Partageant ses lignes avec la nouvelle Seat Leon, la Cupra Leon eHybrid hérite de la même configuration technique que la nouvelle Volkswagen Golf GTE. Première prise en main !

Indépendante mais toujours placée sous la direction de Seat, Cupra est la première des deux marques à intégrer la technologie hybride rechargeable. Si le Formentor devra patienter jusqu’en 2021, la Leon ouvre le bal en cette fin d’année.



Une Leon à l’ADN Cupra

Si les lignes et proportions ne changent pas par rapport à la nouvelle Seat Leon, Cupra réussit assez bien à démarquer son modèle. Au programme : des couleurs de carrosserie spécifiques, des jantes dédiées et une reprise des inserts cuivrés présents sur le logo. Avec l’ajout du logo de Cupra, encore peu connu, cette Leon fait facilement tourner les têtes.

À l’intérieur, on retrouve un rappel des motifs cuivrés aperçus à l’extérieur. Sur notre modèle d’essai, la finition est propre avec des éléments rembourrés, une sellerie cuir et des sièges réglables électriquement. Au niveau du volant, Cupra intègre l’option « Supersports ». Facturée 700 €, celle-ci se caractérise par l’ajout de deux boutons satellites dans la partie basse du volant. Celui de droite démarre la voiture tandis que celui de gauche permet de faire défiler les différents modes de série.

De série, l’instrumentation numérique s’étend sur 10,25 pouces. Loin d’être figée, elle peut être modifiée assez facilement par l’intermédiaire des commandes au volant. Elle est complétée par un écran d’infodivertissement de 10 pouces installé au centre du tableau de bord. Cupra faisant partie du groupe Volkswagen, ce dernier embarque le tout récent système d’exploitation MIB3. Si l’ergonomie est excellente et l’interface plutôt réactive dans son ensemble, on retrouve les défauts de jeunesse que nous avions déjà pu observer lors de notre essai de la Volkswagen ID.3. Nous avons ainsi constaté à plusieurs reprises des latences sur la navigation et même subi un « reboot » complet du système. Des petits bugs qui devraient être progressivement corrigés grâce aux différentes mises à jour réalisées à distance par le constructeur.

La partie électrique bénéficie elle aussi d’un menu dédié sur l’écran central. Devenu monnaie courante sur la quasi-totalité des modèles du marché, celui-ci permet de suivre son niveau d’énergie ou de programmer sa recharge. Une manipulation qui peut aussi être réalisée à distance via l’application Cupra Connect.

Sur le volet connectivité, cette Cupra Leon hybride rechargeable dispose de plusieurs fonctionnalités intéressantes dont fait partie le « Full Link ». Intégré de série, celui-ci permet de bénéficier d’Apple CarPlay sans avoir à brancher le câble de son téléphone. Android Auto est aussi accepté, mais en mode filaire seulement.

Au niveau du coffre, la Cupra Leon écope d’un carton rouge. Pénalisé par la présence du réservoir essence, le plancher a dû être relevé. Résultat : un espace réduit à seulement 270 litres, soit 110 litres de moins que les 380 litres offerts par les autres motorisations. Une fois placés les deux volumineux câbles, il ne reste plus grand-chose pour d’éventuels bagages.

Heureusement, la version Sportstourer vient régler le problème. Plus longue de 26 centimètres, elle se révèle plus pratique avec un double fond pour ranger les câbles. Son volume de chargement grimpe à 470 litres. C’est mieux, mais bien en deçà des plus de 600 litres proposés par la version thermique.

5 portes

Sportstourer



Longueur

4 398 mm

4 657 mm

Largeur

1 799 mm

1 799 mm

Hauteur

1 467 mm

1 463 mm

Empattement

2 681 mm

2 681 mm

Volume de coffre

270 l

470 l

Aux places arrière, deux ports USB permettent la recharge des appareils nomades. L’espace est correct, mais le passager du milieu devra composer avec la présence du tunnel central et une sellerie un peu dure.

Motorisation sportive

Alors que la Seat Leon eHybrid se contente d’une « petite » configuration, en 204 chevaux, la Cupra Leon hérite de la plus sportive. Identique à celle déjà embarquée à bord de la nouvelle Golf GTE, celle-ci se compose d’un moteur essence 1,4 l de 150 chevaux couplé un bloc électrique de 115 chevaux. En simple traction, le système cumule jusqu’à 245 chevaux de puissance et 400 Nm de couple.

Intégrée sous les sièges arrière, la batterie totalise 13 kWh de capacité énergétique et annonce une autonomie théorique de 55 à 60 kilomètres. Un peu juste, le chargeur embarqué ne tolère que 3,7 kW de puissance et nécessitera de patienter 3 h 30 sur une wallbox ou une borne publique et 6 heures sur une prise domestique pour une recharge complète.

