Véritable levier pour le déploiement des points de charge en France, le dispositif Advenir change de formule et intègre désormais la charge rapide avec des aides allant jusqu’à 9 000 euros. Avec Cécile Goubet, Déléguée Générale de l’Avere France, Automobile Propre revient sur les principales évolutions du dispositif.

Lancé en 2016 sous l’égide du ministère de l’Écologie, le programme Advenir prend un nouvel élan au lendemain d’un plan de relance automobile fortement axé sur le développement de la mobilité électrique. Dotée d’une enveloppe de 100 millions d’euros, la nouvelle version du dispositif compte financer 45 000 nouveaux points de charge dans l’Hexagone d’ici à fin 2023 et introduit de nombreuses évolutions.



« Il y avait une vraie volonté de réadapter Advenir à la réalité du terrain », souligne Cécile Goubet, déléguée générale de l’Avere France qui assure la gestion du dispositif pour le compte du ministère.

La charge rapide éligible : jusqu’à 9 000 € par point de charge

Pour les points de charge ouverts au public, le mode de calcul a également été revu. Désormais basée sur la puissance de charge délivrée, l’aide Advenir s’étend de 2 100 à 2 700 € HT par point de charge pour les bornes en courant alternatif (AC) et intègre désormais les bornes à charge rapide. La prime peut aller jusqu’à 9 000 € HT par point de charge pour les bornes en courant continu dont la puissance de charge est supérieure à 40 kW.

Outre l’évolution des montants, de nouvelles contraintes techniques sont imposées aux porteurs de projets. Préparant la démocratisation de la facturation au kWh, le compteur MID devient obligatoire pour la charge AC. Jadis optionnel, le pilotage de la charge est lui aussi imposé.

Puissance de charge Taux d’aide Montant max par point de charge
3,7 – 11 kW 60 % 2 100 € HT
> 11 – 22 kW 60 % 2 700 € HT
> 20 kW DC 60 % 5 500 € HT
> 40 kW DC 50 % 9 000 € HT

Durée limitée

L’Avere France a volontairement imposé une échéance relativement courte pour bénéficier des montants actuels. Intitulée « coup de boost », l’opération court jusqu’au 31 octobre 2021 et s’inscrit en lien avec l’objectif de 100 000 points de charge annoncé par le gouvernement dans le cadre du plan de relance. En limitant les délais, l’Avere veut inciter les porteurs de projets à se positionner au plus tôt pour orchestrer leurs déploiements.

Dans le privé, les entreprises sont celles qui sont invitées à se positionner le plus rapidement. Si le montant maximal reste plafonné à 960 € HT sur toute la durée du programme, le taux maximal de l’aide sera progressivement réduit. Il passera de 40 % à 30 % l’an prochain puis à 20 % les deux années suivantes.

« L’idée c’est de donner un “premium” à ceux qui déploient le plus vite avec un financement qui devance les obligations réglementaires [2025 NDLR] », souligne Cécile Goubet. Comme pour le dispositif précédent, les bornes doivent être achetées chez des partenaires référencés par Advenir et l’installation doit être réalisée dans les six mois suivant l’acceptation du dossier.

Résidentiel collectif : des financements inchangés

Du côté de l’habitat collectif, Advenir n’apporte pas de changement significatif par rapport au programme précédent. Les niveaux de financement restent les mêmes avec une aide allant jusqu’à 960 € par point de charge en cas de demande individuelle et jusqu’à 1 660 € en collectif. Dans les deux cas, le montant alloué ne pourra excéder 50 % de l’investissement.

En matière de raccordement, des aides spécifiques sont également allouées aux copropriétés désireuses d’engager un déploiement collectif. Forfaitaire et limitée à 50 % de l’investissement, l’aide est fixée à 4 000 € pour les parkings jusqu’à 50 places. Au-delà, elle est augmentée de 75 €/place supplémentaire dans la limite de 15 000 € par copropriété. Pour l’équipement des parkings extérieurs, une aide complémentaire de 3 000 € permet de financer jusqu’à 50 % des travaux de voirie.



À l’instar d’Enedis, l’Avere France prône le pré-équipement pour faciliter les déploiements. « L’idée, c’est que l’installation d’une borne soit aussi simple que de prendre son abonnement internet », souligne Cécile Goubet.

Le rétrofit et les hubs de recharge bientôt financés

Au-delà des aides à l’équipement pour du matériel neuf, l’Avere France prévoit d’intégrer au dispositif Advenir une prime dédiée au rétrofit. « Notre idée est d’accompagner les territoires pionniers qui ont été les premiers à déployer au début des années 2010 pour homogénéiser le réseau et la qualité de service », résume Cécile Goubet. « Certaines sont encore équipées de prises Type 3 [ancien standard NDLR] tandis que d’autres ne sont pas supervisées, ni interopérables. Il y a également des problématiques sur la partie communication. Certaines bornes équipées de modem 2G ne seront bientôt plus en mesure de fonctionner », explique-t-elle.

Quid des financements ? « On est en train de finaliser les choses. Ce ne seront pas les mêmes montants que ceux affichés pour le neuf, mais on aura aussi une approche par puissance » explique notre interviewée. « Au final, cela permettra de laisser le choix aux territoires d’arbitrer entre le coût de ces modifications et le passage à du matériel neuf ». Toujours en discussion, le dispositif devrait être lancé rapidement. « Nous finalisons actuellement les derniers points de détails. Par contre, il est assez probable qu’il soit lancé sur une durée d’action limitée » prévient la Déléguée Générale de l’Avere.

Autre sujet brûlant : celui du financement des hubs de recharge, un terme à la mode qui désigne des stations-service électriques urbaines associant différents types de charge. « Sur ce dispositif, nous partirons sur un financement par station et non par point de recharge. Ce sera une autre organisation avec une procédure ad hoc qui sera mise en place en 2021. L’idée, c’est d’avoir des vraies stations de recharge avec de l’AC et du DC en ciblant notamment les ZFE » résume Cécile Goubet.