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Après une immersion professionnelle dans les années 1990 avec une Citroën Saxo électrique, Franck voulait se prendre une voiture branchée pour son usage privé. Alors qu’elle venait tout juste d’être présentée, la Renault Zoé l’a fait craquer. Il l’utilise toujours quotidiennement aujourd’hui, treize ans environ après l’avoir reçue et avoir vécu une aventure privilégiée avec les pionniers sur le Forum Zoé.
Quelle est aujourd’hui l’autonomie de cette voiture ? Dans quel état général est-elle ? Compte-t-il la conserver encore longtemps ? C’est ce qu’il nous explique dans ce témoignage.
Ainsi Franck a-t-il fait partie de ces professionnels qui ont utilisé dans le cadre de leur travail une voiture électrique à batterie nickel-cadmium. Beaucoup de ceux à qui un tel véhicule avait été imposé l’ont vécu comme une punition. Pas lui : « C’était dans les années 1990. Au Département, nous avions une Citroën Saxo électrique pour amener le courrier. Pas de bruit, pas de vitesse à passer, une voiture qui ne pue pas : j’étais vraiment resté sur une très bonne impression avec cette voiture ».
C’est pourquoi il a suivi très tôt l’actu des VE : « Pour des raisons écologiques, j’ai voulu la mienne. À partir de 2008, j’ai suivi le développement de la Bolloré Bluecar dont j’appréciais beaucoup le concept de départ. Elle devait être la première voiture électrique grand public. Mais j’ai été très déçu du modèle commercialisé, trop loin du concept. Je visais une familiale pour nous quatre. L’autonomie et l’habitabilité n’étaient pas à la hauteur de mes besoins et de ce que j’espérais ».
Après un peu de recul, il a appris que Renault allait présenter sa Zoé au Mondial de l’Auto de Paris en octobre 2012 : « Même si je n’avais pas suivi tous les développements depuis le début pour cette voiture, je m’y intéressais déjà depuis plusieurs mois. J’ai proposé à un ami d’enfance de m’accompagner au salon ou je voulais aller spécifiquement pour la Zoé. Sans que je le ressente vraiment moi-même, tout le monde autour de moi se doutait que j’allais en acheter une, tellement j’ai dû les soûler sur le sujet ».
L’entourage de notre lecteur avait vu juste : « Depuis le salon, j’ai effectivement appelé mon épouse pour lui dire que j’allais acheter une Zoé. J’avais eu la possibilité de m’asseoir dedans. Sur place, les commerciaux de Renault sélectionnaient les visiteurs vraiment intéressés par cette voiture et leur proposaient de faire un petit essai sur une piste à Boulogne-Billancourt. J’y suis allé. On nous faisait tester les accélérations, nous permettant de découvrir la pêche qu’avait la Zoé : le poisson était ferré ».
Franck se souvient encore parfaitement de ce qu’il a alors ressenti : « Il y avait ce silence et ce plaisir de conduite. L’habitacle clair était lumineux et le système multimédia R-Link apparaissait futuriste. Cette voiture, c’était le futur de l’automobile. Esthétiquement, je l’ai trouvée très réussie. Je n’ai donc pas hésité avec un autre modèle : la Nissan Leaf, je la trouvais moche, et la Zoé avait plus d’autonomie que la Peugeot iOn dont l’habitacle était trop serré pour notre famille ».
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L’utilisation que Franck fait de sa Renault Zoé « bleu yaourt » (nom donné par l’épouse) prédispose à des recharges le plus souvent effectuées chez lui : « à 90 % elle est branchée chez nous, dans le sous-sol, à une puissance de 3,7 kW. Parfois elle se retrouve aussi sur les bornes du réseau Ouest Charge quand j’ai un détour à faire. Ma voiture a très rarement roulé à 110 km/h. J’emprunte le réseau secondaire sur lequel j’ai beaucoup de passages à 70. La batterie de ma Zoé n’a donc pas été forcée ».
