Nelson lève 3 millions d'euros pour piloter l'électrification des flottes d'entreprise avec l'IA

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Nelson mobility
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La start-up française Nelson Mobility vient de boucler un tour de table d’amorçage de 3 millions d’euros, porté par Asterion Ventures aux côtés de La Poste Ventures, un fonds géré par XAnge pour le compte du groupe La Poste, ainsi que EIT Urban Mobility, Climate Club et plusieurs business angels issus des univers de la mobilité et de l’énergie.

Du beau monde dans le tour de table pour donner les moyens à cette jeune pousse polytechnicienne de s’imposer comme la couche logicielle de référence dans la transition électrique des grandes flottes automobiles françaises, avant de viser l’Europe.

Il est des start-up discrètes mais que l’on sent bien nées, et avec une vraie vision. Nelson fait probablement partie de celles-ci. Fondée en 2022 par Alfred Richard, Inès Multrier, Julien Bou Abboud et Octave Locqueville, tous issus de Polytechnique, Nelson est partie d’un constat assez simple à formuler mais difficile à résoudre : les grandes entreprises sont contraintes d’électrifier leurs flottes sous la pression conjuguée des réglementations, des enjeux fiscaux et des engagements RSE, mais elles n’ont jusqu’ici disposé d’aucun outil intelligent pour le faire sereinement.

Piloter une flotte mixte, en partie thermique, en partie électrique, suppose de jongler avec des données hétérogènes — trajets, consommations de carburant, sessions de recharge — que personne n’agrège vraiment de façon cohérente. Nelson s’est donc positionné comme tiers de confiance indépendant, sans lien avec les constructeurs, les loueurs ou les opérateurs de recharge, pour fournir des recommandations actionnables à partir des données que les entreprises possèdent déjà.

La plateforme repose sur des algorithmes de simulation et des jumeaux numériques qui modélisent l’usage réel des véhicules pour anticiper les besoins en infrastructure, optimiser le budget recharge et sécuriser chaque étape de la transition. Alfred Richard, le CEO, résume l’enjeu avec pragmatisme : gérer une flotte mi-thermique, mi-électrique est bien plus complexe qu’une flotte homogène, et le budget recharge peut rapidement devenir incontrôlable sans une vision d’ensemble.

Une traction commerciale rapide sur le segment des grands comptes

Après une levée pré-seed de 1,2 million d’euros en 2023 auprès d’une trentaine d’investisseurs, Nelson a enchaîné les signatures avec des groupes de premier plan : KONE, Circet, puis à partir de 2024, Orange, Schindler et Dalkia — filiale d’EDF. Des clients qui ont en commun de gérer des centaines ou des milliers de véhicules, parfois davantage, et d’avoir besoin d’un outil capable de tenir compte de leurs contraintes opérationnelles réelles plutôt que de leur proposer une approche générique. En 2026, la startup accompagne une cinquantaine de clients grands comptes et gère plus de 50 000 véhicules, thermiques et électriques confondus, avec un chiffre d’affaires qui a triplé en 2025.

Le timing du tour de table intervient au bon moment : avec des prix du pétrole en forte volatilité et une pression réglementaire qui ne faiblit pas en France ni en Europe, l’électrification des flottes s’impose progressivement comme une priorité de gestion, et non plus seulement comme une ambition RSE. Nelson déploie dans ce contexte son module Nelson Charge, dédié à la gestion opérationnelle des flottes déjà électrifiées, qui vient compléter ses quatre modules couvrant la planification, l’infrastructure, le coût total de possession et le pilotage de la recharge.

Ce que ce tour de table va financer concrètement

Les 3 millions levés vont principalement alimenter la R&D produit — notamment le renforcement des algorithmes de jumeaux numériques et des capacités d’IA — ainsi que le recrutement de profils en data science, ingénierie logicielle et customer success. L’équipe doit passer d’une quinzaine à une vingtaine de collaborateurs d’ici fin 2026, puis doubler ses effectifs avant fin 2027. Sur le plan commercial, l’objectif est de passer de cinquante clients à plusieurs centaines, d’abord en France, puis en Europe, avec une cible de 100 000 véhicules électrifiés sous gestion d’ici 2030.

L’entrée de La Poste Ventures au capital est particulièrement symbolique : le groupe La Poste gère la plus grande flotte électrique de France, avec environ 20 000 véhicules. Betty Didierdefresse, directrice des opérations de Véhiposte, siégera au board de Nelson, apportant une expérience terrain que peu d’investisseurs sont capables d’offrir.

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