E-Moke : quand la Mini-Moke passe à l'électrique

Parmi les déclinaisons de la Mini, la Moke se voulait un engin ludique et de plein air. BurBy’s la remet sur nos routes, en l’animant d’un moteur électrique.

Renaissances sous la fée électricité

Puisque l’avenir de l’automobile doit se conjuguer à l’électrique, pourquoi ne pas y apporter un peu de fun. Le XXIe siècle compte déjà quelques modèles incontournables du précédent revus avec une chaîne de traction électrique. En 2001, Feel Good annonçait au Canada une série de Dauphine électriques sur la base d’anciennes caisses de la citadine du Losange. Plus tard, en 2007, SCVE reproduit la ligne de la mythique Jeep sous la dénomination Scarlette. Réalisée en France, la E-Story réanime le concept de la Citroën Méhari sous sa ligne véritable, bien mieux que l’engin assemblé près de Rennes (35) qui s’appuie sur la Bluesummer de Bolloré. Au 86e salon automobile de Genève (Suisse), Microlino a présenté une réplique électrique de la fameuse BMW Isetta, alors que, sans trop rien en dire, Bee-Bee Automotive semble s’être largement inspiré, pour sa XS, de l’Autobianchi Panoramica développée sur base Fiat 500 dans les années 1960. Pourquoi un engin aussi fun que la Moke, conçue sur une des voitures reconnues comme ayant particulièrement marquées le XXe siècle, – la Mini-, échapperait au phénomène ?

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Sixties

Dans les années 1960, Sir Alec Issigonis s’est déjà fait un nom comme designer de divers modèles de voitures « so british », dont la Morris Minor commercialisée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Son coup de maître : la Mini, justement ! Au début de la décennie des yéyés, il répond à une demande de l’armée britannique pour un engin tout-terrain à acheminer sur les lieux des conflits en la parachutant depuis un avion. La Mini fournira un bon nombre d’organes à ce véhicule qui se montrera finalement très peu efficace sur le terrain. C’est plus au catalogue de Dinky Toys, réduite au 1/43e, qu’elle traversera les années dans cette livrée. Car la Moke s’est plus fait un nom dans le civil, et même au cinéma, en devenant le véhicule emblématique de la série « Le prisonnier », également reproduit en miniature par la même entreprise. Entre les périodes britanniques, australiennes et portugaises, et au sein du groupe Cagiva, la Moke a été dupliquée de 1964 à 1993 à tout juste moins de 50.000 exemplaires.

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Autonomie : 80 kilomètres

Alimenté par 8 batteries plomb-gel de 12 V, étanches, sans entretien et rechargeables en 6 heures depuis une prise domestique 16 A, le moteur brushless de 10 kW entraîne la E-Moke jusqu’à 70 km/h. A une allure plus mesurée, elle disposerait d’une autonomie de 80 km. Elle peut franchir des rampes d’une inclinaison maximale de 30%, et atteint sur le plat les 50 km/h, depuis l’arrêt, en 8,5 secondes. Sans les accumulateurs, dont la durée de vie est estimée à 3-4 ans, l’engin pèse 550 kilos.

6 couches anticorrosion

Garantie 2 ans, la E-Moke repose sur un châssis monobloc entièrement en acier, traité par cataphorèse et protection électrochimique, et revêtu de 6 couches de peinture anticorrosion. Des opérations qui n’ont rien de superflues, puisque le véhicule se prête tout particulièrement à une utilisation « cheveux au vent » en bord de mer, dont on connaît les conséquences néfastes sur les carrosseries. Le côté loisirs de la E-Moke se révèle aussi dans la capote nylon, avec portes enroulables, posée sur des arceaux. En option, une bâche bikini qui permet de s’abriter la tête tout en disposant d’ouvertures latérales sur toute la longueur de l’habitacle. A noter des sièges en imitation cuir, avec surpiqûres, facilement lavables, et un chauffage de type Webasto à alimenter au gazole.

E-Moke : la mini-moke électrique

Burby’s

Il faut être très au fait de toutes les productions et les cartes de service de la mobilité électrique pour citer le groupe BurBy’s, dont le siège social est basé à Villefranche-sur-Saône (69). Son dirigeant, Jean-Christophe Burnichon, précise pour Automobile Propre l’organigramme de la société qui préside à la destinée de Pélican Progolf et Locasystème France. Depuis 1987, cette dernière propose des véhicules électriques à la location longue durée, de 24 à 48 mois, ou avec option d’achat, en ciblant prioritairement les PME et PMI. Les engins au catalogue sont tout simplement ceux commercialisés par Pélican Progolf depuis sa création en 2004 ; principalement des golfettes carrossées en véritables petits utilitaires pour tous les usages.

