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Comme la plupart des constructeurs, le groupe allemand opère une évolution importante de sa stratégie, en partie liée à l’électrification des gammes. Et cela pèse sur sa rentabilité…
Dans l’industrie automobile, la transition vers l’électrique impose un changement de modèle industriel, mais aussi financier. Les constructeurs doivent investir massivement dans les batteries, les plateformes dédiées, les logiciels et la transformation des usines, tout en continuant à financer leurs gammes thermiques et hybrides. Pour Volkswagen, qui s’est engagé depuis plusieurs années dans une électrification à grande échelle, cette phase de bascule est coûteuse. Le groupe vend bien des voitures électriques, mais celles-ci ne dégagent pas encore le même niveau de rentabilité que les modèles à combustion.
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Témoignage : « une brave bête », voilà ce que pensent les propriétaires français de leur Kia Niro hybride !Et cet écart ne devrait pas disparaître tout de suite. Selon Automotive News Europe, Volkswagen ne pense pas atteindre la parité de marge entre ses voitures électriques et ses modèles thermiques avant l’arrivée de sa future plateforme SSP, attendue à horizon 2030. Cette architecture doit remplacer à terme les plateformes électriques actuelles du groupe, dont la MEB, la MEB+ et la PPE. En attendant, Volkswagen tente de réduire l’écart avec sa plateforme MEB+, qui sert de base à plusieurs modèles électriques d’entrée de gamme, comme les Volkswagen ID.Polo, Skoda Epiq et Cupra Raval.
Mais selon Arno Antlitz, directeur financier et opérationnel du groupe, ces modèles ne devraient générer que 70 à 80 % des marges de véhicules thermiques comparables, comme le Volkswagen T-Cross. Autrement dit, même les futures électriques plus accessibles resteront moins rentables que leurs équivalents à moteur thermique… Sans compter que Volkswagen doit encore vendre ses modèles électriques avec des efforts commerciaux importants pour stimuler la demande, notamment en Europe. Cette situation pèse logiquement sur la trajectoire financière du groupe.
Les résultats du premier trimestre 2026 sont révélateurs. Volkswagen a vu son chiffre d’affaires reculer de 2 %, à 75,7 milliards d’euros. Son résultat opérationnel a baissé de 14,3 %, à 2,5 milliards d’euros. La marge opérationnelle ressort à seulement 3,3 %, contre 3,7 % un an plus tôt. Pourtant, la firme de Wolfsburg fait des efforts ! Volkswagen affirme avoir réduit ses frais généraux de près d’un milliard d’euros et dégagé un flux de trésorerie net de 2 milliards d’euros dans sa branche automobile. Les commandes de voitures électriques sont même en hausse de 4 %, preuve que la demande est là.
La pression est d’autant plus forte que Volkswagen recule sur certains marchés clés. En Chine, ses ventes ont par exemple chuté de 20 % au premier trimestre 2026. Au sein de l’empire du Milieu, le groupe fait face à des constructeurs locaux très compétitifs, souvent plus avancés sur l’électrique et très agressifs sur les prix. Cette baisse est encore plus marquée sur les voitures électriques. Selon les chiffres rapportés par Automotive News Europe, les volumes de VE ont reculé de 64 % en Chine au premier trimestre.
La situation n’est pas beaucoup plus simple aux États-Unis. Les ventes de voitures électriques de Volkswagen y auraient chuté de 80 % sur la même période, en partie à cause de la hausse des droits de douane. À l’échelle mondiale, le groupe a livré 216 800 voitures électriques au premier trimestre 2026, soit une baisse de 7,7 % sur un an. La progression de 12 % des ventes de voitures électriques en Europe n’a pas suffi à compenser les reculs observés sur les deux autres grands marchés mondiaux.
À ces difficultés commerciales s’ajoutent d’autres défis. On peut citer les droits de douane, les tensions géopolitiques, le durcissement des normes CO2 ou encore la volatilité des coûts de l’énergie ou des matières premières. Sur le front réglementaire, Volkswagen anticipe même des pénalités européennes comprises entre 400 et 500 millions d’euros par an entre 2025 et 2027, faute d’atteindre ses objectifs de réduction des émissions de CO2. Là encore, le groupe se retrouve face à un arbitrage délicat. Il faut vendre plus d’électriques pour limiter les amendes, tout en acceptant une rentabilité plus faible.
Volkswagen reconnaît que ses mesures de maîtrise des coûts ne suffisent plus. Le groupe souhaite aller plus loin en simplifiant ses gammes et son organisation industrielle. Pour 2026, le groupe allemand vise une marge opérationnelle comprise entre 4 et 5,5 %. Cet aveu a le mérite de montrer aussi que la transition électrique est une équation complexe. Vendre davantage de voitures électriques ne suffit pas… Pour survivre, les marques doivent trouver la bonne formule pour les fabriquer avec une rentabilité comparable à celle des modèles thermiques. Et ce n’est pas une mince affaire.
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