Des japonais faisant la queue devant une station service pendant la catastrophe

Nous aurions pu penser que le séisme et le tsunami, ainsi que les dommages causés à l’infrastructure du Japon, ralentiraient encore le déploiement de la mobilité électrique. Mais c’est plutôt le contraire qui pourrait se produire.

Au Japon, les véhicules électriques ont prouvé leur utilité dans la vie quotidienne en cas de scénario-catastrophe, notamment lorsque les stations-service sont restées vides en raison des difficultés d’approvisionnement.



Terra Motors, un fabricant de vélos et scooters électriques a déclaré que si la société a vendu 300 unités en 2010, ils ont livré 200 unités dans les semaines après le tremblement de terre. L’essence étant rare dans les zones touchées par la catastrophe, les deux-roues électriques se sont révélés être un excellent moyen de transport. Les deux roues de Terra Motors on ainsi pu être utilisés pour les livraisons des médicaments à destination des hôpitaux et d’autres tâches cruciales.

L’intérêt des véhicules électriques dans ces conditions est qu’ils peuvent être rechargés au cours de la nuit, lorsque la demande d’électricité générale est plus faible. Ils ne sont pas forcément affectés par les mesures d’économies d’énergie qui peuvent être imposées en cas de difficulté de production d’électricité comme le Japon a pu en connaître.

L’automobile électrique n’est pas en reste, puisque durant cette période difficile, Nissan avait expédié 50 LEAF et Mitsubishi avait livré 89 i-MiEV dans les zones les plus touchées. Ces voitures électriques ont été utilisées par les autorités et les médecins pour faire la navette entre les camps de réfugiés et pour évaluer les dégâts dans la région.

La reconstruction du Japon pourrait ainsi se transformer en un formidable coup de pouce pour l’expansion des véhicules électriques. Les constructeurs japonais commencent d’ailleurs à tirer les premiers enseignements de la catastrophe.

À l’occasion de la clôture de l’exercice financier japonais à la fin du mois d’avril, le président de Mitsubishi Motors, Osamu Mashiko, a expliqué que sa société réfléchit à l’ajout d’une nouvelle fonctionnalité dans ses voitures électriques : la possibilité de pouvoir « décharger » rapidement l’électricité contenue dans les batteries vers le système électrique des ménages. Nissan a annoncé avoir des intentions similaires.

Le modèle actuel de la i-MiEV serait ainsi en mesure de satisfaire les besoins énergétiques d’un ménage moyen d’une demi à une journée complète, ce qui est loin d’être négligeable.

La catastrophe japonaise a clairement pointé du doigt le risque de compter énormément sur le tout pétrole. Le retour d’expérience du japon devrait à inciter les autorités locales et les institutions médicales à envisager une plus forte intégration des véhicules électriques dans le long terme.

Même si les véhicules électriques peuvent générer des inquiétudes quant à la demande de puissance supplémentaire qu’ils peuvent entraîner, avec ce qui est arrivé à Fukushima, il me semble qu’ils font aussi partie de la solution. Ils permettent de lisser la demande en électricité et ils offrent l’opportunité de développer les énergies renouvelables grâce à leur capacité de stockage.

Si ce qui s’est passé au Japon peut aider à faire diminuer la part du nucléaire dans le monde, à augmenter la production d’électricité solaire et à développer le véhicule zéro émission, alors ce sera un message plutôt positif après tout ce qui s’est passé…



Article basé sur cet article de Cars21