Depuis janvier 2016

Fabricant de la E-Moke, BurBy’s a lancé sa commercialisation en janvier dernier. Déjà 35 exemplaires livrés dans l’Hexagone et dans les îles. « Notre objectif reste modeste cette année : 60 à 100 unités », chiffre Jean-Christophe Burnichon. C’est qu’il y a un réseau de distribution à constituer. Monaco, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, la Gironde, la Loire-Atlantique, la Seine-et-Marne et le Var sont déjà pourvus.

Nous avons contacté Frédéric Sereul de la Carrosserie Croisienne à La Croix-Valmer (83), qui a vendu 8 exemplaires de l’E-Moke à ce jour. « C’est une voiture ludique, de loisirs, qui surfe sur le mythe de Saint-Tropez [NDLR : à 12 km de La Croix-Valmer] », commente notre interlocuteur. « Ce que les intéressés apprécient, c’est de disposer d’une voiture mythique qui a été modernisée », poursuit-il.

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Une utilisatrice ravie

Madame Nicolle Cordelier est ravie de sa Moke branchée. Amatrice de belles anciennes, elle a découvert cette voiture en amenant sa Mercedes de collection à la Carrosserie Croisienne. Elle a autrefois roulé dans une véritable Moke des années 1980, qu’elle a gardée quelques années.

« Ma Moke électrique est parfaite et agréable pour aller en ville, faire mes courses à Saint-Tropez, et me rendre à la plage : elle répond totalement à mes besoins », témoigne-t-elle. « Je me suis offert cette voiture pour mon Noël dernier », s’amuse-t-elle à dire.

Reçu en janvier, l’engin affiche plus de 1.600 kilomètres au compteur. « Je ne lui trouve pas de défauts. Pour les qualités, j’apprécie de pouvoir la mettre à recharger dans mon garage sur une prise classique, de me garer facilement en ville avec, d’évoluer silencieusement dans les rues », juge-t-elle. Sa Moke électrique, elle la trouve esthétique et confortable. « Je l’appelle mon jouet, suis très heureuse lorsque je la conduit et ne passe pas inaperçue à son volant », se réjouit-elle. « Quand mes petits-enfants viennent en vacances, je préfère les savoir s’amuser avec cette voiture que sur un scooter », se rassure madame Cordelier.

Juste un souhait de sa part : un peu plus d’autonomie. Notre interviewée se limite en effet à 50-60 kilomètres sur une charge, pour préserver les batteries.

Nicolle Cordelier est ravie de sa Moke branchée

Nicolle Cordelier est ravie de sa Moke branchée

Les pros aussi

« Se promener au bord des plages silencieusement : voilà ce qu’apprécient les utilisateurs de la E-Moke », s’enthousiasme Frédéric Sereul. « Une agence immobilière en a acheté une pour faire visiter des biens à ses clients », note-t-il concernant les professionnels qui s’intéressent à la voiture ludique produite par BurBy’s. « A Ramatuelle et à Saint-Tropez, des campings en proposent à leurs clients, soit en prêt, soit à la location », ajoute-t-il. Il observe : « Avec les beaux jours qui s’annoncent, l’intérêt pour la E-Moke s’intensifie ».

Déjà la Nosmoke

BurBy’s n’est pas la première entreprise en France à s’être intéressée à la Moke pour l’électrifier. Installé depuis 2 ans à Cerisay, dans l’enceinte Heuliez, Noun Electric produit déjà la Nosmoke. Mes quelques contacts susceptibles de m’aider à la distinguer de l’E-Moke ont plutôt été bien embarrassés pour me répondre, tellement les 2 voitures partagent les mêmes caractéristiques (autonomie, vitesse maximum, technologie de batterie, jantes, etc.) au sein de la catégorie européenne de véhicules L7e (quadricycles lourds). Jusqu’à leurs dimensions qui sont rigoureusement identiques : L x l x h = 3,18 x 1,45 x 1,55 m. Meilleure résistance à l’oxydation pour les régions du littoral ? Plus grande fiabilité à l’usage ? Trop tôt pour le dire. Mais, pour une différence de présentation, des éléments chromés à ajouter pour la voiture fabriquée par BurBy’s. En outre, « l’E-Moke est moins chère de plus de 1.000 euros [NDLR : 14.950 TTC euros contre 15.990], disposant en série de la bâche hiver et de la roue de secours qu’il faut acheter en option avec la Nosmoke (1.200 + 330 euros environ) », signale Frédéric Sereul, qui aura finalement commercialisé les jumelles branchées. Il modère cependant : « Une nouvelle version de la Nosmoke sera prochainement présentée ».

Automobile Propre et moi-même remercions toutes les personnes qui nous ont aidés à réaliser cet article : Jean-Christophe Burnichon et Clémentine Bouhy du groupe BurBy’s, Frédéric Sereul de la Carrosserie Croisienne, Jean-Yves Fossard de la société Accus Service, et madame Nicolle Cordelier.

 

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