En France, plus d’une voiture neuve sur deux est désormais frappée par un malus

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Le malus automobile fait de plus en plus mal en France. Lors du premier trimestre 2026, 202 146 voitures particulières ont été directement impactées. Cela représente 50,3 % de l’ensemble des immatriculations entre janvier et mars. Alors, quels sont les modèles les plus concernés ? On fait le point.

Le malus automobile regroupe aujourd’hui deux taxes distinctes, celle sur le CO2 et celle sur le poids. Ces deux dispositifs peuvent se cumuler et viennent s’ajouter au prix d’achat du véhicule au moment de l’immatriculation. Certaines exonérations existent toutefois pour les véhicules 100 % électriques, les familles nombreuses ou certains véhicules adaptés.

50,3 % des voitures sont concernées

D’après les estimations de Dataneo, les recettes liées aux malus CO2 et malus au poids devraient atteindre 971,3 millions d’euros sur l’ensemble de l’année 2026, sur le seul périmètre des voitures particulières neuves (hors véhicules utilitaires). Sur les trois premiers mois de l’année, le montant s’élève déjà à 231,1 millions d’euros. Après 644,1 millions d’euros en 2023 et 635,2 millions en 2024, les recettes étaient déjà estimées à 867,6 millions d’euros en 2025. Pour 2026, la hausse attendue serait encore de 12 %.

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Cette progression s’explique par l’élargissement du nombre de véhicules concernés. Au premier trimestre 2026, 202 146 voitures particulières neuves ont été soumises à un malus, soit 50,3 % du marché. En 2025, la proportion était déjà élevée, à 48,5 %, pour 792 379 véhicules concernés sur l’année.

Le franchissement du seuil symbolique de la moitié du marché montre le durcissement progressif du dispositif, dont les grilles et les abattements reposent sur les dispositions votées dans le budget 2026. Le niveau peut surprendre dans un marché de plus en plus électrifié, mais le malus CO2 commence à 108 g/km en 2026 ! Une Dacia Sandero n’y échappe plus, tout comme des modèles hybrides familiaux. Le malus au poids fait pour sa part des dégâts chez les hybrides rechargeables, l’abattement n’étant plus suffisant pour éviter la taxe.

Et ce n’est pas tout. Avec des grilles plus sévères, le montant moyen payé par les véhicules touchés augmente également. Toujours selon Dataneo, il atteint 1 143 euros au premier trimestre 2026, contre 1 095 euros sur l’ensemble de l’année 2025. Si cette hausse moyenne semble contenue, il faut tout de même imaginer qu’elle vient s’ajouter à des prix catalogue déjà élevés…

Le Peugeot 5008, plus gros contributeur

Le Peugeot 5008 arrive en tête du classement des modèles les plus touchés avec 7,92 millions d’euros de malus estimés sur le trimestre, pour 5 058 unités concernées. Il devance le Mercedes GLA, (6,41 millions d’euros) et le Volkswagen Tiguan (6,18 millions). Les Mercedes GLC, Audi Q3 et BMW X3 figurent également parmi les modèles les plus exposés. Des véhicules plus diffusés auprès du grand public apparaissent aussi dans le top 10 : Peugeot 3008, Citroën C3, Dacia Sandero ou encore le Citroën C5 Aircross.

ModèlesVolume (T1 2026)Montant du malus (T1 2026)
Peugeot 50085 0587,92 millions €
Mercedes GLA1 7936,41 millions €
Volkswagen Tiguan2 6896,18 millions €
Mercedes GLC5996,07 millions €
Audi Q31 9865,77 millions €
BMW X37235,56 millions €
Peugeot 30089 2425,49 millions €
Citroën C314 9925,27 millions €
Dacia Sandero13 6335 millions €
Citroën C5 Aircross6 3964,67 millions €

BMW et Mercedes, deux marques (très) exposées

Par marque, BMW et Mercedes concentrent chacun 11,9 % des contributions estimées, avec 27,5 millions d’euros de contributions aux recettes chacun au premier trimestre 2026. Volkswagen suit avec 9,4 %, devant Peugeot, Audi, Citroën, Renault, Mini, Dacia et Land Rover. Le classement montre que le malus touche à la fois les constructeurs premium et les marques généralistes, dès lors que les volumes de vente sont importants ou que les modèles affichent des niveaux d’émissions et de masse défavorables.

Bref, le malus n’est plus un sujet marginal réservé à quelques modèles très puissants. Il devient un paramètre central du marché automobile français. Et il semble désormais susceptible d’influencer le choix d’un moteur ou d’un gabarit. Pour les constructeurs, tout l’enjeu consiste désormais à limiter l’exposition fiscale de leurs gammes…

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