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L'architecture particulière de la technologie Hybridair
L'architecture particulière de la technologie Hybridair

Tout juste dévoilée à la presse, la technologie Hybrid-Air PSA fait déjà couler beaucoup d’encre sur les blogs et autres sites d’informations en ligne. Outre les réactions assez mitigées, il faut surtout souligner le manque d’objectivité dont cette annonce a été victime. Explications.

Lorsqu’un constructeur automobile présente à la presse un projet sur lequel plusieurs de ses collaborateurs ont travaillé pendant près de deux ans dans la plus grande confidentialité, les premières réactions à chaud de la part du public font toujours l’objet d’une attention particulière.

S’agissant de la technologie Hybrid-Air, probable que les responsables du projet attendaient des réactions plus enthousiastes. Si les avis divergent, beaucoup d’internautes ont fait part de leur doute au regard des capacités réelles offertes par l’air comprimé. Ce vecteur d’énergie a en effet un inconvénient majeur : sa densité énergétique est faible1. Dans le cas du système Hybrid-Air présentée par PSA, est-ce vraiment un problème ?

Un déficit d’image

Cela fait plus de 10 ans déjà que la petite société MDI créée par Guy Négre, un ancien ingénieur motoriste, présente des prototypes de voiture(tte) à air comprimé. A force de promesses non tenues et de calendrier sans cesse reporté, plus personne n’imagine que cette technologie permettra un jour de faire avancer nos voitures.

La technologie présentée par PSA est pourtant différente : associée à un moteur thermique, le rôle du moteur hydro-pneumatique se limite pour l’essentiel à récupérer l’énergie cinétique du véhicule dans les phases de décélération pour la réinjecter ensuite pendant les phases de mise en mouvement du véhicule. En milieu urbain, les phases de roulage transitoires étant très largement majoritaires, la technologie Hybrid-Air offre alors une économie réelle de carburant. Le système fonctionne en circuit fermé sans apport d’énergie pneumatique extérieure.

L’énergie principale du véhicule est l’essence. C’est elle qui indirectement permet de recharger la réserve en air comprimé une fois le véhicule mis en mouvement. Les phases de décélération et/ou freinage précédents généralement les phases de relance, le système s’auto-alimente avec une capacité de compression-décompression annoncée comme très rapide. Le tout avec un rendement de récupération d’énergie annoncé comme très supérieur à celui d’un hybride classique. La principale différence tient dans la quantité d’énergie « renouvelable » disponible : près de 20 fois moins dans le cas de l’Hybrid-Air comparativement au HSD Toyota, ce qui limite d’autant les phases de fonctionnement en mode zéro émission pur ainsi que les phases de fonctionnement en mode combiné (essence + air comprimé).

Des atouts indiscutables

En choisissant de stocker une partie de l’énergie cinétique du véhicule dans un réservoir d’air comprimé (de l’azote plus exactement), le système hybrid-Air fait le pari du stockage mécanique par opposition au stockage chimique proposé par les systèmes hybrides existants. Le principal atout de cette technologie est de se passer des élèments chimiques que l’on retrouve systématiquement dans les batteries, quelque soit la technologie choisie (Li-ion, LiFePO4, Ni-MH, LMP, etc…). Une technologie facilement industrialisable en France qui permet de s’affranchir d’approvisionnement extérieur en minerai et autres métaux rares dont l’extraction reste très discutable au plan environnemental.

Considérer cette technologie pour ce qu’elle est vraiment

Le principal tort des détracteurs de la technologie Hybrid-Air est de vouloir à tout prix la comparer avec l’hybride essence-électricité. D’ailleurs, les propriétaires d’un modèle hybride Toyota comptent souvent parmi les détracteurs : ils critiquent les capacités à priori beaucoup trop limitées de l’Hybrid-Air lorsqu’il s’agit de rouler en mode zéro émission. Une critique d’autant plus récurrente qu’elle revient déjà très souvent à propos de la technologie HSD bien que celle-ci offre la possibilité de parcourir plusieurs centaines de mètres en mode zéro émission lorsque les batteries sont pleines.

L’objectif recherché par la technologie Hybrid-Air est un peu différent : il s’agit d’abord et avant tout de supprimer le plus possible les phases de roulage pendant lesquels un moteur thermique traditionnel consomme le plus. C’est à dire, au démarrage dès les premiers tours de roues ainsi qu’à chaque accélération. Tout le reste du temps, le système Hybrid-Air assume le fait que c’est bien le moteur thermique qui sera à l’oeuvre.

Dit autrement, pas de révolution à attendre de cette technologie sur les trajets routiers à vitesse stabilisée et encore moins sur autoroute, excepté lorsque la circulation est perturbée (saturation, accident, ralentissement, etc…).

