La suite de votre contenu après cette annonce

Lancée en 2019, la Peugeot e-208 fait partie des véhicules électriques les plus répandus sur le territoire. Mais que pensent vraiment les propriétaires de cette voiture ? C’est ce que nous avons tenté de découvrir dans le cadre de ce nouveau format dans lequel nous vous donnons la parole. Merci aux 40 lecteurs (et lectrices) et utilisateurs (et utilisatrices) français(es) de la Peugeot 208 électrique qui ont décidé de nous partager leur retour d’expérience.
Vous la croisez certainement tous les jours sur les routes de France. La Peugeot 208 électrique a été un véritable carton chez nous. Voiture électrique la plus vendue en France en 2022 (19 219 immatriculations), sur le podium en 2023 et de nouveau en tête du classement en 2024, la citadine française a clairement fait son petit effet. Sans surprise, les ventes se sont effondrées en 2025 (-39,5 %). L’arrivée de nouveaux modèles, Renault 5 électrique en tête, a chamboulé les équilibres en place.
On la retrouve d’ailleurs en masse sur le marché de l’occasion, « presque trop », si on se fie aux retours de certains de nos lecteurs qui estiment que c’est un peu trop « la voiture de Monsieur et Madame Tout le monde ». La e-208 s’est carrément classée en deuxième position, juste derrière la Renault Zoé, dans le classement des ventes de voitures électriques d’occasion en France en 2025. Au passage, si vous voulez en savoir davantage, Soufyane vous propose un bon résumé par ici.
Mais au-delà des chiffres, que pensent vraiment ceux qui l’utilisent au quotidien ? Est-ce une bonne voiture électrique ? Quels sont ses points forts ? Ses points faibles ? Après leur première expérience, les propriétaires français seraient-ils prêts à renouveler leur achat ? Nous vous avons posé ces questions et vous êtes nombreux à nous avoir répondu !
Pour une large majorité des propriétaires interrogés, la Peugeot e-208 constitue une première expérience avec la voiture électrique. C’est le cas de François, 63 ans, de Sébastien à La Réunion, de Yann en Isère ou encore de Romain en région parisienne. Tous évoquent un passage à l’électrique réfléchi, rarement impulsif, souvent précédé de mois (voire d’années) de documentation personnelle. D’autres comme Corinne, 40 ans, ont décidé de remplacer leur 208 thermique par une électrique.
Quand on achète une voiture, il est assez rare de ne pas comparer. En grande majorité, nos lecteurs ont hésité avec des modèles en concurrence frontale : Renault Zoé, Volkswagen ID.3, Hyundai Kona, et plus récemment avec la Renault 5 E-Tech ou le Hyundai Inster. D’autres n’ont jamais réellement douté, séduits par le design de la e-208 ou par une opportunité financière précise. Yann, par exemple, reconnaît que la prime à la conversion et un véhicule de démonstration très fortement remisé ont été déterminants.
À lire aussi
Les voitures électriques ont-elles des effets positifs sur la qualité de l’air ? On a la réponse !D’autres étaient déjà convaincus par l’électrique. C’est le cas de Corinne, à Ajaccio, qui dispose désormais de deux véhicules 100 % électriques : Mercedes EQA et Peugeot e-208. Sur l’usage, il y a deux écoles. Il y a ceux qui se servent de leur e-208 comme véhicule principal (ils sont assez rares) et ceux qui la considèrent comme un véhicule secondaire dans le foyer. C’est le cas de Hervé, retraité dans le Lot-et-Garonne, qui préfère sortir sa Mini Cooper S essence pour les longs trajets.
Avant l’achat, la plupart des propriétaires ont rencontré les mêmes doutes : autonomie réelle, recharge, vieillissement de la batterie, valeur de revente. Des craintes que l’on pourrait qualifier de « traditionnelles ». L’image de la voiture électrique était encore assez négative en 2019-2020. Avec le recul, la plupart des propriétaires estiment que ces peurs n’étaient pas fondées pour leur usage réel. François, qui parcourt jusqu’à 100 km par jour en zone périurbaine, juge l’autonomie globalement suffisante.