Avec le pack de 22 kWh de capacité exploitable, la Renault Zoé de 2013 était créditée d’une autonomie de 210 km NEDC : « Après plus de douze ans et 244 000 km, je peux compter au maximum sur 115 km l’été et 105 l’hiver. J’ai toutefois remarqué un curieux phénomène. Pour un trajet unique, j’ai une autonomie de 100 km. Mais si je coupe la voiture à mi-distance, en laissant reposer au moins dix minutes, alors que j’avais un pourcentage de 50 % dans la batterie, le niveau remonte à 65 % ».

Ce qui se confirme aussi sur le nombre de barrettes au tableau de bord : « Sur les huit, j’en récupère une ainsi. Et au final j’arrive bien l’été à faire deux allers-retours pour aller à mon bureau. L’état de santé SoH de la batterie a été estimé à 84 %, alors que j’ai perdu environ un tiers d’autonomie par rapport à quand ma Zoé était neuve ».
Commandée en octobre 2012 au Mondial de l’Auto, la Zoé a été livrée à notre lecteur quelques mois plus tard en 2013 : « J’avais demandé une finition Life, mais, en raison du délai, j’ai bénéficié d’un geste commercial. C’est finalement en version Zen que je l’ai reçue, ce qui a ajouté des jantes en alu, un diffuseur de senteur, un volant en cuir à la place du plastique et une sellerie différente. Je trouve en revanche qu’au niveau de la location de la batterie, on m’a quand même vendu un peu de rêve ».
Ce qui a poussé Franck « à racheter l’année dernière la batterie pour 277 €. Je l’avais largement payée en loyers. Au départ, il m’avait été dit qu’elle serait remplacée si l’autonomie descendait en dessous de 80 %. Et puis ça a été 75 %, et plus question de parler d’autonomie mais de SoH. C’est pourquoi je me suis fâché avec Renault ». En raisonnant en autonomie, son pack aurait bien dû être remplacé, mais avec un SoH curieusement encore à 84 %, le constructeur n’avait plus cette obligation.
L’entretien a aussi été une cause de déception : « Au début, dans le cadre de la garantie, je l’emmenais régulièrement pour l’entretien, mais ils se contentaient de connecter ma voiture pour sortir des statistiques, et ça coûtait de plus en plus cher. Maintenant, je le fais sans stress tous les quatre ans en passant par un garage local à Combourg. Avec lui, ma dernière révision ne m’a coûté que 65-70 €, contre 190 € lors de ma dernière visite à la concession de Saint-Malo où un correctif logiciel a été effectué ».
Sur ses 244 000 km, la Renault Zoé de l’assistant social breton n’a pas été très touchée par les pannes : « La première année, elle a tout de même connu deux interventions lourdes, le moteur et le chargeur ayant été remplacés sous garantie pour défaut de conception. Je n’ai pas eu de panne ensuite. Juste à signaler que le TCU [NDLR : calculateur qui permet une communication entre le véhicule et Renault] en 3G n’a jamais vraiment marché, me privant de fonctionnalités avec R-Link. Je l’ai fait remplacer une fois, sans succès ».
Ce qui prive de la programmation de la recharge : « Finalement je me passe de ce système pour déclencher l’opération aux heures creuses. À la place, j’ai fait installer un disjoncteur sur la borne qui me permet d’obtenir le même résultat ». Grâce à une conduite douce, « les plaquettes de freins ont été remplacées pour la première fois à 180 000 km. Au début, on me prenait pour un farfelu de vouloir rouler en électrique. Moi j’étais au contraire très confiant dans la durabilité des moteurs ».
La Zoé de Franck présente toujours bien : « L’année dernière, j’ai tout de même remplacé la sellerie contre une autre d’occasion et en meilleur état que je suis allé chercher à Dreux. La mousse du siège a tendance à s’affaisser avec les années, surtout à la place du conducteur. À noter aussi les logos bleutés qui sont craquelés. Mes collègues disent toutefois que l’apparence de ma Zoé n’a pas beaucoup changé ».
