Changement radical chez Ionity. Le réseau européen de bornes de recharge ultra-rapides lancera le 31 janvier un tarif au kilowattheure assez salé. Fini le forfait fixe à 8 euros, l’utilisateur payera désormais à l’énergie consommée.

Incontournable lors de trajets autoroutiers à travers l’Europe, le réseau de recharge ultra-rapide Ionity révise ses prix. Depuis son lancement en 2018, l’opérateur facture un forfait de 8 euros, quelle que soit la durée et la quantité d’énergie rechargée. Avec 202 stations en service sur les 400 prévues d’ici la fin de l’année, le réseau passe un cap et applique un nouveau tarif. Dès le 31 janvier, l’utilisateur devra donc débourser 0,79 euros par kilowattheure (kWh) s’il choisit de payer via l’application Ionity. Un tarif commun à toute la zone euro et qui sera adapté aux pays utilisant d’autres devises.



Près de 500% d’augmentation

La facture va donc exploser pour les clients chargeant au-delà de 10 kWh. A titre d’exemple, un conducteur qui récupère 50 kWh devra débourser 39,50 euros au lieu de 8 euros auparavant. Pour un véhicule consommant 20 kWh/100 km, cela équivaut à environ 0,16 euros par kilomètre parcouru, très loin des 2 à 3 centimes payés lors d’une recharge à domicile. Une augmentation majeure que le vice-président de Ionity Marcus Groll justifie par « le service unique » et « premium » offert par son réseau.

Capables de charger jusqu’à 350 kW, les stations proposent « une puissance inédite et des fonctionnalités additionnelles », explique le dirigeant, avant d’ajouter que « les emplacements attractifs sur autoroutes coûtent plus cher qu’en dehors ». En France, la totalité des stations Ionity sont en effet implantées sur les aires de service autoroutières. Mais cela pourrait changer à l’avenir, Ionity annonce plancher sur des stations « en zones urbaines » pour offrir une solution de recharge ultra-rapide plus proche des citadins.

Crédit photo : Tank & Rast

Un tarif préférentiel pour les utilisateurs réguliers

L’effort serait acceptable puisque le réseau est principalement utilisé au cours de déplacements exceptionnels. « On a voulu envoyer le message que la recharge à grande vitesse sera plus chère que les autres options […]  les gens réalisent la plupart des charges au travail et chez eux où le prix du kWh est plus bas » conclut le dirigeant. Pour les utilisateurs rechargeant via une carte d’opérateur de mobilité comme Chargemap et New Motion, le tarif pourrait rester identique. Ionity explique être en discussion avec ces sociétés pour s’accorder sur les prix, sans en dévoiler davantage. Le réseau évoque également réfléchir à un tarif plus avantageux réservé aux utilisateurs fréquents. Ces derniers pourraient à terme choisir d’être prélevés « mensuellement ou annuellement » et bénéficier d’une remise sur le prix du kWh rechargé.

Très simple, le nouveau prix mis en place par Ionity n’implique aucun frais de lancement ni d’occupation, même lorsqu’une voiture reste branchée en fin de charge. Il est toutefois possible qu’il évolue au fil du temps, explique Marcus Groll. « On pourrait imaginer à l’avenir une tarification selon l’heure » annonce t-il en laissant entrevoir la possibilité de prix heures pleines / heures creuses comme proposés par les fournisseurs d’électricité.

Une puissance de 1,2 MW par station

Par ailleurs, l’alimentation des stations en énergie 100% renouvelable annoncée en septembre 2019 lors du salon de Francfort est désormais effective sur tous les sites, explique Ionity. Le réseau porté par les groupes automobiles Volkswagen, Daimler, BMW, Ford et Hyundai-Kia est de plus en plus fréquenté. Le « pic de l’année » a été atteint « deux jours avant le réveillon du jour de l’an » affirme l’opérateur sans détailler de chiffre. Les stations seraient donc capables de répondre aux périodes de chassés-croisés : « la limite est haute, chaque site est conçu pour délivrer au maximum 1,2 mégawatts » explique Marcus Groll. Partagée entre les bornes, la puissance est donc suffisante pour alimenter simultanément six voitures chargeant jusqu’à 200 kW.

Ionity poursuit actuellement l’installation de ses stations pour atteindre l’objectif de 400 sites en Europe d’ici la fin de l’année. Avec son nouveau co-propriétaire Hyundai-Kia qui rejoindra officiellement le consortium au début du 2e trimestre 2020, le réseau travaillera ensuite à une extension plus poussée. « On pourrait ajouter plus de sites dans des pays où la fréquentation est forte comme la Norvège » annonce le vice-président.