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En Chine, les constructeurs multiplient les voitures électriques à prolongateur d’autonomie dotées de batteries toujours plus imposantes. Capables de parcourir plus de 400 km sans essence, ces modèles conservent pourtant un moteur thermique utilisé comme générateur. Mais c’est surtout pour rassurer les clients…
Longtemps présentées comme une solution intermédiaire entre l’hybride rechargeable et le 100 % électrique, les voitures électriques à prolongateur d’autonomie prennent une direction surprenante en Chine. En effet, leur batterie devient parfois si généreuse que le moteur thermique embarqué semble presque superflu…
Le principe d’un EREV est relativement simple : les roues sont entraînées par un ou plusieurs moteurs électriques, tandis qu’un bloc essence sert de générateur pour recharger la batterie lorsque celle-ci est presque vide. Contrairement à un PHEV classique, le moteur thermique n’est donc pas directement relié aux roues. La nuance est importante, puisque le véhicule conserve en permanence une propulsion électrique.
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Voitures électriques à prolongateur d’autonomie : et si elles n’étaient pas adaptées au marché européen ?Cette architecture a été popularisée en Chine par Li Auto au début des années 2020, avant d’être adoptée par d’autres constructeurs. Mais les caractéristiques des modèles récents brouillent de plus en plus la frontière avec les voitures 100 % électriques. Les Aito M9, Leapmotor D19 ou Sky Nomad N70 de Xiaomi disposent d’énormes batteries. Ces véhicules revendiquent jusqu’à 500 km d’autonomie en mode électrique (norme chinoise).
Avec de telles capacités, les conducteurs peuvent assurer leurs trajets du quotidien sans utiliser une seule goutte d’essence. Selon une enquête relayée par le média chinois DoNews, 90 % des propriétaires considéreraient leur EREV comme une voiture électrique. Environ 70 % d’entre eux ne feraient le plein que moins d’une fois tous les six mois. Cela donne une bonne idée de l’usage qui est fait des électriques à autonomie prolongée.
Le prolongateur d’autonomie jouerait alors surtout un rôle psychologique. Il sert de garantie en cas de long déplacement, de borne indisponible ou de forte baisse d’autonomie pendant les hivers rigoureux du nord de la Chine. Sa seule présence suffit à réduire la crainte de la panne, même s’il reste inutilisé pendant plusieurs mois.
Cette évolution suscite toutefois des critiques. Plusieurs responsables de l’industrie estiment qu’un moteur thermique devient difficile à justifier lorsqu’un véhicule peut déjà parcourir 400 ou 500 km sur sa batterie, d’autant que ces modèles proposent aussi des recharges rapides. Il ajoute du poids, du coût et de la complexité, tout en exigeant un entretien régulier malgré une utilisation occasionnelle. Les constructeurs continuent pourtant de proposer cette solution, car elle répond à une demande bien réelle.
En Chine, le moteur thermique des EREV agit donc de plus en plus comme une assurance contre l’imprévu… Les électriques à autonomie prolongée pourraient ainsi conserver un rôle important dans la transition vers l’électrique, avant de perdre progressivement leur intérêt à mesure que le réseau de bornes gagnera en densité.
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