Autonomie respectée et consommation maîtrisée

Au démarrage, c’est le mode hybride qui est activé par défaut. Pour enclencher le mode électrique, Cupra n’a pas choisi la voie la plus simple. Alors qu’il aurait simplement suffi d’intégrer la fonctionnalité au volant via le bouton pilotant les différents modes de conduite, le constructeur impose de passer par le menu de la console centrale. Une ergonomie peu pratique même si on apprécie de pouvoir choisir le seuil minimal de décharge de la batterie.

En tout électrique, la puissance est limitée à 115 chevaux et la vitesse de pointe à 130 km/h. Les accélérations sont correctes sans être foudroyantes. Au niveau de la régénération, Cupra propose un dispositif plutôt bien pensé. Couplé à la navigation, celui-ci tient compte des données topographiques pour anticiper les phases de ralentissement et vient ralentir la voiture automatiquement. Assez bluffant à utiliser, le système est complété par des informations d’écoconduite. Intégrées à l’instrumentation, celles-ci vous invitent à lever le pied de l’accélérateur à l’approche d’un virage ou d’une agglomération.

Sur un trajet majoritairement extra-urbain, nous avons pu parcourir 50 kilomètres avant que le moteur thermique ne vienne à la rescousse. Une valeur proche des 55 à 60 km annoncés par le cycle WLTP.

En matière de consommation, la Leon affiche également de bons résultats. Avec la batterie pleine, l’ordinateur de bord indiquait une moyenne de l’ordre de 4,2 l/100 km après 127 kilomètres parcourus. Après réinitialisation du tableau de bord, la moyenne grimpe à 6 l/100 km avec une batterie entièrement déchargée. Une consommation réelle loin d’être raccord avec les 1,3-1,4/100 km vantés par le cycle WLTP, mais qui reste plutôt correcte pour un véhicule de cette catégorie.

Test Automobile Propre

Chiffres constructeur

Autonomie réelle constatée

50 km

55-60 km WLTP

Consommation mixte (sur 127 km avec batterie pleine)

4,2 l/100 km

1.3-1.4 l/100 km

Consommation batterie déchargée

5,4 l/100 km

nc

Une voiture pour l’économie, mais aussi pour se faire plaisir. Avec 245 chevaux sous le capot, la Leon a de quoi satisfaire les amateurs de sportivité. Jouant sur différents paramètres, notamment direction et suspensions, les modes Sport et Cupra renforcent les sensations au volant et rendent les accélérations beaucoup plus réactives. Avec un couple grimpant jusqu’à 400 Nm et un 0 à 100 km/h franchi en 6,7 secondes, la Cupra Leon eHybrid est à la fois vive et précise dans les passages de courbes. Seul regret : la sonorité désastreuse du « moteur ». Simulée par les haut-parleurs, celle-ci se révèle excessive et frise le ridicule. À trop vouloir en faire, les ingénieurs de Cupra ont clairement raté leur coup. Heureusement, les différents paramétrages de l’auto permettent de s’en passer. Les plus pointilleux pourront même configurer un mode Individual. Au niveau des suspensions, 15 niveaux de réglages sont ainsi proposés !

Si vous souhaitez profiter de la quintessence des deux motorisations, il faudra également bien veiller à garder une petite réserve dans la batterie. Une fois le pack déchargé, la motorisation électrique est moins présente ce qui réduit nettement les performances de l’auto. Sauf impératif fiscal, les amateurs de gros moteurs auront tendance à s’orienter vers les deux versions thermiques de 245 et 300 chevaux à venir pour 2021.

Un tarif bien placé

Placée à la frontière du premium, la Cupra Leon eHybrid soigne son positionnement par rapport aux autres modèles branchés du groupe Volkswagen. Facturée 39 100 € hors bonus en berline et 41 100 € en break Sportstourer, la compacte espagnole est bien moins chère que la Volkswagen Golf GTE dont le prix débute à partir de 45 665 euros hors bonus.

Plus proche et dotée de la même motorisation, la Skoda Octavia RS débute à 42 160 €, mais avec des dimensions plus familiales (4,67 m). Chez Audi, la nouvelle A3 hybride rechargeable est moins chère (38 100 €), mais n’a droit à ce jour qu’à la configuration en 204 chevaux.

5 portes

Combi

Audi A3 TFSIe 204 ch

38 100 €

Cupra Leon eHybrid 245 ch

39 100 €

41 100 €

Skoda Octavia RS – 245 ch

42 160 €

43 260 €

Volkswagen Golf GTE – 245 ch 45 665 €

Bilan

Si les amateurs de sportivité s’orienteront sans doute vers l’une des deux motorisations « full essence », cette Cupra eHybrid dispose de solides arguments sur le plan environnemental. Avec une autonomie électrique conforme aux annonces et une consommation réduite à moins de 6 l/100 km une fois la batterie déchargée, elle reste un bon compromis entre sportivité et efficience.

On a aimé
  • Le style et l’ADN Cupra
  • L’autonomie conforme aux annonces
  • La consommation maîtrisée
  • Le tarif, bien placé au sein de la gamme VW


On a moins aimé
    • La capacité du coffre, trop réduite
    • Le son simulé en mode Cupra
    • Le chargeur embarqué de seulement 3,7 kW