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Sont-ce les commerciaux des marques automobiles qui sont les plus convaincants pour faire avancer les voitures et utilitaires électriques ? Pas vraiment ! Ce sont d’autres catégories de professionnels qui investissent silencieusement le terrain petit à petit. Ça se remarque nettement dans les témoignages publiés sur Automobile Propre.
Ils sont forts ces commerciaux pour vous persuader de choisir cette monture de lunettes « qui vous va si bien aux yeux », ce compte épargne à ce moment précis « parce que c’est dans votre intérêt », ces produits de beauté « parfaitement adaptés à votre visage » et « cette voiture qui bénéficie d’un prix canon en LOA alors que c’est la meilleure de sa catégorie » ! Mais quand il s’agit d’une voiture électrique, bien trop de conseillers chez les concessionnaires des marques généralistes sont les pires pour en encourager l’achat. Leur langage est encore trop souvent dans le découragement plus ou moins subtil et pas toujours très honnête, s’appuyant à l’occasion sur les fake news ou d’anciennes réalités dépassées mais bien ancrées dans les mémoires. « Je vous déconseille de prendre une voiture électrique, parce que » :
Heureusement, ce n’est pas systématique, et d’une concession à l’autre l’accueil pourra être très différent. Pourtant plusieurs grandes marques parmi les plus anciennes sont coutumières de cet état d’esprit. Est-ce l’esprit maison ? Est-ce la perspective d’un manque à gagner pour la marque, la concession et le conseiller ? C’est encore plus flagrant si vous vous pointez au garage avec les chiffres promis dans les publicités les plus alléchantes ou votre éligibilité au leasing social. Là on vous dit que ce n’est pas possible ou qu’il faut rajouter des frais de ceci et des options pour cela… Et au final on en arrive à des loyers plus élevés que ceux pratiqués normalement il y a encore peu par Mini et BMW pour leurs voitures électriques d’entrée de gamme.
Chez les marques qui ne font que de l’électrique, on s’attend a contrario à un discours très motivant. On s’aperçoit qu’il peut aussi être… bizarre. Comme ce passage dans un communiqué de presse de Tesla pour l’ouverture du point éphémère de La Défense : « Sur place, les clients pourront échanger avec nos équipes afin d’en apprendre plus sur notre mission de construire un monde d’abondance extraordinaire en découvrant nos véhicules et notre écosystème ». Je ne sais pas comment vous entendez cela chers lecteurs, mais j’ai de suite pensé au langage employé dans les sectes. Quoi qu’il vende, si un commercial me reçoit un jour comme ça, je sors immédiatement de sa boutique. Ce que j’attends d’un vendeur de voitures, c’est qu’il me propose un modèle en rapport avec ce que je demande et m’explique comment bien l’utiliser. Et si je veux une électrique, je prendrai d’autant plus au sérieux le conseiller si lui-même roule en VE et s’en montre satisfait. Si c’était le cas de façon bien visible pour tous les commerciaux de l’automobile, vous imaginez un peu la force de conversion par l’exemple ! Mais c’est très loin d’être le cas.
Les électriques ont suscité parmi leurs passionnés l’envie de devenir VTC ou taxi. Avec eux, on a eu très tôt de premiers vrais ambassadeurs des VE. Beaucoup d’entre eux ont été nourris dans leur vocation par l’admiration qu’ils ressentaient pour l’aventure Tesla. Pendant la durée de la course, chaque client transporté dans une Model S et plus tard dans d’autres électriques a pu percevoir la satisfaction de ces conducteurs. Ces pros ont maintenant été rejoints par ceux poussés par leur employeur ou leur plateforme à prendre une VE, et par les indépendants qui ont surtout vu une bonne opportunité de faire de grosses économies sur les frais de carburant et d’entretien. Qu’importe finalement, puisque de plus en plus de personnes transportées peuvent découvrir l’électrique dans son confort d’usage.
Les VE sont-elles devenues banales chez ces professionnels ? Oui et non ! Oui car elles ne sont plus utilisées uniquement par les passionnés en France, mais non car elles sont très loin d’être majoritaires chez les VTC et taxis. Applicable à ces entreprises quand elles disposent d’une flotte de plus de 100 véhicules, la trajectoire d’équipement en modèles à faibles émissions en vigueur avec le décret 2021-1600 est assez timide encore, avec un taux de 20 % pour l’année prochaine et 35 % en 2029. Ce n’est plus là, ou plus seulement là que l’on trouve les meilleurs ambassadeurs des VE.
