Toyota BZ4X Concept 2021

S’estimant lésés, Honda et Toyota veulent faire annuler une nouvelle prime fiscale aux États-Unis.

À l’heure de l’électrification du marché de l’automobile, la position des deux constructeurs nippons a de quoi faire débat. Honda et Toyota ont en effet exprimé leur désaccord face à une proposition de loi à la chambre des représentants.

Celle-ci propose d’offrir aux clients un avantage fiscal supplémentaire de 4 500 dollars pour l’achat d’une voiture électrique. Le seul problème pour les deux constructeurs est que cet avantage ne concernerait que les voitures que produisent les constructeurs ayant une affiliation au plus puissant syndicat des travailleurs automobiles du pays, l’UAW. L’Union Auto Workers est un syndicat basé à Détroit. Celui-ci regroupe General Motors, Ford et Chrysler, donc Stellantis. La puissance de l’UAW lui permet d’avoir les faveurs des gouvernements en place, qui cherchent à privilégier ses adhérents.

L’avantage fiscal que veulent donner les démocrates aux constructeurs ayant un lien avec l’UAW leur permettrait d’offrir jusqu’à 12 500 dollars de prime à l’achat, soit 10 000 euros. Le bonus écologique actuel est de 7 500 dollars. Par ailleurs, 500 dollars s’ajoutent si le constructeur fabrique ses batteries dans le pays.

Selon l’agence Reuters, Toyota a jugé que ce plan « discrimine les travailleurs américains selon leur choix d’adhérer à un syndicat ». Le constructeur souhaite se « battre pour que les dollars des contribuables servent à rendre les voitures électrifiées à tous les clients américains qui ne peuvent pas se payer des voitures onéreuses. »

De son côté, Honda a fait des commentaires similaires. Jugeant « injuste » cette mesure à 34 milliards de dollars, la marque précise vouloir « un traitement juste » par le Congrès.

Avis de l'auteur

Si les arguments de Toyota et Honda peuvent se comprendre, l’effet de ce refus risque de poser problème. En effet, Joe Biden compte sur ces divers plans d’aides à l’achat de voitures électriques pour tenir ses objectifs.

Les États-Unis veulent en effet 50 % de voitures électriques à l’horizon 2030, et le rythme d’achat doit se développer pour y parvenir. Cette fracture au sein des constructeurs risque de gêner la mise en place de ce nouveau bonus.

Dans le cas de Toyota en particulier, cette critique apparaît comme un nouveau moyen de ralentir l’adoption du véhicule électrique. Autrefois leader de l’automobile hybride, le constructeur a déjà montré une certaine mauvaise volonté vis-à-vis des véhicules 100 % électriques.

Rappelé à l’ordre par ses actionnaires il y a peu, le constructeur continue à entretenir cette image peu volontaire. Une posture qui va rapidement devenir intenable en 2021, à l’heure où le tout électrique se révèle incontournable.