Introduit au départ dans une version à motricité intégrale, le Volvo XC40 Recharge est désormais disponible dans une déclinaison à traction plus abordable. Elle est ainsi éligible au bonus intégral de 6 000 euros en finition Start. Jusqu’à la fin de ce mois d’août 2022, elle bénéficie d’une réduction de 5 %. Maxime Fontanier a voulu estimer ce SUV électrique.

Un seul moteur

Le Volvo XC40 Recharge P8 AWD que j’ai personnellement essayé en septembre 2021 était animé par deux moteurs synchrones à aimant permanent de 150 kW chacun, s’occupant respectivement des roues avant et arrière. Soit 408 chevaux disponibles au total, pour un couple pouvant s’élever jusqu’à 660 Nm. Il fallait alors débourser au minimum 56 150 euros TTC pour se l’offrir, et 58 050 euros désormais.

Le constructeur suédois a introduit une version plus accessible, environ 15 000 euros moins chère, en révisant les performances à la baisse. Sans pour autant dépouiller l’engin ni le rendre terne. L’exemplaire mis entre les mains de Maxime Fontanier concentre les 170 kW (231 ch) de son unique moteur sur les roues avant, avec un couple maximal divisé par deux, soit 330 Nm.

Ce qui joue bien sûr sur sa rapidité à exécuter l’exercice du 0 à 100 km/h : 7,4 contre 4,9 secondes. La capacité énergétique de la batterie lithium-ion a été également révisée un peu à la baisse. Sa valeur brute descend de 78 à 69 kWh. Ou de 75 à 67 kWh si l’on veut raisonner en quantité accessible.

Une autonomie préservée

La nouvelle dotation du Volvo XC40 permet d’alléger de 158 kg le poids de ce SUV électrique sans nuire à l’autonomie. Elle serait même améliorée de 65 km en ville, passant au mieux de 534 à 598 km selon la norme WLTP. La tendance est inverse en usage mixte avec une perte quasi anecdotique de 13 km : 425 contre 438 km.

Lors de son essai, Maxime Fontanier a enregistré une consommation moyenne de 20,3 kWh/100 km sur une distance de près de 300 km. « C’est beaucoup plus sobre que la version à 4 roues motrices, de l’ordre de 3 à 5 kilowattheures de moins aux 100 », estime-t-il. Dans ces conditions, l’autonomie serait d’environ 330 km jusqu’à la panne d’énergie. Mais attention toutefois à ne pas taper au-dessus des 130 km/h, si l’on ne veut pas voir s’envoler les chiffres au-delà des 24 kWh/100 km.

Quoi qu’il en soit, il sera difficile de dépasser les 250 km avant de s’arrêter à un superchargeur sur autoroute. Là, en courant continu, la puissance maximum sera au mieux de 150 kW, permettant de passer en 30-35 minutes de 10 à 80 % d’énergie dans la batterie. Sur les bornes AC, le flux sera limité par le chargeur 11 kW embarqué.

Présentation de série

De série, le Volvo XC40 Recharge Start est livré en noir brillant. Il faudra ajouter 1 000 euros pour accéder à une peinture métallisée (noir onyx, gris tonnerre, bleu fjord, argent aurore ou crépuscule), et même 1 350 euros pour les robes en vert sauge ou blanc cristal.

Par défaut, cette version d’entrée de gamme s’appuie sur des jantes alliage de 19 pouces, montées avec des pneus Michelin toutes saisons CrossClimate 2 SUV en 235/50 à l’avant et 255/45 à l’arrière. À noter que le dessin de la jante est différent actuellement sur le site Internet du constructeur.

Les moutures 2023 conserveront a priori les motorisations, batteries et équipements aujourd’hui proposés. Quelques légères modifications seront en revanche apportées au niveau de la carrosserie par rapport au modèle que nous essayons. Ainsi des optiques avant un peu plus effilées et les antibrouillards intégrés dans le bouclier de proue.

