Transport routier : en Île-de-France, la décarbonation avance plus vite que prévu grâce au programme EVE

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Image : programme EVE

Le programme EVE, pour Engagements Volontaires pour l’Environnement, est un dispositif national porté par l’ADEME qui aide les acteurs du transport et de la logistique à réduire leur impact énergétique et environnemental. Ses créateurs tirent un bilan après huit années d’existence.

Un dispositif collectif pour accélérer la transition du secteur

Le transport routier est directement visé par la stratégie nationale bas carbone, avec une trajectoire qui prévoit une baisse de 28 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 2015, avant une sortie complète du carbone en 2050. Ce cadre impose une transformation rapide du secteur, mais il ouvre aussi des perspectives en matière de compétitivité pour les acteurs qui s’engagent. C’est pour accompagner les différents acteurs de cette transition qu’a été lancé en 2018 le programme Engagements Volontaires pour l’Environnement, porté par l’État via l’ADEME, en partenariat avec Eco CO2 et les organisations professionnelles du transport et de la logistique. L’idée était de créer un cadre commun capable d’embarquer un maximum d’entreprises dans une démarche structurée, avec des outils concrets et un accompagnement adapté.

Le fonctionnement reposait sur des entreprises volontaires, qui signaient une charte, puis mettaient en place un plan d’action sur trois ans pour réduire leurs émissions. Elles pouvaient suivre leurs progrès via une plateforme dédiée, avec à la clé une reconnaissance officielle sous forme de labellisation lorsque les objectifs étaient atteints. Le programme s’est décliné en plusieurs volets selon les métiers. FRET21 s’adressait aux chargeurs, EVcom aux commissionnaires de transport, et Objectif CO2 aux transporteurs de marchandises et de voyageurs. Chaque segment disposait d’indicateurs et de leviers adaptés à ses contraintes opérationnelles.

Au-delà des outils, l’ADEME a assuré un suivi individualisé, en tenant compte des spécificités de chaque entreprise. Cette approche a permis de structurer les démarches, mais aussi de démontrer que les actions engagées pouvaient générer des gains économiques, notamment via la réduction des consommations de carburant et l’optimisation des flux logistiques.

Des résultats mesurables et une dynamique qui se prolonge

En Île-de-France, selon ses initiateurs, le programme a trouvé un terrain particulièrement réceptif, notamment du fait que le tissu économique dense et la pression sur les mobilités ont incité de nombreux acteurs à s’engager. Les entreprises de transport de marchandises, les opérateurs de logistique et les acteurs du transport de voyageurs ont progressivement intégré ces démarches dans leur fonctionnement quotidien.

Depuis 2010, 525 entreprises ou groupes franciliens ont adhéré à la charte Objectif CO2, soit environ 15 % des participants au niveau national. Cela représente un parc de 227 000 véhicules et plus de 217 000 conducteurs concernés par des actions de réduction des émissions. À fin 2025, ces engagements ont permis d’éviter l’émission de 726 000 tonnes de CO2. Rapporté à l’usage de carburant, cela correspond à environ 244 millions de litres de diesel économisés, pour un gain financier estimé à 340 millions d’euros.

Le dispositif EVcom affiche également des résultats significatifs. Depuis 2020, 29 entreprises franciliennes se sont engagées dans cette démarche, avec à la clé une réduction cumulée de 820 000 tonnes de CO2. Cela équivaut à près de 259 millions de litres de carburant non consommés, ce qui illustre l’impact des actions mises en place sur les chaînes logistiques. Ces résultats reposent sur différentes évolutions : Les entreprises ont travaillé sur l’optimisation des trajets, en limitant les kilomètres à vide et en améliorant le remplissage des véhicules. Elles ont aussi renouvelé leurs flottes avec des modèles moins émetteurs, tout en formant les conducteurs à des pratiques d’éco-conduite plus efficaces. L’ensemble de ces leviers a permis d’atteindre une réduction moyenne de 15,2 % des émissions de CO2 pour les entreprises engagées en Île-de-France, soit un niveau bien supérieur à l’objectif initial de 5 %.

Même si le programme EVE a pris fin le 31 décembre 2025, la dynamique ne s’arrête pas. Les labels FRET21 et Objectif CO2 restent accessibles, avec une certification désormais délivrée par l’Afnor. L’ADEME Île-de-France continue de suivre les entreprises déjà engagées et propose de nouveaux dispositifs pour accompagner la transition, comme les programmes REMOVE et E-Trans.

Le programme EVE aura essentiellement servi de catalyseur en permettant de structurer des méthodes, de créer des référentiels communs et d’installer une culture de la mesure des émissions dans le secteur du transport. Une base qui reste en place, alors que les contraintes réglementaires et économiques continuent de s’intensifier.

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