Ailleurs en revanche, et notamment en milieu urbain, on peut quand même espérer que cette technologie à priori plus accessible financièrement parlant que l’hybride classique, contribuera à nettement réduire la pollution automobile en ville.

D’autant qu’il n’a échappé à personne que cette fois-ci, les blocs thermiques qui recevront cette technologie carbureront exclusivement à l’essence sans plomb ! L’espoir de voir enfin la fiscalité carburant évoluer comme nombre d’experts le réclament depuis des années ne sera alors que plus réel !?

1 0,04 kWh d’énergie disponible dans le cas du système présenté par PSA.

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P.Pradelil y a 11 ans

Finalement le véhicule idéal est celui qui permet une circulation entièrement électrique avec récupération d'énergie au freinage EN VILLE.
Ailleurs il faut une grande autonomie grâce à un moteur thermique a essence qui de plus fournit des calories pour le chauffage.
Donc hybride rechargeable associant un petit moteur à essence et des batteries en sachant que dans les moments difficiles : démarrage, côtes etc... les deux s'associent.
Renault est sur la bonne voie.

marcserieyxil y a 12 ans

Voici un extrait des actualités de MDI (voir leur site officiel)
"...
27 Février 2014

« Hybride AIR » de PSA et « technologie MDI »

Pour répondre aux nombreuses questions concernant le lien entre la technologie de PSA, qui annonce la commercialisation de ses véhicules « Hybrides AIR » en 2016, et celle développée par MDI, il convient de comparer les modes d’utilisation de l’air comprimé. PSA et MDI n’emploient pas l’air comprimé de la même manière.

PSA met au point un système de récupération d’énergie au freinage, qui comprime de l’air dans une réserve à volume variable (lors des phases de freinage) avant de le détendre pour entraîner un moteur hydraulique (et ré-accélérer le véhicule). Accouplé au moteur thermique, cet ensemble constitue une hybridation d’un nouveau genre permettant une réduction de la consommation de carburant pour un coût inférieur à un hybride électrique–Thermique (avantage incontestable du stockage d’énergie par air comprimé).

AIRPod
Photo © PSA

MDI utilise l’énergie emmagasinée dans des réserves d’air « pré-comprimé ». La détente de cet air dans nos moteurs produit un travail qui, au travers de la transmission, entraîne les roues du véhicule. Dans nos moteurs biénergie une combustion externe réchauffe l’air entre la réserve et le moteur pour en augmenter le volume, ce qui nous permet de nous positionner sur le marché actuellement occupé par des véhicule hybrides.

AIRPod

« L’hybride AIR », solution très prometteuse en terme de réduction de consommation, est saluée par l’ensemble de la presse Française. Après TATA Motors qui a acheté la licence de notre technologie pour l’Inde, un grand constructeur Français s’intéresse officiellement au stockage d’énergie grâce à de l’air comprimé à haute pression.

Nous ne pouvons qu’approuver la démarche de PSA, car en 1996, MDI avait déjà breveté un système de récupération d’énergie au freinage utilisant aussi un stockage d’air comprimé dans une réserve à volume variable. L’air y était comprimé lors des phases de freinage avant d’être détendu dans le moteur pour ré-accélérer le véhicule. Le surcoût et l’augmentation de la masse due au système n’étaient alors pas compatibles avec les objectifs de simplicité et d’économie que nous revendiquons pour nos véhicules.
..."
Le brevet de MDI peut être consulté ici
http://www.mdi.lu/WO9815440.pdf

seigleil y a 12 ans

Je crois que toutes ces technologies, (tout électrique, hybrides avec batteries, hybrides et super condensateurs, électriques avec prolongateur, hybride air) correspondent a des besoins pour des utilisateurs différents, et, que leur mise sur le marché aura pour conséquence une re-segmentation du marché, ce qui n'ira pas forcemment dans le sens d'une baisse des tarifs.
Ainsi l'hybrid air bénéficiera surtout a ceux qui circulent beaucoup en ville, mais très peu a ceux qui effectuent de petits parcours en campagne, circonstances dans lesquelles c'est le fonctionnement a froid et en charge du moteur qui est le principal motif de surconsommation.
Dans ce cas, seule l'autonomie électrique excluant totalement le fonctionnement en mode thermique apporte une réponse.
En conclusion, Il n'y a pas une bonne ou une mauvaise technologie, il y a des réponses variées pour des besoins variés.
Mais quand même, 50% de français n'habitent pas en ville, ne disposent donc pas de transports en commu urbain,mais vont quand même travailler chaque jour.

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