Généralistes ou spécialisées, les marques pionnières en voitures électriques ont très vite proposé les services d’entreprises locales pour l’installation de bornes de recharge chez les automobilistes particuliers. Dix ou douze ans en arrière, c’était généralement de grandes sociétés référencées pour leurs compétences dans les travaux électriques. Pendant des années, l’installateur recommandé arrivait chez le client avec un fourgon diesel. A part les fourgonnettes de type Renault Kangoo ou Peugeot Partner, il n’y avait pas beaucoup d’utilitaires électriques en 2014. Ce qui aurait pu excuser ces grandes sociétés si une très importante partie de leurs personnels ne se montraient pas négative envers les véhicules électriques.
Les installateurs ne se sentaient pas concernés par les VE, et même beaucoup trouvaient dans leur expérience des travaux généraux d’électricité des raisons pour ne pas avoir d’électrique dans leurs flottes. Cette situation n’était donc pas franchement idéale pour convaincre le grand public à passer à une autre mobilité. Déjà qu’il fallait combattre la peur de l’inconnu et ne pas céder aux lanceurs d’alertes n’ayant comme seule expérience du VE que celle de n’être jamais montés dedans. Si les installateurs spécialisés ne prenaient pas au sérieux les VE, pourquoi faire appel à eux pour monter une borne ou une prise renforcée ? Cette attitude a très certainement convaincu de nouveaux électromobilistes à se contenter de prises classiques pour la recharge.
La situation a toutefois bien évolué en douze ans. Comme pour les taxis et VTC, des passionnés des véhicules électriques sont devenus installateurs en IRVE (Infrastructures de recharge pour véhicules électriques). Certains travaillaient déjà dans l’électricité et d’autres pas du tout. De façon spontanée ou à l’occasion d’un accident subi en plein parcours professionnel, une formation qualifiante a été leur ouverture. Indépendants et souvent seuls dans l’entreprise qu’ils ont créée, ils sont le plus souvent basés à leur domicile contrairement aux e-garagistes qui ont besoin d’un pont pour descendre les batteries. De plus en plus de concessions font la promotion de leurs services.
Pour les nouveaux utilisateurs de véhicules électriques, choisir un professionnel qui roule en VE est un choix logique. Le fourgon prouve que le professionnel s’y connaît et s’ajoute à ses chantiers réalisés puisqu’il n’utilise certainement pas une simple prise domestique pour recharger au quotidien son VE. On lit d’ailleurs souvent dans les témoignages de ces installateurs sur Automobile Propre qu’ils n’ont pas besoin de faire de la publicité pour décrocher de nouveaux chantiers, le bouche-à-oreille suffisant en général.
Cette génération d’installateurs indépendants prend du poids auprès des constructeurs car elle a les exigences de ses connaissances et de ses besoins. Ces pros veulent le V2L pour les outils électriques nécessaires à l’installation d’une borne, le 800 V pour recharger rapidement, de l’autonomie et de l’efficience pour rejoindre des chantiers éloignés, une capacité de remorquage et des modèles allongés pour embarquer du matériel, pas trop de hauteur pour accéder facilement partout et ne pas être sanctionnés aux péages autoroutiers. Pour ces électriciens qui interviennent souvent quand les clients particuliers n’ont pas encore reçu leur voiture électrique, le fourgon sert à tester la borne nouvellement installée et à montrer comment on s’en sert. Ces professionnels sont donc parmi les plus exigeants en matière de VE.
En plus des fourgons des sociétés de livraison, ce sont ceux des installateurs de bornes de recharge que l’on commence à voir branchés à des bornes rapides sur les axes principaux. Ils figurent parmi les professionnels qui méritent le plus le titre d’ambassadeur du VE, n’hésitant pas à donner des conseils sur les modèles à privilégier et pour en tirer le meilleur. Mais au fait, n’est-ce pas là ce qu’on attend d’un vendeur de voitures électriques !?
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