Le néo-rétro pour des voitures électriques séduisantes

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Proposition d'affichage pour le combiné de la Volkswagen ID. Polo
Proposition d'affichage pour le combiné de la Volkswagen ID. Polo

GTi, GSe, affichage du combiné de l’ID. Polo qui fait remonter plusieurs dizaines d’années en arrière, retour de la Citroën 2 CV… Des constructeurs veulent embrayer derrière Renault, qui gagne des points au grand jeu du néo-rétro. Qu’en pensez-vous ?

Renault montre l’exemple à Roland-Garros

On ne va certainement pas en vouloir aux constructeurs de jouer sur le style néo-rétro pour convaincre un plus grand nombre d’automobilistes de laisser tomber les carburants fossiles. Pour le grand public, le premier constructeur à avoir misé sur ce style pour de nouvelles voitures électriques est Renault, en commençant par la 5 E-Tech. Mais si l’on inclut les quadricycles, avant elle, il y a eu la Microlino. Peut-être que peu de temps sépare la commercialisation des deux modèles très différents et qui ne s’adressent pas aux mêmes utilisateurs. Mais, au niveau des concepts, c’est flagrant :

Mais si d’autres constructeurs se mettent aujourd’hui au néo-rétro pour leurs voitures électriques, parfois en n’empruntant qu’un sigle, c’est, on l’imagine, bien davantage en étant inspirés par le succès que rencontre Renault avec ses 4, 5 et Twingo E-Tech. Ces trois modèles sont d’ailleurs actuellement boostés par le tournoi de Roland-Garros en étant exposés sur place. Cette visibilité devrait donner une nouvelle impulsion à une collection dont on imagine tout de même assez mal qu’elle puisse encore beaucoup s’élargir. Quelle ancienne voiture à succès y ajouter, maintenant que les modèles les plus populaires y sont déjà ? Peut-on imaginer une R12 E-Tech, une R16 E-Tech, une Fuego E-Tech ? Peut-être !

Pour les utilitaires, il est question de reprendre la dénomination de l’Estafette ancienne produite en France entre 1959 et 1980 et de la Goelette commercialisée pendant dix ans à partir de 1956. Il ne s’agit que de noms, très évocateurs d’ailleurs, car les images déjà diffusées ne montrent pas vraiment de ressemblances avec les vieux utilitaires. Il est amusant d’oser une comparaison avec Ford qui emploie la dénomination Transit sans discontinuer depuis 1965.

Le retour de la 2 CV

Florent nous a annoncé il y a quelques jours que Citroën allait relancer la 2 CV avec un moteur électrique. On a avec cela un aperçu devant lequel on aura du mal à s’extasier. Mais un des lecteurs d’Automobile Propre, eLionel2, s’est amusé un peu avec Gemini, et le résultat est déjà beaucoup plus enthousiasmant. Si enthousiasmant qu’on imagine très bien que beaucoup d’automobilistes pourraient signer pour cette voiture qui, selon l’article publié le 21 mai dernier, serait proposée sous la barre des 15 000 €.

Cher ou pas ? Là aussi, un lecteur, Ninachien, s’est penché sur la question : « Elle sera bien moins chère qu’une 2 CV de 1960. En effet, elle valait 4 800 nouveaux francs à l’époque, soit l’équivalent de près de 18 mois de SMIG. Une 2 CV de 2026 à moins de 15 000 € demandera 10 mois de SMIC. Une sacrée différence, non ? » Havoc, lui, a calculé autrement : « En tenant compte uniquement de l’inflation INSEE : Le pouvoir d’achat de 4 800,00 francs en 1960 correspond à 9 192,91 euros en 2025 ».

Et déjà des souvenirs sont remontés pour Mich62 qui a « traversé la France le nez au vent » avec ses « deux deudeuches », évoquant « de très bons souvenirs et la rencontre de ma petite femme ». Répondant à Ninachien, il se projette très bien avec cette voiture : « J’espère que vous avez raison sur le prix, j’achète de suite même s’il y a des défauts ». Joseph32 trouve aussi qu’une 2 CV électrique serait une « excellente idée ». Tout comme Mich62, ou Zek dont les souvenirs contrastent, il a roulé dans d’anciennes de ses Citroën. Le sujet fait parler, avec un lot d’attentes partagées entre les caractéristiques de la 2 CV initiale et ce que les technologies d’aujourd’hui pourraient lui apporter. Si au moins on pouvait bénéficier d’une suspension souple, non pas pour transporter un panier d’œufs sans les casser, mais pour franchir sereinement les casseurs illégaux ralentisseurs de vitesse aux 30 km/h demandés.

