Estimant subir un véritable « assaut » sur le segment électrique, BMW utilise la peur de Tesla et de la montée en puissance de ses concurrents pour motiver et sensibiliser ses troupes.

Réunis dans un aérodrome abandonné près de Munich, une foule d’employés de BMW observent des images qui défilent sur un écran géant. Une Mercedes EQ, une Porsche Mission E, un Jaguar i-Pace« Nous sommes au milieu d’un assaut électrique », déclare d’un ton grave la voix du présentateur lorsque la photo du patron de Tesla apparaît. « Cela doit être pris très au sérieux ».

Pour la marque allemande, l’objectif est de faire prendre conscience à son staff de la nécessaire mutation de l’industrie automobile vers des nouvelles formes de mobilité. Car sur le segment de l’électrique, BMW a pris clairement du retard par rapport à ses concurrents. Alors que Tesla s’apprête à lancer sa Model 3, que Mercedes lance sa gamme EQ et que Volkswagen confirme une vaste offensive à compter de 2020, le constructeur munichois reste beaucoup plus discret. Sur le 100 % électrique, l’arrivée de la nouvelle i3 en fin d’année et les versions électriques de la Mini et du X3 ont bien été confirmées mais on sent le constructeur beaucoup moins offensif que ses compétiteurs, Volkswagen en tête.

Et si le constructeur continue d’engranger des bénéfices record, il est désormais passé derrière Mercedes en termes de ventes. Il a également perdu l’an dernier plusieurs cadres supérieurs. Deux spécialistes de l’électrique sont notamment partis chez des constructeurs chinois tandis que ses meilleurs designers ont été débauchés par ses rivaux. De quoi inquiéter le géant allemand.

Commerciaux, concessionnaires, ingénieurs… Depuis le début de l’année, quelque 14.000 employés de la marque, soit environ 10 % de ses troupes, ont participé à ces sessions qui vont bien au-delà de la seule voiture électrique. Techniques de ventes, nouvelles applications, voiture autonome… Il s’agit pour le constructeur de montrer à ses employés les futures orientations de l’industrie automobile pour mieux les préparer.

Un avenir qui passera obligatoirement par la voiture électrique… D’ici à 2025, le constructeur estime que les véhicules électriques et hybrides rechargeables pourraient représenter 15 à 25 % de ses ventes globales.

Source : Bloomberg