir avec le dispositif « Battery Booster ».

L’idée d’un soutien renforcé n’est pas nouvelle. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, avait dévoilé les premières orientations de ce programme en mars 2025 dans le cadre du plan d’action européen pour l’industrie automobile. Quelques mois plus tard, la Commission avait annoncé une enveloppe globale de 1,8 milliard d’euros.

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Le mécanisme lancé le 9 juin 2026 portera finalement sur 1,5 milliard d’euros. Les 300 millions restants seront consacrés à d’autres projets, notamment dans le domaine des matières premières nécessaires à la fabrication des batteries.

Précisons au passage que les fonds ne proviendront pas du budget traditionnel de l’Union européenne. Ils seront issus des recettes du marché européen du carbone, alimenté par l’achat de quotas d’émission par les entreprises concernées. Bruxelles entend ainsi réinvestir une partie du coût des émissions de CO2 dans la décarbonation de l’industrie et le développement de capacités de production stratégiques. La boucle est bouclée !

Accompagner la montée en cadence

Ce nouveau programme doit permettre aux entreprises spécialisées dans la fabrication de cellules pour batterie de contracter des prêts sans intérêt. Bruxelles cherche à les accompagner dans une phase critique de leur existence, dans une période située entre l’achèvement du site industriel et l’atteinte d’une production de masse stable.

Dans ce laps de temps, les fabricants doivent ajuster leurs procédés, améliorer la qualité des cellules et réduire le nombre de produits défectueux… Des taux de rebut élevés peuvent rapidement dégrader les comptes et retarder l’arrivée à la rentabilité. On l’a vu récemment avec ACC et Verkor, deux entreprises qui produisent en France et qui accusent du retard.

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Toutes les entreprises ne pourront donc pas prétendre à ces financements. Les projets devront déjà être entrés dans leur phase de montée en puissance et viser une capacité annuelle d’au moins 10 GWh (ce qui permet en théorie d’équiper 200 000 voitures électriques). Autre restriction importante : seule la première usine industrielle d’un fabricant pourra être soutenue. Les groupes qui exploitent déjà un site de production à grande échelle ne pourront pas solliciter ces prêts pour financer une usine supplémentaire.

En France, ACC et Verkor pourraient correspondre aux critères annoncés. PowerCo, la filiale batteries de Volkswagen, figure également parmi les candidats potentiels.

ACC, Verkor et PowerCo pressentis

À travers ces conditions strictes, Bruxelles cherche à tirer les leçons de l’échec de Northvolt. Le fabricant suédois n’était pas parvenu à stabiliser suffisamment vite sa production ni à maîtriser ses taux de rebut. Avec le « Battery Booster », l’Europe tente de sécuriser cette phase critique. Chaque entreprise pourra recevoir jusqu’à 500 millions d’euros. Dans l’hypothèse d’un financement maximal, l’enveloppe totale permettrait d’accompagner seulement trois projets. L’appel à propositions sera publié fin 2026.

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