Supertest : Smart #5, les consommations et autonomies mesurées de notre essai

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Non content d’avoir la folie des grandeurs avec le Smart #5, la marque propose de surcroît une chaîne de traction au-dessus de la mêlée. Voyons la réalité des choses.

Vous vous souvenez certainement des Smart, ces petites biplaces essence pratiques en ville, qui ne se faisaient remarquer que lorsque leur museau débordait sur la rue une fois garées perpendiculairement au trottoir. Mais ce temps-là est terminé : Smart, passée sous pavillon chinois, a désormais la folie des grandeurs. Ainsi a vu le jour le Smart #5, un imposant SUV électrique qui, comme son aïeule, dépasse toujours dans les rues serrées des villes… tout en étant garé parallèlement au trottoir. Mais au-delà de ses dimensions XXL, le #5 arrive aussi avec une chaîne de traction impressionnante avec une gigantesque batterie, une puissance mécanique de furieux et un temps de recharge rapide quasi record. Bref, c’est la Smart de tous les superlatifs, et on a tenu à vérifier ses chiffres.

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Présentation du Smart #5 Summit Edition

Le Smart #5 reprend la plateforme SEA3 du groupe chinois Geely sur laquelle reposent notamment les Zeekr 7X et 007. Version modifiée de la PMA2 que l’on retrouve sous les Smart #3 ou Volvo EX30, elle permet d’embarquer de plus grosses batteries et une paire de machines électriques. C’est la configuration retenue pour ce SUV, d’une longueur de 4,71 m pour 1,92 m de large et 1,70 m de haut. Dans son empattement de 2,90 m pourrait donc tenir une Smart Fortwo originale, longue de 2,50 m !

Dans le plancher prend place une gigantesque batterie de 100 kWh de capacité brute pour 94 kWh de capacité utile. Cependant, d’après nos mesures, nous estimons la capacité réellement utilisable à un peu plus de 97 kWh. Elle repose sur une tension de fonctionnement dite 800 V (un peu plus de 700 V de tension nominale selon nos calculs) et alimente une paire de machines électriques. Dans cette configuration, la puissance totale atteint 588 ch pour 643 Nm de couple. Soulignons ici l’importante perte de puissance sur le cycle d’homologation, avec une valeur nette de 122 kW (166 ch). Au final, la carte grise de ce SUV de près de 600 ch est moins chère que celle d’un Alpine A390 GT de 400 ch.

Dans cette déclinaison Summit Edition, le Smart #5 est crédité d’une autonomie WLTP de 540 km pour une consommation, pertes à la recharge AC comprises, de 19,9 kWh/100 km. Sans ces déperditions, le SUV tournerait autour de 17,4 kWh/100 km sur les bancs d’homologation. On passe dans le monde réel.

Données complémentaires

  • Puissance en pic : 588 ch  – 432 kW
  • Puissance nette (case P.2) : 166 ch – 122 kW (-72 %)
  • Puissance administrative (case P.6) : 9 cv
  • Poids en service (case G.1) : 2 345 kg
  • Rapport poids/puissance (PVOM) : 4,14 kg/ch
  • Autonomie WLTP : 540 km
  • Consommation WLTP : 19,9 kWh/100 km (17,4 kWh/100 km net)
  • Recharge AC : 22 kW – 5 h 30 (10-100 %)
  • Recharge DC : 400 kW – 18 min. (10-80 %)
  • Pneus : Continental EcoContact7 – 255/45 R20  – B, B, 73 dB

Toutes nos mesures de consommation du Smart #5 Summit Edition

Autonomie mixte : 440 km

Par une température de 15 °C sur notre boucle de mesure de 100 km parcourue dans les deux sens, le Smart #5 n’a fait que démontrer son appétit gargantuesque, avec une moyenne finale de 21,3 kWh/100 km ! C’est excessif pour un SUV familial, même si cela se traduit par une confortable autonomie d’au moins 440 km en usage mixte quotidien. Il chatouille de près le BYD Sealion 7, un autre SUV chinois, avec lequel nous avons noté un appétit de 22,6 kWh/100 km sur ce même parcours.

RouteVoie rapideVilleTotal
Conso. moyenne A/R (kWh/100 km)20,323,517,221,3
Autonomie totale théorique (km)463400547441
Autonomie mixte – 15 °C ext.

Longue distance sur autoroute : 340 km

Sur notre parcours exclusivement autoroutier de 500 km entre le sud de Lyon et Paris, le Smart #5 Summit Edition a atteint des sommets avec une consommation finale de 27,5 kWh/100 km, soit près de 340 km d’autonomie dans ces conditions. Le rayon d’action est plus que suffisant pour voyager en famille, mais gare au coût d’utilisation avec un tel appétit. Nous aurons l’occasion de détailler les chiffres dans la deuxième partie de ce Supertest.

