Utilitaires électriques et aides CEE : ce que pourrait changer cette réforme attendue en juin 2026

La suite de votre contenu après cette annonce

Le gouvernement prévoit de réformer dès juin 2026 les certificats d’économies d’énergie pour les utilitaires électriques, avec de nouveaux critères de fabrication et un mode de calcul révisé.

Les constructeurs n’ont pas fini de s’arracher les cheveux avec la réglementation. Déjà confrontés à de nombreuses évolutions sur les aides accordées aux voitures électriques, ils vont bientôt devoir composer avec de nouvelles règles pour les utilitaires électriques.

Un nouveau projet d’arrêté serait en effet sur le point d’introduire un critère de fabrication strict pour l’accès aux bonifications CEE. Comme c’est déjà le cas pour les voitures particulières, les véhicules utilitaires devront être produits au sein de l’Espace économique européen pour être éligibles. Cette zone inclut les pays de l’Union européenne ainsi que l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein. L’objectif consiste à orienter les aides vers une production industrielle européenne.

L’Ademe sera chargée de vérifier les informations transmises par les constructeurs. L’agence établira ensuite une liste des modèles conformes. Publique, elle sera actualisée chaque mois. Comme de coutume, les délais sont courts. Les constructeurs devront déposer leurs dossiers avant le 10 mai 2026 pour apparaître dans la première publication.

À lire aussi
Prime CEE : un bonus en hausse pour les voitures électriques de Volkswagen, Audi, Cupra et Skoda

Un nouveau mode de calcul basé sur le poids

Le second changement concerne la méthode de calcul des certificats d’économies d’énergie. Le dispositif abandonne la logique basée sur la composition des flottes au profit d’un critère lié au poids des véhicules. Trois catégories seront définies pour les utilitaires légers électriques. Les modèles les plus légers bénéficieront d’un volume de certificats inférieur à celui des véhicules plus lourds. Chaque catégorie sera également associée à un coefficient multiplicateur spécifique.

Dans le détail, les véhicules N1 et N2 de moins de 1,55 tonne recevront 116 000 kWh cumac (cumulés actualisés, l’unité utilisée dans le cadre des CEE). Ceux compris entre 1,55 et 2 tonnes atteindront 125 400 kWh cumac. Les modèles de plus de 2 tonnes pourront bénéficier de 172 600 kWh cumac. Les coefficients multiplicateurs seront respectivement de trois, cinq et sept selon les tranches.

MAJ 22/04 : Le projet d’arrêté est disponible sur le site du gouvernement.

Calcul du volume de CEE 

Poids du véhiculeBase (kWh cumac)CoefficientRésultat (kWh cumac)
Moins de 1,55 t116 0003348 000
Entre 1,55 t et 2 t125 4005627 000
Plus de 2 t172 60071 208 200

Des aides pouvant atteindre 10 000 euros

Sur la base d’un prix moyen du MWh cumac fixé à 8 euros, les montants des nouvelles aides accordées aux utilitaires électriques pourront varier fortement. Alors que les modèles les plus légers pourraient bénéficier d’environ 3 000 euros, les modèles les plus lourds atteindront des aides proches de 10 000 euros avec une tranche intermédiaire autour de 5000 euros.

Ce dispositif devrait s’appliquer jusqu’au 30 juin 2029, l’exécutif vise une part de 50 % d’utilitaires électriques dans les ventes à l’horizon 2030.

Cet article vous a plu ? Rejoignez la discussion !

Accéder au forum
Pioupil y a un mois

Soit j'ai mal compris, soit c'est complètement idiot, cette histoire de poids. Je comprends la logique d'aider plus à l'achat d'un Master que d'un Kangoo, mais il y a peut-être des critères plus pertinents pour les distinguer, non ? Charge utile, longueur ? Là, on encourage le constructeur à alourdir ses produits, c'est aberrant.

2

CerveauAChargeLenteil y a un mois

Les européens nous font un remake de la loi pro-SUV pondue par les américains il y a 15 ans.
C'est mignon.

Je vois bien tous les constructeurs rajouter 500 kilos d'acier bas de gamme pour simplement dépasser les 2 tonnes.
Si encore, c'était pour mettre des batteries en plus ...

Ne riez pas.
Même Sony l'a fait avec la Playstation 2 : ils ont rajouté une barre de fer inutile, car pour l'américain moyen si c'est plus lourd c'est qu'il en a forcément plus pour son argent. Et tant pis pour les frais de transport ++ et la pollution générée pour le reste de la planète.

1

Au courant pas sous tensioil y a un mois

Si on s'en tient à l'ECONOMIE D'Energie, ça peut paraître bizarre, parce que, que l'énergie soit électrique, thermiqie ou à accumulation (inertielle, élastique), plus c'est lourd, moins ça devrait être sanctionné favorablement. Et alors ça apparait en effet comme stupide.

Si on s'intéresse plus précisément à la transition énergétique, alors si on passe un gros camion de thermique vers l'électrique, c'est davantage vertueux que pour un tout petit, parce que justement la quantité d'énergie.est plus importante, donc il est plus "positivement contributeur", dirais-je, de convertir un gros camion à l'électrique. Mais le terme CEE n'est pas très raccord avec ce constat.

En outre, à iso kWh utiles, le rendement global d'une chaîne de propulsion électrique est au moins double de celui d'un moteur thermique, ce qui laisse supposer que la consommation sera au moins 2 fois moins élevée en électrique qu'en thermique (à iso-besoin en déplacement du véhicule, donc), et cette réduction sera d'autant plus importante que le camion est lourd.

Et alors, l'acception CEE reprend tout son sens, et le fait le faire grandir l'avantage avec la masse du véhicule redevient très logique.

Nos guides