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On mesure souvent le nombre de bornes, la capacité de recharge installée, la puissance… Mais jamais vraiment la fiabilité ! En Allemagne, un nouvel indicateur est sur le point de voir le jour. Baptisé « taux de réussite de recharge » (ou CSR pour charging success rate), ce dernier pourrait permettre aux opérateurs d’évaluer la qualité de leurs installations. Et aux clients, d’orienter leur choix.
Derrière cette initiative allemande se cache un constat assez simple : les indicateurs utilisés jusqu’ici n’arrivent pas à refléter correctement l’expérience réelle des utilisateurs. Le développement des infrastructures de recharge s’appuie depuis toujours sur des données quantitatives comme le nombre de bornes installées, la puissance disponible, ou encore le volume d’énergie délivrée. Plus récemment, la notion de disponibilité technique s’est imposée comme une nouvelle référence. Mais cette information ne suffit pas. Une borne peut être « disponible » sans pour autant permettre de mener à bien une recharge.
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Prix des recharges : peut-on faire confiance aux bornes ? Une étude met le doute au Royaume-UniC’est précisément cette limite que cherche à corriger le « taux de réussite de recharge ». Développé par le cabinet de conseil P3 avec le Centre national de contrôle des infrastructures de recharge en Allemagne, ce nouvel indicateur vise à « mesurer de bout en bout » la réussite d’une session du point de vue de l’usager. Vous l’aurez compris, il ne s’agit plus seulement de savoir si la borne fonctionne, mais plutôt de constater si l’électromobiliste parvient à recharger son véhicule sans incident, depuis l’authentification jusqu’au débranchement. Et c’est une information qui change tout, vous en conviendrez.
Justement, les premiers résultats mettent en évidence un écart significatif entre la disponibilité technique et le taux de réussite. En effet, selon une analyse réalisée sur plus de 20 000 sessions de recharge en Europe en 2025, une centaine de types de bornes et 80 opérateurs différents, le taux de réussite serait de 86 %. Concrètement, cela signifie qu’environ une recharge sur sept échoue du point de vue de l’utilisateur. Une évolution importante par rapport à 2021, à l’époque cet indicateur plafonnait à 49 %. Mais ce résultat est encore trop éloigné du taux de disponibilité théorique annoncé à 99 %.
Dans le détail, une partie de ces échecs se concentre sur des sessions très courtes (celles inférieures à quatre minutes). Celles-ci sont considérées comme anormales et souvent révélatrices d’un problème technique. Elles représentent environ 6,3 % des cas analysés. On apprend en réalité que ces incidents surviennent dans la plupart des cas avant même que la recharge ne démarre réellement, ce qui explique qu’ils échappent aux indicateurs traditionnels centrés sur le temps de fonctionnement des bornes.
Avec le taux de réussite de recharge, les opérateurs n’auront pas d’autre choix que de se mettre à nu. Si les auteurs de l’enquête ont préféré anonymiser les résultats de leur enquête, cela ne sera peut-être pas toujours le cas. Et comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessous, certains CPO (charge point operator) s’en sortent moins bien que d’autres. Le CPO D affiche par exemple un taux de disponibilité théorique de 98,3 %, mais seulement 86,2 % de sessions de recharge considérées comme réussies… Ça pique !

Pour affiner l’analyse, le CSR repose sur deux sous-indicateurs : le taux de réussite d’authentification (ASR), qui mesure la capacité à initier correctement une session, et le taux de réussite des transactions (TSR), qui évalue la proportion de recharges menées à leur terme sans interruption. L’ensemble s’appuie sur les données issues du protocole OCPP, standard de communication entre les bornes et les systèmes de supervision, ce qui permet un suivi précis des différentes étapes du processus.
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La voiture électrique est-elle adaptée aux déplacements pros ? Les Français sont partagés…Une session de recharge « réussie » est définie comme la part des tentatives de recharge qui initient une transaction, c’est-à-dire que la borne commence à fournir de l’énergie au véhicule, et la mènent à bien sans interruption.
Au-delà de la performance technique, l’enjeu est aussi sectoriel. En proposant un indicateur standardisé et centré sur l’utilisateur, l’Allemagne entend créer un nouveau référentiel de qualité. Pour les opérateurs, il s’agit d’un outil d’analyse pour identifier les points de friction et améliorer leurs réseaux. Pour les électromobilistes, cela devrait offrir une lecture plus fiable de la qualité de service. À mesure que le marché du véhicule électrique mûrit, la question n’est plus seulement celle du déploiement, mais bien celle de la fiabilité. Et sur ce terrain, le « taux de réussite de recharge » pourrait être un vrai atout !
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