L’électromobiliste convaincu se désole cependant : « Je vois l’autonomie baisser, sans solution pour faire remplacer la batterie car elle ne se fabrique plus et l’upgrade n’est pas autorisé en France. En outre, le coût de l’opération serait sans doute plus élevé qu’une voiture électrique bien plus récente. Il y a vraiment quelque chose qui cloche, et il faudrait que les choses évoluent. Ma voiture risque à terme d’être condamnée seulement pour une batterie qui arriverait en bout de course ».
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Témoignage : voilà pourquoi Marc a vite revendu son utilitaire électriqueNotre lecteur aurait pourtant été prêt à engager les frais nécessaires, dans la limite de l’acceptable : « Une Renault Zoé moitié plus jeune se négociant aujourd’hui environ 8 000 € sur le marché de l’occasion, je pourrais mettre 6 000 € pour une batterie reconditionnée permettant d’avoir une autonomie réelle de 240 km dans mes conditions d’utilisation. Renault avait proposé en 2015-2016 une telle possibilité d’améliorer les premiers modèles ».
Franck s’est fixé un objectif : « J’espère pouvoir emmener ma Zoé à 300 000 km, et je pense pouvoir les atteindre d’ici deux ou trois ans. Ensuite ? Je pense reprendre une Zoé, plus récente. Ce modèle est pour moi une très bonne expérience, économiquement très intéressante, et qui est en cohérence avec mes idées. Elle est mue par une énergie que l’on peut produire de manière assez simple. Je ne vois vraiment pas comment on pourrait se passer des voitures électriques à l’avenir ? ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Franck pour son très bon accueil et son témoignage très intéressant qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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Témoignage m'intéressant, je suis à 197 000 km sur une zoé 52 110cv mais qui n'a donc que 6 ans, grosse différence pour la comparaison. Ceci dit, 84% de SOH même avec deux tiers d'autonomie seulement, sur un modèle de 1990, cela me rassure pas mal en termes d'usure calendaire!
Comme Franck, j'ai changé les freins à 180 000 km ( je pensais faire plus en écoconduite, mais deux puissances de frein régénératif c'est court, j'ai quand même besoin d'appuyer sur le frein parfois).
Et surtout, comme Franck, je suis très embêté à l'idée de devoir racheter un VE si je ne parviens pas à changer ma batterie seule, j'espère que c'est encore possible durablement pour les batteries de 2020. Je sais bien que ce n'est surtout pas l'intérêt des constructeurs, mais à un moment le baratin sur l'acte d'écocitoyen à l'achat d'un VE, ça va bien, le but n'est pas, en passant à l'électrique, de devoir racheter une voiture aussi souvent qu'avant, mais moins. Reste que mon attitude n'est pas tolérable économiquement pour un constructeur de voitures, du moins dans la gestion du marché actuelle qui pousse au contraire à tout miser sur de la LLD pour fidéliser et renouveler le client à fond. Pas d'avoir un acheteur qui revient au bout de 20 voire 30 ans, et uniquement pour changer sa batterie...
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A 190 kkm sur ion 2012 : l'usure calendaire permet au mieux 60% de l'autonomie initiale.
J'ai aussi remarqué qu'une halte augmentait l'autonomie totale sur mes VE mais j'attribue cela plutôt au mode calcul / mbs qu'à une augmentation significative de l'autonomie réelle.
Sinon après 4 ans sur une zoe 2020 40 kwh ,
maintenant 2 zoe 52 kwh de 2020/2022 a la maison
j'ai la nette impression que le la chimie a bien amélioré les pertes d'autonomies : vraiment rien de significatif sur la 2020 et sur la 2022 recharge d'hier 425 km a 95%.
Donc vraiment ne pas hésiter ZOE est un excellent modèle qui permet le déplacement avec un TCO dérisoire selon les possibilités de recharge et un stock important des pièces détachées disponible à faible prix .