Remises en service ce week-end, les bornes Autolib’ ont dû abandonner leur outil de supervision, laissant craindre d’importants problèmes de fiabilité et de disponibilité.

Coupées depuis le 31 juillet dernier et l’arrêt du dispositif Autolib de Bolloré, les bornes de recharge parisiennes sont de retour. Sur les quelque 3200 points de charge qui alimentaient jadis les Bluecar d’Autolib, 1.000 ont été remises en service dans le courant du week-end. Réparties dans tous les arrondissements parisiens, les bornes activées sont facilement identifiables à leurs lumières vertes allumées et correspondent aux « secteurs les plus demandés » par les usagers. Un réseau dont la réactivation met fin à la galère de certains usagers parisiens et vient compléter les 270 prises proposées par Belib et aux 300 réparties dans les différents parkings de la ville.

4 mois d’attente

Il aura fallu pas moins de quatre mois à la Ville de Paris pour réactiver les bornes Autolib’. Principale difficulté : parvenir à contourner la solution logicielle permettant la gestion et la supervision des bornes que Bolloré a refusé de mettre à disposition.

« Toute la partie “intelligente” des bornes a été retirée » résume François Wouts, chef du service patrimoine de voirie de la Ville de Paris interrogé par Le Parisien. Résultat : si les bornes fonctionnent à nouveau, la ville n’a plus de visibilité sur leur suivi à distance. De quoi laisser craindre de gros problèmes de maintenance et de disponibilité du réseau.

De son côté, Chargemap travaille déjà sur une solution pour intégrer sur son site la disponibilité des bornes en se basant sur les remontées de la communauté. Un outil que les services de la ville de Paris pourraient à terme utiliser pour identifier les bornes sur lesquelles une maintenance est nécessaire.

Abonnement obligatoire

Sans communication, difficile d’imaginer un quelconque paiement à l’acte, pourtant imposé par le Décret Infrastructures de Charge. Résultat : le système fonctionnera « à l’ancienne » avec un accès se résumant à une formule d’abonnement annuelle.

Facturé 120 euros par an pour les particuliers et 600 euros pour les professionnels (taxis, VTC, taxi), celui-ci se matérialise par une vignette à apposer sur le pare-brise du véhicule. Une formule qui devrait satisfaire les usagers réguliers du service mais qui laisse cruellement de côté tous les utilisateurs occasionnels. A cela s’ajoute le risque de voir apparaître des voitures ventouses sur des places dont la durée de stationnement ne sera pas supervisée…

En pratique, le réseau de charge restera gratuit tout au long du mois de décembre pour permettre à chacun d’effectuer les démarches pour s’abonner. A compter du 11 décembre, les demandes d’abonnement pourront être réalisées sur le site de la Ville de Paris ou par voie postale en adressant un courrier à la Direction Voirie et Déplacements à partir de ce lundi 3 décembre.

Prise Type 3 sinon rien

Autre source de mécontentement annoncée : le retrait des câbles « Type 1 » intégrés aux bornes et la présence d’un connecteur « Type 3 » comme seule et unique solution. S’il contentera les premiers acquéreurs de Renault Zoé, celles et ceux qui roulent avec la dernière génération de véhicules – désormais fournis avec des câbles Type 2 en accord avec la réglementation européenne – n’auront d’autres choix que de s’équiper.

Une configuration technique obsolète qui imposera aux usagers des dépenses supplémentaires. Sur la Boutique Automobile-Propre, celui-ci est facturé 230 à 240 euros en fonction de la connectique côté voiture (Type 1 ou Type 2).

Dotées de connecteurs « Type 3 », les bornes Autolib imposent l’acquisition d’un câble spécifique à la majeure partie des utilisateurs.

Paris rebranche les bornes Autolib’
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