SUV compact

Les futures modifications stylistiques ne devraient pas intervenir sur les dimensions : 4,425 x 1,863 m, pour une hauteur de 1,647 m et un empattement de 2,702 m. Elles font de lui un SUV électrique particulièrement compact, ce qui facilite son stationnement en ville sans sacrifier l’habitabilité.

Déjà au niveau du coffre de 452 litres très accessible avec un seuil de charge relativement bas et bien découpé. Le volume peut être étendu à 1 527 l en rabattant le dossier en 2 parties, avec trappe à skis, de la banquette. Le plancher est alors parfaitement plat, avec un double fond pour loger plus que les câbles de recharge. Mais ces derniers pourront aussi être isolés dans le frunk couvert de 31 l sous le capot.

Pour comparaison, l’Audi Q4 e-tron, un peu plus encombrant (4,588 x 1,865 m), en offre moins avec ses 535/1 460 litres et son absence de coffre à l’avant. Si le volume accessible dans le Volvo XC40 Recharge ne suffisait pas, le SUV peut tracter une remorque freinée jusque 1 500 kg (1 800 dans les versions à motricité intégrale), et 750 kg si elle ne l’est pas.

Prenez place à l’arrière

Les 2 passagers assis aux 2 extrémités de la banquette arrière ne souffriront pas d’un manque d’espace, aussi bien aux genoux qu’au niveau des coudes et de la tête. « On est plutôt bien assis. La sellerie n’est pas trop raide, assez confortable et avec un tissu de qualité », apprécie Maxime Fontanier.

L’accoudoir central est également agréable, et de la moquette tapisse les contreportes. Les occupants disposent de divers espaces de rangement et de 2 buses de ventilation (climatisation bizone) qui reprennent le design de celles qui existent en 4 exemplaires à l’avant.

En revanche, le tunnel de service, hérité des versions thermiques et hybrides rechargeables, relègue au rang de place occasionnelle celle du milieu. L’assise et le dossier sont moins confortables à cet endroit.

Le point de vue du conducteur

« À l’avant de ce Volvo XC40, la présentation est toujours aussi bien faite, avec une finition soignée », souligne l’essayeur de VE. Des matériaux rembourrés habillent le tableau de bord dans ses parties hautes et basses. Si on ajoute la moquette au niveau des côtés de la console, les genoux ne sont jamais en contact avec des matériaux et/ou des formes désagréables. Les contreportes bénéficient du même traitement.

« Cette présentation n’a rien à envier à une Audi. Je trouve ça beaucoup mieux en termes d’ergonomie », compare notre journaliste qui félicite aussi l’implantation des boutons au volant. L’écran 9 pouces du système multimédia n’est pas d’une forme habituelle. D’un format plus carré, il est couplé avec l’univers Android Automotive lié à Google.

L’infodivertissement est désormais compatible avec Apple CarPlay. Mais il ne sera alors pas possible de connecter en même temps son téléphone en Bluetooth. « Ça évoluera, je pense, sur les prochaines générations. C’est l’avantage des mises à jour à distance », anticipe le représentant d’Automobile Propre.

Le meilleur des SUV compacts ?

De série, le son bénéficie de sorties 250 W, sans toutefois qu’il soit possible de moduler le Fader. S’il n’y a pas de chargeur à induction pour Smartphone, le Volvo XC40 Recharge Start offre cependant 3 prises (12 V, et 2 USB-C). Pas non plus de vue à 360 degrés pour faciliter les manœuvres, mais la caméra de recul et les radars à l’avant permettent de s’en passer. Derrière le volant, l’instrumentation profite d’un écran digital 12,3 pouces.

Sur cette finition d’entrée de gamme, les sièges ne sont réglables que manuellement, mais « on est très bien assis, et on a un excellent compromis entre le maintien latéral et le confort », pose en balance Maxime Fontanier. À noter que la longueur de l’assise peut être étendue, et le soutien lombaire adapté à ses propres besoins.

