Pourquoi les constructeurs européens risquent de perdre du terrain sur les marchés émergents

La suite de votre contenu après cette annonce

Depuis cet hiver et le conflit au Moyen-Orient, la voiture électrique s’impose comme l’option la plus avantageuse. Et cela, pas seulement en Chine ou en Europe… Selon une récente analyse, l’Asie du Sud-Est et l’Amérique du Sud abritent aujourd’hui les marchés qui connaissent la croissance la plus rapide dans le domaine de l’électrique. Y a-t-il un risque pour nos marques historiques ?

Les marchés émergents se réveillent

La bascule électrique des marchés émergents change profondément la hiérarchie automobile mondiale. Durant de longues années, les constructeurs européens ont pu s’appuyer sur leur image, leur réseau industriel et leur savoir-faire pour conserver des positions solides en dehors des frontières continentales. Mais avec la démocratisation du véhicule électrique, une partie de cet avantage tend à disparaître. Dans un certain nombre de pays émergents, les voitures simples et abordables séduisent de plus en plus. Il se trouve que c’est précisément sur ce terrain que les marques chinoises ont pris de l’avance.

Le risque est d’autant plus important que ces marchés ne sont plus marginaux. En Indonésie, en Thaïlande ou au Vietnam, la part de l’électrique progresse rapidement. Au Brésil, en Inde ou au Mexique, la croissance des ventes dépasse même celle observée récemment en Chine. Depuis le début de l’année 2026, le véhicule électrique n’est plus seulement un choix technologique ou environnemental, il devient une solution économique.

L’Europe doit s’adapter maintenant !

Pour les constructeurs européens, l’équation se complique. Pourquoi ? Parce qu’ils ont longtemps concentré leurs efforts sur des modèles électriques plutôt chers, pensés pour le Vieux continent. Aujourd’hui, ils disposent encore de trop peu de véhicules accessibles pour répondre à la demande des pays émergents. À l’inverse, des marques comme BYD, SAIC ou Chery proposent des citadines et berlines électriques sous les 20 000 euros. Ces modèles occupent le terrain avant que les Européens ne soient suffisamment compétitifs.

À lire aussi
À son tour, Xpeng envisage d’acheter l’usine européenne d’un constructeur historique

C’est le Brésil qui cristallise toutes les attentions. Ce marché historiquement favorable à des marques comme Fiat, Volkswagen ou Renault est en train de basculer. Les marques chinoises sont en train de s’y installer sérieusement avec leurs modèles électriques… Si cela se confirme, les Européens pourraient perdre bien plus que quelques points de parts de marché. Ils risquent de voir s’éroder une présence construite sur plusieurs décennies. Le même scénario menace en Thaïlande, en Indonésie ainsi qu’en Afrique du Sud.

Encore un petit espoir ?

Mais tout n’est pas encore joué. Le rapport de T&E rappelle tout de même que les constructeurs européens conservent une forte notoriété et des réseaux de commercialisation solides. Ce qui n’est pas forcément le cas des Chinois. Pour le moment, cela permet encore de faire la différence, mais il va falloir que l’offensive produits suive très vite. Les marques du Vieux continent n’ont plus le choix, elles doivent lancer rapidement des voitures électriques abordables et capables d’être exportées hors d’Europe.

Derrière les enjeux autour des marchés émergents, il y a aussi une question de résilience industrielle. Pourquoi ? Parce que tout est lié… Si l’Europe venait à ralentir ses objectifs liés au véhicule électrique, elle risquerait de retarder des investissements nécessaires dans les batteries, les usines et les plateformes dédiées à cette technologie. Et pendant ce temps, les marques chinoises continueront d’avancer. Conserver ce rôle mondial au moment où les marchés émergents entament leur bascule vers l’électrique semble donc essentiel pour les firmes du Vieux continent…

Cet article vous a plu ? Lancez la discussion

Accéder au forum

Nos guides