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Après le tout électrique, c’est l’hybride rechargeable qui était exposé pendant deux semaines porte de Versailles. Une technologie sur laquelle les constructeurs allemands ont investi beaucoup d’argent. C’est notamment le cas du groupe Volkswagen qui nourrit de grandes ambitions sur ce nouveau créneau des véhicules presque « zéro émission ». La compétition est lancée. Que le meilleur gagne…

I. Les faiblesses du tout électrique à la française

Malgré des qualités intrinsèques indiscutables, le marché du tout électrique poursuit sa (très) lente progression. En France, cette faible part de marché lui vaut d’avoir réussi à conserver un bonus écologique substantiel que certains ne manquent pas de montrer du doigt compte tenu de l’état catastrophique des finances publiques. Pour les propriétaires de vieux diesel aux revenus modestes habitant des zones urbaines denses, l’Etat propose même de porter le bonus écologique jusqu’à 10 000 € pour l’acquisition d’un véhicule électrique ! Même à plus de 100$ le baril, une telle aide ne sera probablement jamais compensée en totalité par les économies de pétrole correspondante sur la durée de vie du véhicule.

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L’occasion de rappeler hélas que les ambitions de la France en faveur des véhicules électriques restent pour le moment très dépendantes d’importantes subventions publiques, en décalage total avec les capacités financières du pays. La subvention à tout va : un mal bien français dont il va falloir réussir à se défaire tôt ou tard avant que nos créanciers nous l’imposent de force.

De généreuses subventions auxquelles il faut ajouter le coût des infrastructures de charge (installation + exploitation/maintenance) en faveur desquels l’Etat et les collectivités territoriales françaises ont promis de consacrer quelques millions d’euros supplémentaires pour encourager les usagers potentiels à franchir le pas du tout électrique…

II. Le réalisme allemand

En comparant la stratégie française et la stratégie allemande en faveur de la mobilité zéro émission, la première chose qui saute aux yeux, c’est l’écart magistral de soutien public. Malgré des finances publiques un peu moins critiques que les nôtres et malgré le rôle croissant que les VE sont amenés à jouer en matière de transition énergétique dans le transport, pas question de doper leur vente en misant uniquement sur les aides publiques. Des aides à l’investissement relativement limitées à la faveur des bornes de recharge rapide le long des principaux axes de circulation, et rien de plus. Pour rouler électrique en Allemagne, mieux avoir un compte en banque bien garni et une conscience écologique aiguisée !

Malgré ce traitement très différent, peut-on dire que le marché du VE se porte mal en Allemagne ? Pas vraiment ! Depuis le début de l’année, il s’est écoulé un peu plus de 5000 VE* sur le marché allemand (de bons chiffres qui s’expliquent en partie par l’arrivée dans les concessions des premiers VE made in Germany). Et le meilleur reste à venir…

Comme expliqué sur ce blog dans un précédent article le créneau sur lequel les constructeurs allemands misent vraiment, c’est celui de l’hybride rechargeable. Un créneau sur lequel la contrainte financière coté acheteur est moins forte que pour les véhicules tout électriques compte tenu des produits proposés. Cerise sur le gâteau, les hybrides rechargeables étant des véhicules capables de s’affranchir des (coûteuses) bornes de recharge publiques, pour la collectivité, l’économie est double. Le réalisme allemand, version zéro émission ou presque.

III. Que faire ?

En France, avec moins de 1 % de part de marché du neuf, les ventes de VE restent très en deçà des objectifs. L’inquiétude demeure donc quant à l’évolution des ventes d’autant qu’à l’avenir, pas question de continuer à compter sur de généreuses subventions publiques pour l’achat d’un VE. Il va donc falloir rebondir et vite ! Objectif : répondre aux deux freins majeurs à l’acquisition que sont l’autonomie limitée et le coût.

Quel constructeur saura faire preuve de suffisamment d’audace pour s’engouffrer sur le créneau laissé désespérément vide de l’électrique à prolongateur d’autonomie en version essentielle ?

Qu’attendent nos champions nationaux pour offrir à leurs clients potentiels un (petit) véhicule offrant 60 km d’autonomie électrique réelle qui puisse les emmener plus loin à l’aide d’un prolongateur d’autonomie spécialement conçu à cet effet ?

En s’affranchissant de la complexité d’un système hybride et d’une boite de vitesse robotisée, l’électrique à prolongateur d’autonomie se présente comme une solution technologique très intéressante pour électrifier les véhicules du segment A et B à un coût compétitif tout en leur offrant une polyvalence d’usage supérieur à celle d’un pur VE. Les propriétaires de Volt/Ampera confirmeront tous sans exception : l’électrique à prolongateur d’autonomie, c’est le top!

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Espérons que cet nième appel au bon sens et au pragmatisme finira par être entendu. Faute de quoi, c’est encore les constructeurs allemands qui vont tout rafler ou presque sur le créneau d’avenir du zéro émission…

(*) BMW i3 REx incluse.

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