« Même dans cette version d’entrée de gamme Start, ce XC40 offre la meilleure finition de tous les SUV compacts électriques, et surtout la meilleure ergonomie », bombarde l’homme à la casquette.

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Avant le départ

Pas besoin de clé à tourner ou de bouton-poussoir à activer : Le Volvo XC40 passe son temps à deviner ce que vous voulez faire, ou ce que vous devriez faire. En poussant le petit levier très facile à manipuler vers le sens de marche souhaité, le véhicule est prêt à rouler.

Le tableau de bord indique clairement si l’on va avancer ou reculer. Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais cette information pourtant importante n’est pas souvent très visible dans les autres voitures électriques.

Il est possible de régler la dureté de la direction à partir de l’écran central, ainsi que de mettre en service le One Pedal Drive qui permet de ralentir jusqu’à l’arrêt, en ne jouant qu’avec l’accélérateur. Cette fonction aurait gagné à être activée avec un raccourci bien placé, par exemple au niveau du volant. À moins de remplacer ce système avec des palettes derrière le cerceau pour bien jouer avec la puissance de régénération.

Premiers tours de roue

Avec 21 cm de garde au sol, il est possible d’emprunter aisément au besoin les chemins de campagne. Les bonnes barres antiroulis risquent cependant de secouer un peu les passagers du Volvo XC40. « Mais moins que dans un Ford Mach-E, et beaucoup moins que dans un Tesla Model Y », modère Maxime Fontanier.

La visibilité est assez bonne par tous les temps dans le SUV électrique suédois, avec de larges rétroviseurs, un grand pare-brise, et un essuie-glace en lunette arrière. À 11,4 m, le diamètre de braquage apparaît moyen. « La direction est vraiment agréable, précise, et n’est pas chahutée lors des puissantes accélérations, contrairement au Volkswagen ID.4 qui peut générer des coupures lorsque les roues sont braquées », rapporte le journaliste.

En insistant dans les virages, le XC40 ne s’écrase pas trop, mais pourra laisser crisser ses pneus toutes saisons. « Elle a une légère tendance sous-vireuse, mais vraiment très progressive » ; « Non seulement on a des aides électroniques qui sont parfaitement gérées, mais on a aussi un super feeling au niveau de la pédale de freinage » ; « On a de très bons freins sur cette voiture », ressent le pilote maison qui ajoute : « C’est le parfait compromis en termes de châssis ! ».

Sur autoroutes

Comme la très grande majorité des voitures électriques, le Volvo XC40 à 2 roues motrices ne connaît pas de difficulté pour s’insérer sur une autoroute. Certains automobilistes pourront regretter sa vitesse maximale de 160 km/h.

Concernant les aides à la conduite, la finition Sart est dotée du maintien de ligne et du régulateur de vitesse qui n’est cependant pas actif. C’est-à-dire que l’allure ne s’adapte pas à celle du véhicule qui précède. « Il faut faire des concessions sur un modèle d’entrée de gamme », rappelle Maxime Fontanier.

Il se réjouit cependant de l’insonorisation à bord qui est meilleure que dans l’Audi Q4 e-tron même équipé en option d’un pare-brise acoustique et de vitres latérales feuilletées dont le SUV suédois est ici dépourvu.

Tarifs

D’ordinaire, le Volvo XC40 Recharge à 2 roues motrices démarre sa grille tarifaire à 45 800 euros. Mais jusqu’à la fin du présent mois d’août 2022, une remise de 4 % est accordée automatiquement. C’est pourquoi le prix plancher affiché en ce moment sur le site Internet du constructeur est de 43 950 euros. En déduisant le bonus écologique de 6 000 euros, on en arrive à 37 950 euros.

« En septembre, les tarifs risquent fortement d’augmenter, même si Volvo devrait conserver une version d’entrée de gamme éligible au bonus écologique intégral, c’est-à-dire sous les 47 000 euros », prévient notre spécialiste en voitures électriques. « C’est actuellement la meilleure offre sur les SUV électriques », conclut-il.

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