Sébastien, à La Réunion, se souvient du stress de ses premiers longs trajets, avant de constater que « finalement, tout s’est très bien passé ». Romain, jeune père de famille, reconnaît que l’état de la batterie l’inquiétait à l’achat en occasion, mais se dit aujourd’hui rassuré par la garantie et par les chiffres observés au quotidien. Les consommations relevées oscillent entre 14 et 16 kWh/100 km, de quoi offrir une autonomie confortable pour plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sans recharge.
En usage mixte (ville, départementales, nationales), l’autonomie est jugée « correcte », voire « satisfaisante », à condition d’adopter une conduite souple. Précisons que la e-208 est disponible avec deux tailles de batteries différentes : une de 50 kWh qui offre en théorie 363 km et une autre de 54 kWh avec la promesse de 433 km. Ces chiffres issus du protocole WLTP évoquent des autonomies en cycle mixte. Et comme toujours, la réalité est assez différente. Les propriétaires s’en sont rendus compte.
Car, sur autoroute, « c’est beaucoup plus compliqué ». Ici, le discours devient plus critique, y compris chez des utilisateurs expérimentés et bien informés. Français, 63 ans, explique : « sur autoroute, c’est très médiocre. Il faut bien comprendre que ce n’est pas une voiture pour faire 300 km par jour ». Yann, qui vit près de Grenoble, confirme ce constat pour ses trajets estivaux : « pour aller en Bretagne depuis Grenoble, j’ai dû préparer le parcours avec minutie. À 130 km/h, la batterie fond rapidement ».
D’autres témoignages détaillent l’impact de l’hiver sur l’autonomie. Un problème commun à toutes les voitures électriques. Hervé, 68 ans, constate que même à 110 km/h, la consommation grimpe fortement : « pour mes grands trajets, je préfère utiliser mon second véhicule thermique ». Et la vitesse de recharge de la Peugeot e-208 ne permet pas de compenser ce phénomène. La citadine électrique ne peut encaisser que 100 kW. Il lui faut en théorie 27 minutes pour reprendre environ 200 km.
Mais dans la vraie vie, c’est encore pire. Selon Marc, 59 ans, « la puissance atteint à peine 85 kW au maximum, et seulement pendant quelques minutes, puis décroît rapidement ». Yann ajoute que l’hiver, la puissance de recharge chute encore davantage : « même après avoir roulé une heure pour réchauffer la batterie, je ne dépasse jamais les 30-35 kW à la borne ». Malgré tout, certains utilisateurs relativisent. Éric, 52 ans, estime que « l’autonomie est suffisante pour 90 % de l’année. Aucun problème pour partir loin ».
S’il existe un point de consensus presque total parmi les témoignages, c’est bien l’agrément de conduite. Silence, douceur, couple immédiat et fluidité sont systématiquement cités comme des points forts du petit véhicule électrique. François parle d’une conduite « reposante, pas stressante », tandis que Corinne évoque « que du bonheur », et souligne la puissance disponible et le silence au quotidien. Yann parle d’un « vrai karting » en termes de tenue de route, et Marc la qualifie de « petite bombinette ».
À lire aussi
L’Europe renonce à interdire les voitures thermiques : quelles conséquences pour les ventes d’électriques ?Cet agrément est d’autant plus apprécié dans les usages quotidiens répétitifs : trajets domicile-travail, école, courses, déplacements professionnels courts. Plusieurs propriétaires insistent sur le confort apporté par la boîte automatique, l’absence de vibrations et la simplicité d’utilisation, en particulier en milieu urbain.
