Bornes de recharge : la France est largement en avance sur les objectifs européens, mais...

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Dans le domaine des infrastructures de recharge, la France fait figure de bon élève. Une récente étude montre que notre pays fait partie de ceux qui dépassent déjà les objectifs fixés par l’Union européenne. C’est évidemment positif, mais il y a un mais !

Bientôt 200 000 points de charge en France

Avec 197 663 points de recharge ouverts au public au 30 juin 2026, la France dispose déjà de l’un des réseaux les plus développés d’Europe. Selon une récente étude publiée par l’ONG Transport & Environment, la France atteint largement les exigences fixées par le règlement européen AFIR.

Notre pays dépasse notamment de 140 % l’objectif de puissance fixé par l’Union européenne et a déjà réalisé 87 % du maillage attendu pour 2030 sur les grands axes (contre 79 % pour la moyenne européenne). Pour rappel, cet objectif prévoit la présence de bornes de recharge rapide (150 kW ou plus) au minimum tous les 60 km sur les principaux axes faisant partie du réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Ce qui reste finalement un objectif assez simple quand on voit le nombre d’axes concernés en France (carte ci-dessous).

En Europe, les zones blanches concernent surtout des pays de l’Est et, plus proche de nous, l’Espagne. Mais d’après T&E, la modernisation ou l’installation de seulement 70 stations de recharge à des emplacements stratégiques – dont 22 en Espagne, 11 en Pologne et 7 en Roumanie – permettrait à l’UE d’atteindre 90 % de son objectif.

Sur le papier, l’infrastructure française semble donc largement dimensionnée pour accompagner l’essor de la voiture électrique. Mais les indicateurs européens ne racontent qu’une partie de l’histoire. Derrière ce bon maillage se cachent un ralentissement des installations et un modèle économique encore fragile pour certains opérateurs.

Un ralentissement des installations en France

Etre en avance sur les exigences européennes ne signifie pas que tous les objectifs nationaux seront atteints. En effet, on observe depuis quelques mois un ralentissement des installations sur notre sol. Seuls 12 162 chargeurs supplémentaires ont été installés au premier semestre 2026, contre 14 865 sur la même période l’année précédente.

Cette tendance pourrait compliquer l’ambition gouvernementale d’atteindre la barre des 400 000 points de charge en 2030. Pour y parvenir, il faudrait désormais installer plus de 200 000 points supplémentaires en quatre ans et demi. Cela nécessiterait une moyenne nettement supérieure à celle enregistrée depuis le début de l’année.

Et comme on l’a vu, l’objectif de l’Europe concerne vraiment de grands axes pour le Continent, ce qui ne peut suffire pour les déplacements au sein de notre pays. Heureusement, la France a déjà imposé la présence de bornes de recharge sur toutes les aires de service, peu importe l’axe.

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Les ventes de voitures électriques doivent suivre

Aux yeux de l’Union européenne, la France ne manque donc plus vraiment de bornes. Mais au regard des objectifs du gouvernement français, il y a encore du travail ! En plus de les installer, les acteurs du secteur vont aussi devoir s’assurer qu’elles fonctionnent, qu’elles sont installées aux bons endroits et que leurs tarifs sont compréhensibles.

Enfin, T&E avertit qu’un ralentissement des ventes de voitures électriques pourrait fragiliser les investissements des opérateurs de recharge. Aurélien de Meaux, CEO d’Electra, estime à ce sujet qu’un équilibre sain se situe autour de 100 véhicules électriques vendus pour chaque borne de recharge rapide installée, et nous n’y sommes pas.

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