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Recharge sans fil pour les voitures électriques : où en est-on en 2024 ?

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La recharge sans fil des voitures électriques est la prochaine grande étape qui pourrait révolutionner l’industrie automobile. Les routes pourraient un jour se transformer en bornes de recharge géantes. Mais il faudra sûrement encore attendre quelques années avant cela.

La recharge sans fil peut-elle vraiment se démocratiser ?

Imaginez que pour changer de chaîne sur votre télévision, vous deviez utiliser un appareil relié à votre écran par un fil qui traîne sur le sol de votre salon. Cela vous semble peut-être ridicule mais cette époque a existé. Ce n’est qu’en 1955 que l’entreprise Zenith Electronics a commercialisé la première télécommande sans fil au monde. Inventée par Eugene Polley, la « Flash-Matic » a révolutionné le quotidien de plusieurs milliards de personnes.

Cette révolution aura-t-elle lieu dans l’industrie des voitures électriques ? C’est une question que nous pouvons nous poser étant donné que la grande majorité des modèles électriques sont pour l’instant rechargés à l’aide d’un câble (en alternative, il existe par exemple l’échange de batteries). Dans un avenir plus ou moins proche, nous rechargerons sûrement nos nouvelles voitures avec des technologies sans fil. Certaines initiatives ont déjà vu le jour.

Comment les constructeurs se positionnent sur ce sujet ?

Volvo a par exemple lancé une expérimentation en Suède en 2022. Équipées d’un récepteur, les voitures de la marque peuvent se recharger par induction, sans que le conducteur ne soit contraint de descendre. Un dispositif capable d’atteindre une puissance de 40 kW. De quoi gagner 100 km d’autonomie en 30 minutes. C’est trop peu par rapport aux performances de charge promises par les nouveaux modèles.

Récemment, Chrysler a promis une technologie de recharge sans fil sur son concept Halcyon. Une recharge en roulant grâce au système Dynamic Wireless Power Transfer (DWPT). Rien de très concret. De courts tronçons de routes ont été équipés de technologies capables de recharger des véhicules électriques sans fil. Donc oui, des solutions existent, mais elles ne sont pas prêtes de se généraliser. Cela coûterait beaucoup trop cher.

La start-up Electreon a fait rouler un Toyota RAV 4 hybride rechargeable en électrique sur près de 2 000 km sans s’arrêter. L’objectif était de rouler 100 heures sans se brancher, sur une route à induction. En tout, 241,69 kWh ont été transférés au modèle pendant le test. Les routes à induction font partie des solutions envisagées par l’industrie, mais les coûts liés au développement de telles infrastructures pourraient être colossaux.

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Volkswagen a également présenté un système de valet robotisé capable de mener automatiquement une voiture jusqu’à une place libre pour se recharger par induction. Un processus de charge qui n’est pas très différent de celui qui a lieu lorsque vous posez votre téléphone sur un socle pour le recharger. Il s’agit d’un champ magnétique qui génère de l’électricité. Celle-ci est utilisée pour charger la batterie.

Quelles sont les initiatives qui sortent du lot ?

Au CES 2024, Valeo a également dévoilé une technologie baptisée Ineez Air Charging. Il s’agit d’une solution de recharge sans fil par induction protégée par plus de 25 brevets qui utilise une fréquence ultra basse de 3 kHz. Un chargeur compatible avec tous les modèles de voitures (batteries 400-800V) qui pourrait être installé dans les rues, sur les parkings des centres commerciaux ou directement chez usagers.

Mais plusieurs obstacles empêchent encore une adoption massive. Le principal frein reste la vitesse de recharge des technologies sans fil. On est encore très loin des dernières performances promises par les nouveaux modèles en recharge classique. Mais des start-ups tentent de changer la donne. Selon Bloomberg, la société Hevo, basée à Brooklyn, travaille actuellement sur un chargeur rapide sans fil de 300 kW.

L’autre obstacle est le coût de l’infrastructure et du matériel supplémentaire dont un véhicule électrique a besoin pour que la recharge par induction fonctionne. Il faut ajouter environ 2 500 euros au prix (déjà souvent assez élevé) d’un véhicule électrique. Ce coût devrait baisser dans les années à venir. Et il se trouve que peu de constructeurs automobiles ont pour le moment manifesté leur intérêt pour ces technologies.

Tesla aimerait être le premier à proposer un système commercialisable. L’entreprise américaine a racheté en 2023 la société allemande Wiferion. L’entreprise travaille sur une plaque de recharge par induction que les propriétaires pourraient placer sur le sol de leur garage. Ce type de dispositif pourrait bien être l’un des premiers à décoller car c’est peut-être le plus avancé.

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Otsacil y a 2 ans

Il me semblait qu’on parlait ici de charge de voiture.
Mais, j’ai du me gourais d’article….

sas13il y a 2 ans

Il n'est pas necessaire d'étaler comme vous dites pour savoir très vite à qui l'on a à faire. Quand on commence par écrire que l'induction a un rendement de 50%, sans indiquer dans quelles situations on a de si mauvais rendements, on sait à qui on a à faire. Le rendement de l'induction dans un transformateur est de l'ordre de 95%.
Lorsque j'écoute un débat sur la médecine par exemple, domaine ou je ne suis pas spécialiste, j'aime bien savoir qui me parle, si c'est le médecin de campagne ou le grand professeur qui a des références sérieuses dans le domaine. C'est pareil en sciences.
Vous n'êtes donc pas sans ignorer que l'électronique et l'informatique utilisent des courants faibles, et que les phénomènes sont non extrapolables aux courants forts. Les phénomènes d'induction sont très présents dans l'industrie de pointe, j'ai travaillé dans ce secteur. En tant que scientifique, je ne dis pas qu'aujourd'hui la recharge des VE par induction est au point, ni assez performante pour suplanter la recharge par câble, mais je dis simplement que, à la vitesse ou vont les progrès dans ce domaine, je suis à peu près certain que ce sera la norme dans 10 ou 20 ans. Et que le bon vieux transformateur qui chauffe dans la prise rejoindra lui aussi les musées. Sur ce, je clos le débat, peut-être reparlerons nous de tout ça dans quelques années.

Otsacil y a 2 ans

Je suis ingénieur, spécialité: électronique et informatique. Je n’étale pas ma science comme la confiture.

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