Consommations instantanées à haute vitesse

Surface frontale généreuse, Cx de 0,32 : le Smart #5 n’est pas un modèle d’aérodynamisme, et il ne s’en cache pas. À une vitesse fixe de 70 km/h, il lutte déjà pour avancer avec une consommation de 16,5 kWh/100 km. À 90 km/h, il faut compter 20,1 kWh/100 km alors que la conso grimpe à 24,8 kWh/100 km à 110 km/h. Enfin, à la vitesse maximale en France, le SUV sirote 30,5 kWh/100 km ! Reste que 310 km d’autonomie totale théorique sont atteignables à cette vitesse.

70 km/h90 km/h110 km/h130 km/h
Conso. moyenne (kWh/100 km)16,520,124,830,5
Consommations instantanées

L’éco-conduite : 648 km

Le mode Eco du Smart #5 n’a rien de sophistiqué et ne fait que brider la puissance (voir le chapitre des accélérations et reprises). La climatisation est à peine moins forte mais ne change pas la donne. Bref, c’est du basique, comme d’habitude. Malgré tout, nous avons été plutôt surpris du résultat. Certes, l’appétit de 14,5 kWh/100 km sur ce parcours où nous avons un record à 9,1 kWh/100 km avec la Peugeot e-308 n’est pas affolant. Mais le #5 s’est révélé plus sobre que de nombreuses voitures pourtant moins dispendieuses. Pour mettre en perspective, le BYD Sealion 7 a ingurgité 16,9 kWh/100 km sur cet exercice.

Toutes nos mesures de performances du Smart #5 Summit Edition

Accélérations et reprises

Avec une puissance maximale de 588 ch (432 kW), le Smart #5 émarge à un ratio de 4,14 kg/ch. Il présente une meilleure valeur que la Lotus Emeya S ou que le Maserati Grecale Folgore. En revanche, contrairement au Smart #3 Brabus, ses performances sont cohérentes avec la fiche technique. En mode Sport, on a enregistré un 0-100 km/h en 4,5 s et un 400 m D.A. en 12,14 s. En mode Confort, la puissance à peine bridée allonge le chrono à 12,9 s sur le 400 m. Il ne fait pas aussi bien que le Maserati en raison d’une distribution du couple plus modérée, mais il lui tient tête. Côté reprise, le SUV peut enjamber le 80-120 km/h en 2,1 s avec 80 % de charge et en mode Confort. À 20 %, il faut compter 2,3 s. L’endurance des performances est bien plus acceptable qu’avec le Smart #3 Brabus étudié par nos soins.

Mode0-100 km/h80-120 km/h400 m
Eco8,8 s3,7 s16,2 s
Comfort5,1 s2,1 s12,9 s
Sport4,5 s1,8 s12,1 s
Performances départ arrêté à 80 % de charge

Reste que rien ne sert d’épiloguer plus longtemps sur les performances de ce SUV familial. D’une part, sa force de frappe pourrait essouffler tous les passagers et transformer les voyages en un moment très désagréable pour tout le monde. D’autre part, les béquilles électroniques et la mise au point du châssis calmeront très rapidement les plus téméraires. Par exemple, il n’est pas possible de mettre le pied au plancher en sortie de virage si l’angle au volant est trop prononcé aux yeux de la voiture. Bref, comme avec le Volvo EX30 ou le Smart #3 Brabus, une telle puissance ne sert absolument à rien dans ce véhicule.

Freinage et récupération d’énergie

Malgré ses 2 345 kg à vide, le Smart #5 n’a pas de mal à s’arrêter rapidement : dès 130 km/h, nous avons mesuré une distance de 62,3 m avec le mode de régénération Faible activé et 59,3 m avec le mode S-Pedal activé. En matière de freinage régénératif, on retrouve donc trois modes différents et un mode One-Pedal qui emmène la voiture jusqu’à l’arrêt complet.

Mode80-0 km/h60-0 km/h
Leger903,9 m470,8 m
Fort150,4 m88,9 m
S-Pedal128,8 m73,6 m
Freinage régénératif au lever de pied

Laissant la voiture filer sur son élan au-dessus de 100 km/h, le mode Faible émet une petite résistance en dessous et freine la voiture en 903,9 m depuis 80 km/h. Le mode Fort ne demande plus que 150,4 m. Enfin, la fonction S-Pedal renforce la puissance : 128,8 m suffisent pour s’arrêter. Il s’agit de l’un des systèmes parmi les plus puissants enregistrés à ce jour.
Enfin, sur notre parcours de régénération, le Smart #5 a fait bonne figure avec un taux de récupération de 20 % entre l’énergie consommée à la montée et celle récupérée à la descente. Pour rappel, la moyenne de nos observations se situe autour des 16 % sur ce parcours d’un dénivelé de 600 m, réalisé dans les sens aller et retour.

