Peu enclin à décliner une gamme électrique jusqu’à présent, Toyota se rend à l’évidence que la technologie devient incontournable en Europe. C’est pourquoi le constructeur prévoit d’électrifier sa plateforme TNGA-C. Un premier pas avant le passage au tout électrique à l’horizon 2035.

Toyota pas motivé, mais réaliste

Le tout nouveau bZ4X marque l’entrée de Toyota dans le monde de l’électrique. De jolie manière peut-être, mais sans grande motivation. Car au sommet même de l’état-major du numéro un mondial, on cherche à défendre coûte que coûte le moteur à essence. Patron de la marque, Akio Toyoda s’est déjà élevé à de nombreuses reprises contre les multiples interdictions de ventes de voitures dotées d’un moteur thermique. Il défend en particulier l’idée de moteurs à combustion d’hydrogène, en plus de la pile à combustible. Amateur de compétition automobile, il a ainsi effectué ses dernières sorties au volant d’une Corolla dotée d’un prototype de moteur à hydrogène.

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Toyota ne peut cependant rester sur le bord du chemin de l’électrique à batteries. Un plan a donc été lancé avec au programme une nouvelle plateforme, baptisée E-TNGA. Il comporte plusieurs nouveaux modèles à vocation mondiale, qui devraient couvrir l’essentiel des segments C et D. Le crossover bZ4X n’est donc que le premier d’une nouvelle série.

Mais pour une Europe engagée vers une électrification à marche forcée, cette nouvelle famille bZ pourrait ne pas être suffisante pour respecter les objectifs. Une nouvelle plateforme est donc planifiée, et serait réservée au marché européen. Baptisée E3 (pour Emotion, Engagement et Energy), elle est dérivée de l’actuelle TNGA-C, soit la plateforme de toute la gamme compacte, comme la nouvelle Corolla Cross.

Multiénergie, cette nouvelle base permettrait de produire les modèles concernés en versions hybride, hybride rechargeable ou électrique. Prévue à l’horizon 2025 dans les usines de Grande-Bretagne et de Turquie, elle devrait en particulier arriver sur le prochain C-HR. La seconde génération du crossover est attendue fin 2023/début 2024. Uniquement en version hybride, puis assez rapidement en électrique.

Le C-HR électrique, déjà une réalité en Chine

Un C-HR électrique, ce n’est pas totalement inédit. Depuis le printemps 2020, Toyota propose à ses clients chinois le C-HR EV (produit par FAW-Toyota) et son clone Izoa EV (par GAC-Toyota). Les deux modèles sont dotés d’un moteur de 150 kW et d’une batterie de 54,3 kWh pour une autonomie de 400 km (en cycle local CLTC). Réservés au marché local, ils ne rencontrent pas vraiment le succès avec seulement 3 500 ventes sur 10 mois cette année.

Cap sur le 100 % électrique… en Europe

Toyota renforce donc ses ambitions en matière de véhicule électrique en Europe. Le constructeur japonais vient d’ailleurs tout juste de confirmer sa cible de 100 % de ventes de véhicules à zéro émission en 2035. Sans grande surprise alors que l’Union européenne prévoit un arrêt des ventes de moteur essence à cette date…

Entre aujourd’hui et 2035, Toyota prévoit un point de passage à 2030, avec 50 % des volumes. Ou plus. Toyota prend donc en compte la possibilité d’une accélération de la transition.