Lors de son premier Power Day, le groupe Volkswagen a annoncé qu’il construirait durant la décennie six usines de fabrication de batteries. Le géant allemand confirme aussi sa volonté de passer aux batteries solides.

Beaucoup attendaient ce rendez-vous avec impatience, puisque Volkswagen l’avait comparé au Battery Day de Tesla. Durant ce dernier, Elon Musk avait notamment présenté la cellule 4680. Volkswagen a également fait plusieurs annonces en ce sens, précisant ses ambitions technologiques et industrielles.



Herbert Diess, le PDG de Volkswagen, a d’abord expliqué que sa marque voulait faciliter la recharge pour la rendre « aussi simple qu’un plein d’essence ». 

Faire évoluer les voitures électriques et l’infrastructure de recharge

Volkswagen va accélérer et amplifier sa transition vers le « zéro émission » dans les prochaines années. Le groupe travaille désormais sur deux piliers pour développer l’automobile électrique, comme l’a expliqué Thomas Schmall. Le membre du conseil d’administration en charge des batteries détaille cette structure dans le groupe.

Le premier pilier se concentrera sur la technologie de cellules des batteries et sur leur système. Le deuxième est axé sur la recharge et l’énergie. Le point de départ de ces deux piliers est 2023, avec une technologie de batteries revue et l’implantation d’usines dédiées.

L’objectif, comme l’explique Herbert Diess, est de « réduire les coûts des batteries et des voitures ». Volkswagen insiste sur l’économie circulaire, l’idée étant de récupérer les batteries arrivées en fin de vie pour les réutiliser pour d’autres applications. Enfin, Volkswagen prévoit le recyclage de ses batteries dans leur cycle de vie, et une usine de recyclage est déjà en test. Grâce à des procédés d’hydrométallurgie, Volkswagen prévoit de recycler 95 % de ses batteries.

Une seule batterie pour 80 % des modèles du groupe Volkswagen

Thomas Schmall a expliqué le plan de Volkswagen pour réduire les coûts de production des batteries. De fait, Volkswagen vise évidemment une baisse du prix de ses modèles électriques. Et ce plan se base majoritairement sur l’utilisation d’une batterie unique sur la majeure partie de la gamme.

L’approche actuelle de Volkswagen est l’adaptation de ses batteries aux voitures que la marque conçoit. Dans le futur, VW prévoit d’adapter la voiture autour de la batterie, qui sera conçue grâce à une approche unifiée.

Diess rappelle que Volkswagen a déjà choisi cette stratégie pour la plateforme modulaire MEB. Celle-ci a permis la conception de toute la gamme de voitures électriques ID autour d’une même base. Les batteries que produira Volkswagen à l’avenir adopteront le même fonctionnement.

Le potentiel que détecte la marque permettrait d’uniformiser la batterie sur 80 % des modèles du groupe Volkswagen en 2030. Les 20 % restants auraient leur propre batterie, à l’image des véhicules sportifs qui auront besoin de technologies spécifiques.

Cette batterie unique devrait voir le jour en 2023. Volkswagen anticipe une forte baisse des prix de son catalogue lorsque cette technologie se déploiera. Une réduction de 50 % pourrait être trouvée sur le segment d’entrée de gamme, et le prix des voitures de milieu de gamme chuterait de 30 %, chiffre le constructeur.



Thomas Schmall détaille la nouvelle stratégie de Volkswagen dans le domaine des batteries

Gagner en autonomie et réduire le temps de charge

Volkswagen travaille actuellement sur des batteries solides, mais aussi sur l’utilisation de matériaux inédits. Frank Blome, directeur du département batterie, précise l’intérêt de faire évoluer anode et cathode dans les batteries. La première citée permet de réduire le temps de charge, tandis que la seconde fait gagner en autonomie et en économies financières.