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Confort et vie à bord

Derrière ses dimensions et ses superlatifs qui ne servent absolument pas l’efficience, le Smart #5 est l’un des SUV les plus accueillants du marché. Et c’est bien entendu le cas à l’arrière avec un rayon aux genoux très généreux et un plancher dégagé. Les passagers s’y sentiront à l’aise. Même chose à l’avant, où le mobilier n’est pas énormément enveloppant. En revanche, le passager pourrait se sentir oppressé par la présence du grand écran, qui cache par ailleurs une dalle rien que pour lui. Ce tableau de bord numérique impressionne, mais n’est guère pratique : son orientation oblige le conducteur à se pencher pour bien voir les icônes et l’inclinaison reflète trop souvent le soleil.

Sur la route, le confort prime avec ce SUV souple. Sur autoroute, la quiétude est impeccable et les bruits aérodynamiques quasi inexistants. En revanche, le tableau est terni par des béquilles électroniques horripilantes ! Même en ayant pris soin de désactiver toutes les aides, le régulateur de vitesse adaptatif conserve la lecture automatique des panneaux. Problème : celle-ci est catastrophique. Le système a trop fréquemment imaginé qu’il était judicieux de planter les freins pour passer de 130 à 50 km/h suite à un panneau qui n’existe pas. Après un premier long trajet par autoroute, nous avons décidé de ne plus utiliser ce système !

Original à plus d’un titre, le Smart #5 est un SUV très accueillant et confortable pour enchaîner les kilomètres en famille. Mais il est loin d’être parfait avec une ergonomie complexe, des aides à la conduite beaucoup trop intrusives et mal calibrées. Mais il est surtout déraisonnable avec une puissance pas du tout adaptée à ses ambitions familiales et son châssis orienté confort. Imposant et lourd, il présente aussi un appétit très élevé, que la grosse batterie permet de camoufler en offrant des autonomies respectables. Il ne nous reste donc plus qu’à évoquer le volet recharge rapide, où le Smart #5 pourrait bien donner des leçons avec sa puissance maximale de 400 kW !

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Ducatevoil y a un mois

Combien ??? 540 kms avec une batterie de 100 kwh !!!
J'ai bien vérifié sur mon calendrier que nous n'étions pas le 1er avril....
C'est juste impensable. Mais comment c'est possible de faire aussi mauvais ...
J'ai l'impression que depuis que les Chinois mises à fond sur le 800v et les chargeurs ultra rapides, ils ne font aucun efforts pour faire des chaînes de traction efficientes. A moins que ce soit l'inverse !!! Ne sachant pas faire des chaînes de traction efficientes, voyant les autres constructeurs européens progresser de plus en plus sur des efficiences de plus en plus optimisées : voir chez VW, les CLA, les nouvelles bmw, et bien sûr chez Tesla, Ils savent qu'ils sont largués complet, donc ils misent tout sur les recharges rapides.
Sauf que c'est complètement absurde de devoir mettre des batteries énormes pour compenser des autonomies ridicules qu'il faut compenser par des charges ultra rapides qui prendront autant de temps qu'une petite batterie !!! Sauf que ça n'aura plus de sens quand les batteries solides vont arriver puisqu'elles permettront des autonomies plus importantes pour la même capacité et des vitesses de recharge plus rapides. Ce sont les promesses !! De ces mêmes fabriquants Chinois d'ailleurs !!
Mais les Chinois se moquent de devoir fabriquer des batteries énormes, puisque ça fait tourner leurs usines... Ils ne sont pas à une aberration prêt... La surconsommation étant leur modèle économique... Pas joli joli tout ça quand on y réfléchit 2 secondes...

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GreenDriveil y a un mois

Absolument, ça me rappelle le temps où pour gagner en autonomie on mettait des réservoirs de 80 litres plutôt que de travailler sur l’efficience…🤣
Allez, poubelle la Chinoise😡

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Balooil y a un mois

Le régulateur adaptatif peut tout à fait être découplé de la lecture des panneaux. C'est d'ailleurs très simple car un seul menu, accessible par un simple slide vers le bas sur l'écran ou le bouton assignable sur le volant, permet de gérer et régler l'ensemble des aides à la conduite à la façon du "my safety perso" de Renault.
Si on veut moins de puissance, des versions propulsion existent, moins chères et plus efficientes.(oui ça va on sait, moins efficiente qu'une Tesla)

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