AccueilArticlesCybercab : pourquoi Tesla se retrouve dans une bataille juridique avec une entreprise française

Cybercab : pourquoi Tesla se retrouve dans une bataille juridique avec une entreprise française

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C’est officiel, Tesla engage des poursuites juridiques à l’encontre d’Unibev, une entreprise française qui utilise la marque « Cybercab », le nom choisi par la firme d’Austin pour son taxi autonome. Le constructeur américain affirme que ce dépôt n’est rien d’autre qu’une « opération classique de squattage de marque ».

Selon un document de 167 pages déposé le 18 février 2026 auprès de l’office américain des marques (USPTO), Tesla conteste l’enregistrement du nom « Cybercab » déposé par Unibev, une société française spécialisée dans la distribution de boissons. Le constructeur évoque cinq griefs dont la fraude, la mauvaise foi et la dilution de marque.

Une manœuvre opportuniste de la part du Français ?

Dans son argumentaire, Tesla estime qu’Unibev ne pouvait ignorer l’existence du projet de taxi autonome dévoilé lors de l’événement du 10 octobre 2024. L’entreprise d’Elon Musk considère que la déclaration faite par Unibev, selon laquelle aucune autre société n’exploitait les termes « cyber » et « cab » dans un contexte automobile, est inexacte. Le constructeur y voit une manœuvre opportuniste visant à réserver un nom déjà associé, au moins dans l’opinion publique, à son futur véhicule sans volant.

Le calendrier complique toutefois l’affaire. Unibev a enregistré la marque « Cybercab » en France au printemps 2024, soit avant la présentation officielle du prototype par Tesla. La société a ensuite étendu sa demande aux États-Unis, quelques jours après la révélation du véhicule, mais avant que Tesla ne finalise son propre dépôt. Il se trouve qu’en matière de propriété intellectuelle, l’ordre chronologique des faits peut s’avérer déterminant. Et cela vaut aussi dans un contexte international comme celui-ci.

Cybertruck, Cybercab, Cybervan…

Tesla fonde également sa défense sur la cohérence de sa gamme « Cyber », déjà incarnée par son pick-up, le Cybertruck. L’entreprise texane soutient que l’usage du terme « Cybercab » par un tiers créerait un risque de confusion auprès du public et affaiblirait la valeur de ses marques existantes. Elle rappelle que d’autres tentatives d’enregistrement de noms commençant par « Cyber » ont déjà été rejetées par l’administration américaine en raison de leur proximité avec ses propres appellations.

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Ce bras de fer s’intensifie alors que Tesla accélère la production de son taxi autonome au sein de Giga Texas. Les premiers exemplaires de présérie sont sortis des lignes d’assemblage à la mi-février. Une montée en cadence est annoncée dans les prochains mois. Produire un véhicule dont le nom fait l’objet d’un contentieux juridique expose évidemment le constructeur à une incertitude commerciale non négligeable. Tesla a donc décidé de mettre le paquet pour se débarrasser au plus vite de ce problème.

Reste l’hypothèse d’un règlement à l’amiable. Dans ce type de litige, un accord financier permettant le rachat des droits constitue souvent l’issue la plus rapide. C’est certainement ce que cherche le Français Unibev. On peut tout de même se demander pourquoi les équipes de Tesla n’ont pas anticipé le dépôt de la marque en amont de la présentation du 10 octobre 2024 afin d’en sécuriser juridiquement l’usage. Pour Tesla comme pour Unibev, l’enjeu dépasse désormais la simple querelle sémantique…

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