Recharger une voiture électrique en-dehors de son domicile peut parfois relever du parcours du combattant. Une loi, passée inaperçue au milieu de l’actualité, et approuvée par le parlement cette semaine pourrait cependant créer une petite révolution. Le texte va contraindre l’ensemble des stations-service de l’hexagone à s’équiper de bornes de recharge d’ici 2020.

« On finira bien par tomber sur une station de recharge ! » Cette phrase imprononçable aujourd’hui pour un conducteur de véhicule électrique pourrait bientôt le devenir. L’assemblée nationale a en effet approuvé un projet de loi soumis par le ministère de la transition écologique qui obligera les distributeurs de carburants à s’équiper de bornes de recharge. Le texte, validé la semaine dernière, entrera en vigueur au 1er janvier 2020.

Des bornes universelles et une facturation au kilowatt-heure

Si certaines stations de grands distributeurs d’énergie sont déjà équipées de bornes de recharge pour véhicules électriques, la nouvelle loi fixera un cadre très strict pour ces installations. Ces dernières devront ainsi être équipées « au minimum d’un point de recharge rapide dit « tri-standard » délivrant une puissance minimale de 50 kilowatts en courant continu et 43 kilowatts en courant alternatif ».

Le texte précise que la station doit être accessible « sans restriction de date ni d’horaire » et impose une facturation « au kilowatt-heure, ne pouvant excéder 105% du tarif national réglementé ».

Un investissement lourd mais prometteur pour les stations-service

Les quelques 11.000 stations-services installées en France ont donc à peine plus d’un an et demi pour se conformer à la loi. Un délai court et de coûteux investissements imposés qui pourraient cependant ouvrir de nouvelles opportunités pour ces commerces. Le nombre de stations-services s’est effondré ces dernières décennies : elles sont passées de 41.500 en 1980 à 11.194 en 2016.

Si le montant de l’installation est estimé à 43.000 euros en moyenne par station-service, ces dernières pourraient bénéficier de retombées économiques alternatives. En effet, les véhicules électriques en charge restent bien plus longtemps sur place que les véhicules essence et diesel. Autant d’automobilistes potentiellement tentés de faire un tour en boutique et de consommer des services additionnels. Des locaux qui seront probablement complètement repensés par leurs propriétaires afin de s’adapter à cette nouvelle clientèle.

Cette nouvelle loi est également un aubaine pour les constructeurs de bornes de recharge, dont nombre d’entre eux sont installés et fabriquent en France. Un marché à près de 500 millions d’euros qu’ils devront se partager en peu de temps. Il leur faudra exploser leur cadence de production afin de produire plus de 10.000 bornes en une vingtaine de mois.

En ce dimanche 1er avril, vous aurez sans doute saisi que cette information n’en est pas une… Il n’empêche qu’il s’agirait là d’une des décisions les plus fortes pour encourager le développement du véhicule électrique en France. Qu’en pensez-vous ?