Sur le plan financier, le constat est globalement positif. Tous les propriétaires ou presque évoquent une baisse significative du budget énergie, en particulier lorsqu’ils rechargent majoritairement à domicile, en heures creuses ou via des installations photovoltaïques. François, Sébastien ou Yann parlent d’économies « énormes » par rapport à l’essence ou au diesel, malgré un prix d’achat initial plus élevé. Plusieurs soulignent également des coûts d’entretien réduits, liés à l’absence de mécanique complexe.
« Je recharge sur des bornes publiques proches de mon travail ou à mon domicile. Cela me revient à trois fois moins cher que ma Sandero essence », nous dit Thomas.
Un poste de dépense revient toutefois régulièrement : les pneus. L’usure plus rapide, notamment sur les trains avant, est mentionnée par de nombreux utilisateurs. Certains estiment devoir remplacer un jeu complet tous les 25 000 à 30 000 km, voire moins en conduite dynamique ou en zone montagneuse. À cela s’ajoute une décote du véhicule jugée importante depuis 2023, ce qui incite plusieurs propriétaires à conserver leur véhicule plus longtemps que prévu plutôt que de le revendre.
S’il fallait désigner un point de frustration quasi unanime, ce serait sans doute l’écosystème numérique de la Peugeot e-208. Voilà ce que les propriétaires disent de l’application MyPeugeot : « instable, ergonomie dépassée, mises à jour lentes ou inexistantes ». Les critiques sont sévères. L’absence de fonctionnalités désormais courantes sur d’autres modèles électriques (limitation de charge à 80 %, planificateur d’itinéraire intégré, pré-conditionnement automatique) est perçue comme un retard difficile à justifier.
On est sur une « électronique des années 90 », selon Geoffroy. Bref, pour plusieurs utilisateurs, ce décalage entre les qualités routières du véhicule et la faiblesse de son environnement logiciel ternit l’expérience globale.
Sur le plan mécanique, la majorité des propriétaires se disent satisfaits. Yann nous dit quand même avoir eu « moins de soucis » avec sa vieille 206 thermique. La plupart des répondants disent avoir pu parcourir de 80 000 à 100 000 km sans panne majeure. Enfin, le vieillissement de la batterie est globalement jugé correct, avec un SoH (State of Health) autour de 87 à 90 % après plusieurs années d’utilisation.
En revanche, plusieurs témoignages font état de pannes immobilisantes, parfois longues à résoudre (plusieurs semaines pour certains), et d’un service après-vente souvent défaillant. Attentes prolongées, pas de véhicule de remplacement, difficultés à trouver des techniciens habilités, ces situations laissent une impression négative chez certains propriétaires, parfois plus que la panne elle-même.
Au final, la majorité des propriétaires interrogés ont tendance à recommander la Peugeot e-208, mais… ils estiment que si c’est une très bonne citadine électrique, agréable, économique et adaptée aux trajets du quotidien, il convient d’en connaître les limites. Plusieurs utilisateurs estiment d’ailleurs que si la Peugeot e-208 a été un excellent point d’entrée dans l’électrique, le marché a très vite évolué.
À lire aussi
Bientôt un prolongateur d’autonomie chez Peugeot et Citroën grâce à ce fabricant chinois ?Si c’était à refaire aujourd’hui, tous ne feraient pas le même choix, non pas par rejet de l’électrique, bien au contraire, mais parce que leurs attentes ont évolué. Beaucoup iraient aujourd’hui chez Renault, avec un intérêt tout particulier pour la R5 E-Tech. D’autres, comme Hervé, font part de leur curiosité pour l’électrique à prolongateur d’autonomie.
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup l’ensemble des répondants et leur témoignage. Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
À lire aussi
Automobile Propre donne la parole à ses lecteurs : racontez-nous votre expérience au volant d’une voiture électrique !Le meilleur d'Automobile Propre, dans votre boite mail !
Découvrez nos thématiques voiture électrique, voiture hybride, équipements & services et bien d’autres
S'inscrire gratuitement