Notre article intitulé « A la recherche des 900 bornes de recharge Lidl », mis en ligne jeudi 23 mars 2017, a généré un certain nombre de commentaires intéressants que Boris Cuvillier, directeur construction chez Lidl France, a pris très au sérieux. Il a tenu à le faire savoir à nos lecteurs.

Déblocage de situations

Depuis Rungis (94) où il est installé, Boris Cuvillier supervise, entre autres, la construction des nouveaux magasins et bases logistiques. Les bornes de recharge sur les parkings pour le ravitaillement des batteries des voitures électriques et hybrides rechargeables : c’est lui qui imagine, pilote les tests, corrige un peu tous les scénarios d’utilisation et de déploiement.



Le premier point sur lequel nous avons échangé avec lui, c’est sur les quelques problèmes qui ont été mentionnés dans les commentaires déposés par les lecteurs d’Automobile Propre à la suite de notre premier article consacré au déploiement des bornes de recharge dans les magasins Lidl en France. Ainsi ces 2 réactions d’électromobiliens : « Deux bornes de recharge que j’ai découvert par hasard. Malheureusement, pour le moment elles ne sont toujours pas opérationnelles ; impossible, également de connaître les conditions de recharge » (erdna) ; « Le magasin ne dispose d’aucun badge pour l’activer et les différents badges testés sont refusés par la borne » (PIFOUKIA). Notre interlocuteur va interroger les équipes concernées pour que ces situations bloquantes disparaissent.

A chaque magasin son scénario d’utilisation ?

On a pu lire çà et là sur la Toile que l’amplitude des horaires et les règles d’utilisation des bornes de recharge installées sur les parkings des magasins Lidl étaient à la discrétion des directeurs de chaque établissement. Ce qui est en application chez certains concurrents n’est pas valable ici.

« Lidl n’est pas une chaîne franchisée, c’est un groupe intégré, sans adhérent : tous les magasins appartiennent au même propriétaire et doivent appliquer les mêmes consignes », explique Boris Cuvillier. Voilà pourquoi il a entière autorité pour intervenir sur les sites où des problèmes de disponibilité de bornes sont constatés. Actuellement, par exemple, un mode opératoire est en cours de réalisation qui sera collé sur les bornes accélérées Ensto afin d’informer la clientèle de la façon de les utiliser. « Pour accéder aux connecteurs, il faut appuyer au moins 2 secondes sur le bouton d’ouverture des trappes ; ce qui n’est pas une évidence pour tout le monde », commente notre interlocuteur.

Horaires d’ouverture du service de recharge

Sur le fond, Boris Cuvillier n’est pas foncièrement opposé à une plus grande amplitude de disponibilité du service de recharge. « S’il y a une véritable demande, l’ouverture pourrait s’étendre de 7 à 22 heures », nous confie-t-il. Au-delà, le risque est pour lui trop grand que l’usage du matériel soit détourné de sa véritable fonction : ravitailler les véhicules branchés.

Si certains magasins laissent pour l’instant les bornes disponibles 24/7, à la limite, tant mieux pour les électromobiliens qui peuvent en profiter aujourd’hui. Il convient juste, sans doute, de ne pas l’ébruiter publiquement !

900 bornes à venir, vraiment ?

Dans notre précédent article, nous avions indiqué « 900 bornes à déployer d’ici 2021 », selon une information que nous avions trouvée à la lecture d’une vidéo consacrée au développement durable chez Lidl.

« C’est plus que cela ! », tranche Boris Cuvillier. Voilà une excellente nouvelle ! « Sur les 1.500 magasins qui existent en France, un programme déjà engagé, à échéance fin 2021 ou début 2022, prévoit la reconstruction de 1.000 d’entre eux ; 90 ont déjà été refaits, qui ont chacun été équipés de 2 bornes ; il reste effectivement 900 établissements à reconstruire qui recevront 1 ou 2 bornes de recharge », détaille le directeur construction. Intéressant, d’autant plus que notre interlocuteur certifie : « Un client est toujours à moins de 20 minutes d’un magasin Lidl ! ».