D’une certaine manière, Citroën a déjà aussi ressorti des cartons quelques vieilleries. Par exemple le nom Ami pour son quadricycle qui cependant n’a vraiment pas grand-chose de commun avec les anciennes Ami 6 et Ami 8. Pas grave, puisque c’est déjà un succès chez les lycéens. On va tout de même rester prudent avec cette marque : elle appartient au groupe Stellantis qui souffle très facilement de façon alternative le chaud et le froid. Mais il y a vraiment dans cette idée d’une nouvelle 2 CV de la matière pour emballer le logiciel des commandes… si les caractéristiques techniques sont à la hauteur d’une utilisation quotidienne comprenant de possibles déplacements à 200 ou 300 km de chez soi. Un concept est promis pour le Mondial de l’Automobile de cette année, et un lancement dans deux ans. À suivre…

GSe/GTi

Reprendre des noms ou des sigles évocateurs, Stellantis le fait aussi avec d’autres marques. Ainsi avec les appellations GSe chez Opel et GTi pour Peugeot. Dans les années soixante-dix, la Commodore de plus haute performance se distinguait avec les trois lettres GS/E signifiant alors « Grand Sport Einspritzung ». Ce que l’on peut traduire par « Grand Sport Injection ». Par chance, ce « E » marche très bien aussi pour « Essence » et « Electrique ». D’ailleurs le GSe des Opel Mokka-e et Corsa-e signifie « Grand Sport Electric ». La récupération a donc du sens, et il s’est passé quelques dizaines d’années entre l’ancienne Commodore et le Restomod électrique d’une Manta de la même décennie, première à se réapproprier ce GSe si sportif. Si sportif qu’il est désormais aussi repris par la monoplace de Formule E. Ce GSe chez Opel n’incitera pas aujourd’hui à acheter une électrique de la marque par nostalgie, ni ne troublera ceux qui ont connu la première époque d’usage de ces trois lettres.

C’est bien moins le cas pour le GTi sur la Peugeot e-208, qui divise puristes et progressistes. Rejet pour les premiers, acceptation pour les autres avec effectivement un petit effet incitatif vers ce modèle le plus puissant. Difficile de trouver une signification pour le « i » avec une voiture électrique. D’où ce bricolage de Peugeot qui joue sur la fibre nostalgique : « Depuis la 205 GTi, ce nom incarne bien plus que la performance. Il symbolise la passion, l’émotion et des histoires inoubliables ». Le constructeur n’hésite pas à dire que GTi « n’est pas qu’un badge, c’est un héritage vivant, porté et célébré par des fans et des clubs aux quatre coins du monde ». Mon avis est qu’on est là sur du marketing à quatre sous. Mais, après tout, si ça marche, si ça fait venir quelques automobilistes à l’électrique rien que pour ça, pourquoi pas ?

Combiné rétro

Sans davantage trouver une explication au « i », Volkswagen a remobilisé pour son ID. Polo le GTI de sa Golf 1976. Et c’est aussi clairement pour appuyer sur la nostalgie : « La GTI entre dans une nouvelle ère : 50 ans après le lancement du premier modèle portant les trois lettres légendaires, Volkswagen présente la toute première déclinaison électrique de l’appellation sportive ». Deux constructeurs en concurrence depuis des dizaines d’années, qui se réapproprient en même temps ce GTI pour leurs électriques, j’y vois comme une forme de cohérence. Est-ce que ça va mieux passer chez les fans de la marque allemande ?

Il y a quand même un petit plus avec l’ID.Polo, c’est la reprise en numérique de l’apparence du combiné des Golf des années quatre-vingt, avec des zones simulant un affichage à cristaux liquides et la double barrette de voyants LED. Là, c’est carrément excellent pour chatouiller les souvenirs. Peu importe si ça ne parle pas aux plus jeunes générations puisqu’il ne s’agit que d’une des propositions d’affichage. L’attrait est réel car le combiné d’il y a quarante ans était à la fois bien ergonomique et identifiable, très complet et agréable à regarder.

Cette idée risque d’être plus difficile à reproduire sur la Peugeot e-208 GTi, en raison de la forme qui englobe l’instrumentation. Pourtant le Jaeger de la 205 n’était pas mal non plus. Moins séduisants, les combinés des dernières anciennes Citroën 2 CV et Renault 4 et 5 auraient-ils un intérêt à être repris en numérique, en les améliorant et adaptant pour l’électrique ? C’est très probable s’il ne s’agit que d’une proposition parmi d’autres à sélectionner. Celui qui aura à réaliser cette adaptation aura besoin d’être aussi inspiré que celui qui a fait ce travail pour la Volkswagen ID.Polo. On évitera toutefois de reproduire la déformation par exposition au soleil des aiguilles sur les tableaux de bord des Renault d’il y a quarante ans.

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