La firme prévoit notamment d’utiliser du silicium pour ses futures batteries. Cette matière peut en effet stocker dix fois plus d’énergie que le graphite. Ainsi, cette densité optimisée permettrait à la fois une récupération d’énergie plus efficiente et une charge plus rapide. L’objectif pour VW serait d’inclure ce silicium à une technologie de batteries solides. Outre le gain de densité énergétique, cela permettrait de réduire les coûts, le poids et la taille des batteries, le temps de charge, et d’augmenter l’autonomie des véhicules.

Le coût des batteries, qui impacte directement celui des véhicules, est au centre des objectifs. Aussi, Thomas Schmall confirme une vraie réduction à venir. « En moyenne, nous descendrons le coût des batteries sous les 100 euros par kWh », précise-t-il. « Cela rendra enfin l’e-mobilité abordable, et en fera la technologie dominante. »

Six usines de batteries en Europe pour produire 240 GWh par an

La grande annonce de Volkswagen pendant ce Power Day a tout de même concerné la fabrication des batteries. Actuellement, la marque possède deux usines de batteries en Europe. Celles-ci produisent chaque année 30 GWh d’énergie.

Mais Volkswagen veut atteindre en 2030 une part de 60 % de voitures électriques, et estime la demande créée à 240 GWh. De fait, la marque a dévoilé un plan pour produire ces 240 GWh de batteries chaque année. Celui-ci passe par la construction de six usines dédiées, que Volkswagen n’hésite pas à appeler « Gigafactories ». Ce nom rappelle évidemment les usines du même nom chez Tesla, qui ont le même rôle pour la marque californienne.

La fabrication de la batterie unifiée aidera ces usines à monter à 40 GWh/an chacune. Mais cela ne suffit pas, et Volkswagen annonce ainsi un total de six usines développant chacune une capacité similaire. L’usine suédoise de Skellefteå sera la première à atteindre ce rythme en 2023.

L’usine de Salzgitter atteindra la même capacité annuelle en 2025. L’année suivante, Volkswagen lancera une infrastructure similaire en 2026, tandis qu’une autre arrivera en Europe de l’Est en 2027. Deux autres sites verront le jour ultérieurement, sans que l’on connaisse leur emplacement.

Un accord avec Northvolt pour lancer le programme

Pour lancer la première usine de batteries à Skellefteå, Volkswagen s’est associé au géant de l’énergie Northvolt. C’est l’entreprise suédoise qui a confirmé avoir reçu une commande de la part de Volkswagen portant sur les dix prochaines années.

D’une valeur avoisinant 12 milliards d’euros, ce partenariat renforce la participation de Volkswagen dans Northvolt. Cette firme vise une part de marché de 25 % en Europe en 2030, et voudrait concurrencer des poids lourds asiatiques tels que LG Chem ou CATL.

« En consolidant la production de cellules à la gigafactory de Northvolt Ett les partenaires vont faire de grandes économies et sécuriser les coûts les plus compétitifs possible, tout en ayant la plus petite empreinte environnementale possible pour la fabrication de batteries », a écrit Northvolt dans un communiqué.

Un objectif de 18 000 points de recharge en Europe

Volkswagen ne compte pas se focaliser uniquement sur les technologies propres à ses voitures. Grâce à plusieurs partenariats, le groupe allemand veut en effet développer les réseaux de recharge avec ses partenaires.

Grâce à ses accords avec trois entreprises, que sont BP, Enel et Iberdrola, VW va accélérer l’installation d’infrastructures. Aussi, l’objectif est de proposer 18 000 points de recharge en Europe à l’horizon 2025. En Chine, c’est 17 000 lieux similaires que prévoit de mettre en place le géant de l’automobile avec ses partenaires.

La Chine, en plus de l’Europe et de l’Amérique du Nord, est d’ailleurs un point névralgique pour Volkswagen. Le groupe veut vendre en moyenne deux millions de voitures électriques par an sur la prochaine décennie dans l’Empire du Milieu. Pour pouvoir atteindre ce parc automobile d’environ 12 millions de voitures, réparties en 15 modèles, le groupe compte sur ses coentreprises, notamment FAW.