Des évolutions à venir sur les types de borne…

« Aujourd’hui, nous testons le déploiement des bornes avec du matériel Ensto pour la recharge accélérée, et avec ABB pour la recharge rapide », rappelle Boris Cuvillier. « Pour ces dernières, nous avons dû redescendre la puissance de recharge à 22 kW afin d’éliminer certains problèmes que nous avons rencontrés avec des Renault Zoé », révèle-t-il.

On ne peut que croiser cette information avec le commentaire déposé à la suite de notre premier article par depret jean-paul : « … et puissance inférieure à l’annonce (au moins pour certaines) ». Une question se pose : cette baisse de puissance est-elle effective seulement sur la sortie AC avec connecteur de type 2, ou s’étend-elle aux standards DC CHAdeMO et Combo ? Notre interlocuteur souhaite interroger ses techniciens avant de nous répondre. Si l’information nous parvenait après mise en ligne du présent article, nous la diffuserions en commentaire.

Quoi qu’il en soit, un nouvel appel d’offres va être lancé en avril… pour des bornes accélérées AC. « Elles coûtent environ 16 fois moins cher que les bornes rapides », plaide-t-il. A nos lecteurs de commenter cette nouvelle orientation qui risque de mécontenter, si elle est mise en application, un certain nombres d’électromobiliens qui vont voir passer la puissance de recharge pour leur voiture électrique de 50 kW environ, à 2 kW ! Un paiement du service, aussi symbolique soit-il, ne serait-il pas préférable ?

…mais aussi sur le temps de recharge

« Nous souhaitons privilégier nos clients et proposer un service qui ne dégrade pas nos marges », explique Boris Cuvillier. « C’est pour cela que nous testons différents scénarios avec des temps de connexion différents », poursuit-il. Voilà pourquoi ratounet37 et pauge ont respectivement constaté : « Minuterie de 30 minutes, pas une de plus, charge stoppée » ; « Charge limitée a 30 min. ».

Le directeur construction de Lidl France commente : « Nous effectuons effectivement des test de durée dans certains magasins ». Il enchaîne : « Trente minutes, c’est le temps que passe un client dans un de nos établissements ». En clair, puisqu’il s’agit « de récompenser les clients » de l’enseigne, la durée de connexion pourrait bien être restreinte à 30, ou peut-être 60 minutes. C’est peu pour ravitailler certaines voitures à 2 kW, comme les C-ZiMiOn ou les Nissan Leaf et e-NV200 qui ne sont pas équipés du chargeur 7 kW ! Juste de quoi parcourir entre 5 et 10 kilomètres pour une demi-heure de recharge. Et pour d’autres modèles encore, plus moyen de compter sur le réseau Lidl lorsqu’il s’agit d’effectuer ou prévoir de grands trajets !

Des badges ?

En France, le badge pour utiliser les bornes de recharge du grand distributeur originaire d’Allemagne n’est pas à l’ordre du jour. «

 Lidl Belgique exploite un tel sésame au niveau national, contre 12 euros à l’année », illustre Boris Cuvillier. Comme on peut le sentir à travers cet entretien, le réseau supervisé par notre interlocuteur se cherche encore. Ce dernier est à l’écoute des remarques des lecteurs d’Automobile Propre.

Tesla dans la démarche éco-responsable

Globalement, Lidl souhaite poursuivre une politique éco-responsable. Ainsi avec ce chèque du million d’euros signé à l’ordre de la Fondation Coluche, mais aussi en recyclant 70% de ses déchets, et en recherchant à satisfaire à la certification Breeam en performance environnementale des bâtiments.

Chaque nouveau magasin sera équipé au minimum de 500 m2 de panneaux solaires qui permettront de gommer leurs pics de consommation. Des négociations sont actuellement en cours avec Tesla pour la fourniture de batteries de stockage à haute performance.